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Leçon XXVI

Sur l'existence d'un fonds commun aux chronologies des anciens peuples, fonds qui a pour expression exacte la chronologie du texte hébreu de la Bible.

Chronologie égyptienne

719. p. 1 Toute l'Humanité actuelle descendant des 8 personnes sauvées des eaux du Déluge (− 2528), et les hommes, jusqu'à la Dispersion des Nations (− 2428, Tour de Babel) ayant formé un seul peuple (les Noachides), ayant un seul et même langage [1], il est non seulement rationnellement possible, il est presque certain que de l'unité ancestrale résultera une parenté tout au moins, dans la mémoire des faits que se transmettront les descendants.

Cette communauté d'origine en effet, sans parler p. 2 du Déluge dont on retrouve partout le souvenir, explique déjà d'elle-même l'identité de traits caractéristiques offerts par les diverses traditions (telle, par exemple, la mention des 10 Patriarches antédiluviens) ; mais cet ordre de confrontation les éléments d'observation externe que ces traditions constituent prendraient avec une force plus impressionnante encore rang de témoins, si, passant dans le domaine précis du nombre, on voyait leurs systèmes chronologiques eux-mêmes se présenter comme des constructions dérivées d'un unique fonds commun, et qui serait précisément le système mathématique du texte hébreu de la Bible.

L'analyse d'un tel problème appartient essentiellement à l'ordre de nos recherches, et c'est par elle que nous allons commencer cette nouvelle série de Leçons.

720. En procédant toujours comme nous l'avons fait jusqu'ici par ordre, et parcourant à la manière d'un observateur externe les temps de l'Humanité, nous avons d'abord à nous demander quand, s'ils existent, au cours des âges se sont constitués et s'offrent les éléments documentaires que nous recherchons. Or à cet égard se présente d'elle-même et d'une manière significative une époque très remarquable, placée au centre de l'espace p. 3 de quatre siècles et demi qui sépare de l'Ère chrétienne la clôture des écrits de l'Ancien Testament, et que repère, dans la loi historique quinquaséculaire, la Phase initiale de Constitution de la période de domination des Romains comme Peuple Chef [2].

C'est l'époque bien connue dans l'Histoire, celle des Ptolémées, où, sous l'influence de l'esprit hellénique, s'élaborent les annales des peuples antérieurs. Bérose pour la Chaldée, Manéthon pour l'Égypte, les auteurs aussi de la traduction des Écritures, dite des « Septante », pour la Palestine, tentent alors de reconstituer pour le monde grec des histoires générales à partir des origines.

Les ouvrages originaux de Bérose et de Manéthon sont perdus. Des extraits s'en trouvent dans les chronographies de Jules l'Africain (+ 223, circa) et d'Eusèbe (+ 270 à + 339 circa). L'ouvrage du premier de ces deux écrivains est également perdu, mais des extraits de Bérose et de Manéthon qu'il renfermait nous ont été transmis par la Chronographie de George le Syncelle (+ 792 circa), qui rapporte aussi les transcriptions fournies par la p. 4 chronique d'Eusèbe. On trouve d'ailleurs tout ce qui reste de cette chronique elle-même dans le Thesaurus temporum de Scaliger (Amsterdam, 1658). Le Syncelle fait connaître en outre, comme document relatif à l'histoire d'Égypte, une liste chronologique antérieure à celle de Manéthon et portant le nom de Vieille Chronique, et une liste de rois, rassemblée, toujours au temps des Ptolémées, par le géographe Eratosthène (− 275), contemporain de Manéthon. On trouve enfin dans Josèphe (Réponse à Appion, Liv. I, Ch. V) quelques extraits de Manéthon, commençant à la domination des Hycsos (XVe — XVIIe dynasties de Manéthon).

Tels sont, en nous occupant d'abord de la région de l'Orient classique, les documents de première main [3].

Nous commencerons leur analyse par celle de la chronologie de l'Égypte.

Chronologie égyptienne

721. Nos sources principales vont être ici :

Georgii Monachi Syncelli Chronographia, Parisiis, MDCII. gr. f° (texte grec et traduction latine) ; p. 5 Fragmenta historicorum græcorum, collegit, disposuit,… G. Müller. Paris, Firmin Didot. Tome II (1848), pp. 511-616.

Manéthon vivait au temps des deux premiers Ptolémées, savoir Ptolémée Soter (− 311 à − 285) et Ptolémée Philadelphe (− 285 à − 247). C'est à la demande de ce dernier qu'il écrivit, en grec, son histoire d'Égypte. C'était un prêtre de Sébennyte, ville de la Basse Égypte, dans le Delta.

On lit dans Le Syncelle :

Syncelle, p. 18Manetho Sebennytes Beroso posterior, impurorum sacrorum in Ægypto Pontifex tempore Ptolemæi Philadelphi,…
Syncelle, p. 40Ad Ptolemæum Philadelphium Manethonis Sebennitæ epistola.

Ptolemæo Philadelpho regi magno augusto : Manetho Sacerdos et sacrorum per Ægyptum penetralium notarius, genere Sebennyta, urbe Heliopoli, domino meo Ptolemæo. Salutem.

De rebus omnibus nobis tuo jussu, rex magne, propositis attente cogitandum est, Hac de causa interroganti tibi de iis quæ mundo accident, quæque ex libris ab primogenitore tuo ter magno Mercurio conscriptis mihi sunt nota, prout imperasti, cuncta manifestabuntur. Vale mihi, domine mi p. 6 rex. Hæc de secundi Mercuri librorum interpretatione scribit : postmodum vero per Dynastias triginta de gentibus Ægyptiacis quinque, Deis, Semideis, Heroibus, et Mortalibus ab eisdem vocatis texit historiam.

Dans les Fragmenta :

Fragm. p. 511Vixit Manetho sub Ptolemæo primo ejusque successore. Illud constat e Plutarcho (De Is. et Os. c. 28).

722. Son ouvrage intitulé les Égyptiaques (Αἰγυπτιακά) était divisé en trois livres comprenant, outre les temps fabuleux antérieurs aux rois, 30 Dynasties, ou 31 Dynasties en y ajoutant la seconde et dernière dynastie perse. Le nombre trente est explicitement mentionné dans le passage ci-dessus du Syncelle (Syncelle, p. 40, et encore p. 51 à la suite de la Vieille Chronique) ; et on lit dans les Fragmenta :

Fragmenta, p. 512 (en note)Dynastia XXXI reges Persarum recensens, quæ post Nectanebum usque ad Alexandri tempora regnarunt, probabiliter non ab ipso Manethone profecta, sed ab aliis addita est [4].

Néanmoins, les deux listes de Manéthon données par l'Africain et par Eusèbe, et rapportées par Le Syncelle, mentionnent 31 Dynasties.

p. 7 La composition des trois livres de cet ouvrage de Manéthon était (Syncelle, pp. 54, 55, 59, 60, 73, 74 ; Fragm. p. 512) :

723. Les temps fabuleux comprennent 24925 ans et sont divisés comme suit (Fragmenta, p. 528) :

SubdivisionAnsTotal
I.Dii1390013900 [1]
II.Semidii
α′1. Semidii1255
β′2. Alii reges (Thebani ?)18175212 [2]
γ′3. 50 reges Memphitæ1790
δ′4. 10 reges Thinitæ350
III.Manes58135813 [3]
Summa24925

724. Voici maintenant (Tabl. LXIII), pour les Dynasties qui suivent ces temps fabuleux, les extraits de Manéthon donnés par Le Syncelle, d'après l'Africain et Eusèbe. Nous avons mis en parallèle l'Africain et Eusèbe.

Tableau LXIII — Dynasties de Manéthon

Le Syncelle, pp. 54 et suiv.·Listes parallèles de Jules l'Africain et d'Eusèbe·pages 8 à 18

Planches originales — les 11 pages du Tableau LXIII (scans)
Livre I — Temps fabuleux et Dynasties I à XI
Dynastie I — Thinites p. 8Africain p. 54 · Eusèbe p. 55
Jules l'Africain

De Ægypti post diluvium Dynastiis ad mentem Africani. — Sublatis Diis manibus Semideis, primum regnum regum octo tempore excurrit, quorum :

  • 1. Menes Thecinites (Θεεινίτης), 62imperavit, et ab Hippopotamo raptus, luce privatus est.
  • 2. Athoth filius ejus, 57qui Memphi regiam extruxit ; a quo (Medicus enim erat) libri de Anatomia feruntur scripti.
  • 3. Cencenes filius, 31
  • 4. Uenephes filius, 23sub quo fames ingens Ægyptum afflixit ; hic circa Cochomos pyramidas erexit.
  • 5. Usaphædus filius, 20
  • 6. Miebidus filius, 26
  • 7. Semempsis filius, 18sub quo valida pestis Ægyptum fœdavit.
  • 8. Bienaches filius, 26
Eusèbe

De Ægyptiorum Dynastiis post diluvium, prout Eusebius exposuit. — Sublatis Manibus et Semidiis, primam Dynastiam octo regum percenset, quorum :

  • 1. Menes Thenites (Θενίτης), 60quem Herodotus Menem nuncupavit ; ultra regni limites exercitum duxit, et illustris habitus, ab ipso Hippopotamo raptus est.
  • 2. Athostis, 27regiæque Memphiticæ fundamenta posuit, medicinam exercuit, et de dissecandis corporibus libros conscripsit.
  • 3. Cencenes, 39
  • 4. Uenephes, 42cujus tempore fames regionem invasit ; qui et pyramidas ad Cochomen erexit.
  • 5. Usaphaes, 20
  • 6. Niebes, 26
  • 7. Simempses, 18ejus tempore pleraque visa sunt prodigia, horrendaque pestis per regionem grassata est.
  • 8. Ubienthes, 26
Africain : Summa omnium 253. — Eusèbe : Omnes simul regnaverunt annis 252.
Dynastie II — Thinites (9 rois) p. 8-9Africain p. 54-56 · Eusèbe p. 55-57
Jules l'Africain

Secundus principatus est Thinitensium regum (Θεινιτῶν βασιλέων) novem, quorum :

  • 1. Boethus, 38sub quo portentosus terræ hiatus ad Bubastum, quo plerosque perire contigit.
  • 2. Keachos, 39sub quo bos Apis Memphi, et Menem Heliopoli, et Mendesius caper habiti sunt Dei.
  • 3. Binothris, 47sub quo mulieres regno potiri decretum est.
  • 4. Tlas, 17
  • 5. Sethenes, 41
  • 6. Chœres, 17
  • 7. Nephercheres, 25sub quo Nilum melleo liquori permixtum diebus undecim fluxisse fabulantur.
  • 8. Sesochris, 48statura cubitorum quinque, latitudine trium.
  • 9. Cerpheres? 30
Eusèbe
  • 1. Bochussub quo Bubasti terra ingenti hiatu divisa pluribus necem intulit.
  • 2. Chousquo tempore Apis et Mnevis, sed et Mendesius caper inter Deos relati.
  • 3. Biophissub quo fœminis quoque lege regni consortium delatum est.
  • —. Post istos alii tres sequti sunt, quorum ætas nil notatu dignum protulit. Sub septimo Nilum melle temperatum diebus undecim fluxisse comminiscuntur.
  • 8. Sesochris, 48cujus proceritas cubitorum [quinque], latitudo tribus protensa.
  • 9. Cheneres, 30
Africain : Horum summa annorum [302]. Primi vero secundique post diluvium principatus summa est annorum 350, juxta secundum Africani expositionem. — Eusèbe : Omnium summa annorum 302 ; Primæ secundæque Dynastiæ summa, pro Eusebii computo, annorum est 549.
Dynastie III — Memphites p. 9Africain p. 56 · Eusèbe p. 57
Jules l'Africain

Dynastia tertia regum Memphitarum novem, quorum :

  • 1. Necherophes, 28cujus ætate Libyes ab Ægyptiis defecerunt ; Luna tamen præter communem cursum aucta, metu ducti seipsos dediderunt.
  • 2. Tosorthrus, 29hic Æsculapius Ægyptiis ob medicandi peritiam habitus ; sectis lapidibus ædificandi artem invenit, et characteribus litterarum recte exarandis laborem impendit.
  • 3. Tyris, 7
  • 4. Mesochris, 17
  • 5. Soiphis, 16
  • 6. Tosertasis, 19
  • 7. Achis, 42
  • 8. Siphuris, 30
  • 9. Cerpheres, 26
Eusèbe

Dynastia tertia regum octo Memphitarum.

  • 1. [Ne]cherochissub quo Libyes Ægyptiis rebellarunt, Lunæque præter rationem auctæ viso prodigio, metu pulsi, deditionem fecere.
  • 2. Sesorthusqui ob medicam artem Æsculapius Ægyptiis nuncupatus ; ædium ex sectis lapidibus constructionem invenit, et litteras bene pingendi studio claruit.
  • —. Aliis sex nihil laude dignum.
Africain : Horum summa annorum 214. Trium simul principatuum ex Africani mente summa 769. — Eusèbe : Regnarunt annis 198. Summa trium Dynastiarum juxta Eusebii rationem anni 747.
Dynastie IV — Memphites (autre lignée) p. 9-10Africain p. 56 · Eusèbe p. 57-58
Jules l'Africain

Dynastia quarta, alterius cognationis Memphitarum, regum octo :

  • 1. Soris, 29
  • 2. Suphis, 63ille pyramidem omnium maximam erexit, quam a Cheope rege positam Herodotus scribit. Idem Peroptes dictus, inter divos relatus est, librumque de sacris conscripsit, quem velut pretiosam supellectilem in Ægypto mihi comparavi.
  • 3. Suphis II, 66
  • 4. Mencheres, 63
  • 5. Ratœses, 25
  • 6. Bicheres, 22
  • 7. Sebercheres, 7
  • 8. Thamphtis, 9
Eusèbe

Dynastia quarta regum 17, Memphitarum cognationis alterius regni, quorum :

  • 3. Suphisqui pyramidem omnium maximam erexit, quam Herodotus a Cheope positam asservit ; Deos contempsit, pœnitentiaque ductus sacrum conscripsit librum, quem ceu rem præstantissimam Ægyptii celebrant.
  • —. De reliquis nihil quod laudem mereatur posterorum memoriæ relictum est. Regnaverunt annis 148.
Africain : Summa 274 annorum. Quatuor post diluvium Dynastiarum summa ex Africano est 1046. — Eusèbe : Summa Dynastiarum quatuor post diluvium est annorum 1195, juxta Eusebii computum.
Dynastie V — d'Éléphantine p. 10Africain p. 57 · Eusèbe p. 58
Jules l'Africain

Dynastia quinta regum ex Elephantina :

  • 1. Usercheris, 28
  • 2. Sephres, 13
  • 3. Nephercheres, 20
  • 4. Sisiris, 7
  • 5. Cheres, 20
  • 6. Rathuris, 44
  • 7. Mercheres, 9
  • 8. Tarcheres, 44
  • 9. Obnus, 33
Eusèbe

Quinta Dynastia regum 31, ex Elephantina, quorum :

  • 1. Othoesa satellitibus occisus.
  • 4. Phiopssexennis imperium auspicatus est, et ad centum usque annos vitam regnumque produxit.
Africain : Summa est annorum 248 ; quæ cum prioribus 1046, Dynastiarum quatuor, annorum 1294 summam componit. — Eusèbe : Ex præcedentibus 1195, cum istis quatuor Dynastiarum, colligantur anni 1295.
Dynastie VI — Memphites p. 10-11Africain p. 58 · Eusèbe p. 58-59
Jules l'Africain

Dynastia sexta regum sex Memphitarum :

  • 1. Othoes, qui a satellitibus est occisus.
  • 2. Phius, 53
  • 3. Metusuphis, 7
  • 4. Phiopssexennis regnare cœpit, annis centum vixit.
  • 5. Mentesuphis, 1
  • 6. Nitocrisnobilissima et formosissima sui temporis mulierem, vulta rubicunda, quæ pyramidem tertiam erexit ; et annis duodecim regnavit.
Eusèbe
  • Mulier Nitocris, [203]omnium sui temporis generosissima, venustissimaque, ruboris specie miranda, regnum obtinuit ; tertiam pyramidem ædificasse fertur. Regnavit annis tribus, vel ut alius codex habet, 203.

Præcedentibus 1295 adjunctis, exurgunt e Dynastiarum 5 summa anni 1408.

Africain : Summa 203 anni, qui præordinatis quinque Dynastiarum annis 1294 appositi, constant 1497. — Eusèbe : Observa quantum ab Africani fide deficit Eusebius.
Dynastie VII — Memphites p. 11Africain p. 58 · Eusèbe p. 59
Jules l'Africain

Dynastia septima : 70 Memphitarum, qui diebus 70 regnavere.

Eusèbe

Dynastia septima : quinque regum Memphitarum, diebus 75 regnum obtinentium.

Dynastie VIII — Memphites p. 11Africain p. 58 · Eusèbe p. 59
Jules l'Africain

Dynastia octava : 27 Memphitarum, qui annis 146 regnum tenuere.

Eusèbe

Dynastia octava : quinque regum Memphitarum, annis centum regnantium.

Africain : Supra memoratis itaque comprehensis, Dynastiarum octo annis insimul sunt 1639. — Eusèbe : Præmissis adjunctis, Dynastiarum octo anni ex Africani mente 1598 colliguntur.
Dynastie IX — Héracléopolites p. 11Africain p. 59 · Eusèbe p. 60
Jules l'Africain

Dynastia nona : 19 Heracleotarum, annis 409, quorum :

  • 1. Achthœsvir majorum suorum crudelissimus, plura totius Ægypti incolis ferocitatis argumenta dedit ; versus est in amentiam, et a crocodilo necatus est.
Eusèbe

Nona Dynastia : Heracleopolitarum, annis centum regnantium.

  • 1. Achthusomnium retro se crudelissimus, omnibus Ægyptii incolis noxius, amens factus, a crocodilo devoratus est.
Dynastie X — Héracléopolites p. 11Africain p. 59 · Eusèbe p. 60
Jules l'Africain

Dynastia decima : 19 Heracleotarum, totis 185 annis imperantium.

Eusèbe

Dynastia decima : regum novemdecim Heracleopolitarum, annorum 185 spatio imperium exercentium.

Dynastie XI — Diospolites p. 11Africain p. 59 · Eusèbe p. 60
Jules l'Africain

Dynastia undecima : 16 regum Diospolitarum, annis 43, quibus Ammenemes per annos 16 successit.

Hucusque tomi primi argumentum deduxit Manetho. Reges itaque sunt numero 192, anni 2350, dies 70.

Eusèbe

Dynastia undecima : sedecim regum Diospolitarum, annis quadraginta tribus imperantium ; successit Ammenemes annis 16.

Hucusque tomi primi scripta produxit Manetho. Summa : Reges 192, anni 2300, dies 79.

Fin du Livre I de Manéthon.
Livre II — Dynasties XII à XIX
Dynastie XII — Diospolites p. 12Africain p. 59 · Eusèbe p. 60
Jules l'Africain

Ex Manethonis tomo 2. Dynastia duodecima, regum septem Diospolitarum :

  • 1. Sesonchoris, Ammenemis filius, 46
  • 2. Ammenemes, 38a propriis eunuchis neci traditus.
  • 3. Sesostris, 48hic novem annorum spatio totam Asiam subjugavit, cunctasque Thraciam usque regiones ; et devictæ nationis memoriam erecturus, quos generosos comperisset virorum genitalibus, imbelles muliebribus effictis arguebat. Idem post Osirim ab Ægyptiis primo repositus est loco.
  • 4. Lachares, 8hic Labyrinthum sibi eligit sepulturam.
  • 5. Ammeres, 8
  • 6. Ammenemes, 8
  • 7. Scemiophris ejus soror, 4
Eusèbe

Ex Manethonis tomo secundo. Dynastia duodecima, regum septem Diospolitarum, quorum :

  • 1. Sesynchoris, Ammenemis filius, 46
  • 2. Ammenemes, 38a propriis Eunuchis occisus.
  • 3. Sesostris, 48cujus proceritas cubitis 4, palmis 3, digitis 2 commensurabatur. Totam Asiam annis novem armis subjecit, cunctasque ad Thraciam usque Europæ provincias ; suæ in nationes exercitæ potestatis monumenta erexit, et virorum quidem animo sublimium insculpta cippis virilis pudendi figura præstantiam testabatur, cœlatisque ex adverso muliebribus, aliorum ignaviam reddebat notam : adeo ut ab Ægyptiis post Osirim primus haberetur.
  • —. Labaris, 8qui Arsenoïticum Labyrinthum sibi sepulchrum effecit.
  • —. Ejus posteri, 42annis 245 regnaverunt.
Africain : Summa anni 160.
Dynastie XIII — Diospolites p. 12Africain p. 61 · Eusèbe p. 61
Jules l'Africain

Dynastia decima tertia : 60 regum Diospolitarum, annis 184, regnum moderatorum. Deest nonnihil.

Eusèbe

Dynastia decima tertia : regum Diospolitarum sexaginta, annis 453 regnantium.

Dynastie XIV — Xoïtes p. 12Africain p. 61 · Eusèbe p. 61
Jules l'Africain

(Compris à la Dynastie XV de l'Africain, « Decima quinta est Pastorum ».)

Eusèbe

Dynastia decima quarta : regum Xoïtarum 76, annis 184 (et ut alibi legitur 484) moderatorum.

Dynastie XV — les Pasteurs (Hycsos) p. 12-13Africain p. 61 · Eusèbe p. 61
Jules l'Africain

Decima quinta est Pastorum. Erant vero Phœnices peregrini reges sex, qui Memphim etiam cœperunt ; qui in Sethroite tractu urbem considerunt, ex qua irruptione facta Ægyptios subjugavere, quorum :

  • 1. Saïtes, 19a quo tractus et regio Saïtes vocata.
  • 2. Beon, 44
  • 3. Pachnan, 61
  • 4. Staan, 50
  • 5. Archles, 49
  • 6. Aphobis, 61
Eusèbe

Dynastia decima quinta : Diospolitarum, annis 250 regnantium.

Africain : Summa anni 284.
Dynastie XVI — Pasteurs / Thébains p. 13Africain p. 61 · Eusèbe p. 61
Jules l'Africain

Dynastia decima sexta : Græcorum pastorum est, quorum reges 32, annis 518 regnaverunt.

Eusèbe

Dynastia decima sexta : quinque regum Thebæorum, annis 190.

Dynastie XVII — Pasteurs & Thébains p. 13Africain p. 61 · Eusèbe p. 61
Jules l'Africain

Dynastia decima septima : aliorum est pastorum, quorum reges 43, et Thebæi Diospolitæ 43. Summatim tum pastores, tum Thebæi annis 153 imperarunt.

Eusèbe

Dynastia decima septima : ex pastoribus fratribus Phœnicibus peregrinis regibus, qui etiam Memphim cœperunt, quorum :

  • 1. Saïtes, 19regnavit, a quo Saïtes præfectura dicta ; iidemque in Sethroïte præfectura civitatem ædificavere, ex qua profectione suscepta, Ægyptios sibi subdidere.
  • 2. Beon, 43
  • 3. Apophis, 14eorum tempore Joseph Ægyptiorum regnum moderatur.
  • —. Archles successit, 30

Summa 106 anni.

Observa Eusebium, privato sibi sine præstituto, reges ab Africano in decimam quintam Dynastiam relatos, decima septima vixisse asserere. Une enim omnium voce fertur, sub Apophi Joseph potestatem in Ægyptum exercuisse : at cum nesciret quo eum loco reponeret Eusebius, Apophim a 15 in 17 transtulit, et ex annis 61 ipsi debitis solos 14 assignavit ; totius vero Dynastiæ annos 251 imminuit, solosque 103 numeravit ; ac demum quatuor solos, regum sex vice conscripsit.
Dynastie XVIII — Diospolites p. 13Africain p. 62 · Eusèbe p. 62, 69-72
Jules l'Africain

Dynastia decima octava : regum 16 Diospolitarum, quorum primus fuit Amos, sub quo Moyses egressus est ex Ægypto, prout demonstrabimus.

Eusèbe

Dynastia decima octava : regum Diospolitarum, quorum primus Amoses annis 25 regnavit.

Hic quoque duos reges prætermittit Eusebius : et annorum 263, apud Africanum lectorem vice, 348 scriptis, 85 superaddidisse convincitur.

En certe ut Africanus 80. Moysis anno Amosin Ægypti regem ascribere meditatus, deficientibus ei 110 annis, ex omissa secundi Caïnan filii Arphacsad generatione 13,…

Dynastie XVIII (suite) — Diospolites p. 14Africain p. 69-70, 72 · Eusèbe p. 69, 71-72
Jules l'Africain

Regum Diospolitarum 16. Dynastia decima octava, quorum Amos primus fuit, sub quo, prout declaravimus, ex Ægypto Moyses profectus est.

Qui nimirum regis istius ætate juveniles adhuc annos Moyses decurrisse sibi concedi præsens calculus exigit.

Virum eundem, qui Amos, Amosin quoque, nec non Tethmosin, qui filius Aseth dictum (prout ex sequentibus demonstrabitur) et Misphragmuthosin sextum ab eo numeratum Amosis quoque nomine insignitum reperiri, Africanus ignorare reor. Sane sub Amosi nominis istius primo, qui Amos apud Africanum audit, vel certe annis ante regnum ejus quatuor, Moyses, ut ex dictis manifesto liquet, in lucem prodiit ; anno nimirum ab orbis condita 3732 ; sub Amosi vero nominis ejusdem secundo, cui Misphragmuthosis quoque nomen, ex Ægypto cum populi totius comitatu egressus est : ab orbe videlicet creato 3812, ætatis propriæ 80.

p. 70. Ægyptiorum regum, post primum Amosim Africano dictum. Dynastiæ decimæ octavæ reliqui :

  • 2. Chebros, 13
  • 3. Amenophthis, 21
  • 4. Amersis, 22
  • 5. Misaphris, 13
  • 6. Misphragmuthosis, 26sub quo Deucalionæum diluvium.

p. 72. Reliqui post Misphragmuthosim Dynastiæ 18 reges, ex Africani sententia, hoc ordine locantur :

  • 7. Tuthmosis, 9
  • 8. Amenophis, 31hic Memnon habitus, et lapis loquela præditus.
  • 9. Horus, 37
  • 10. Acherres, 32
  • 11. Rathos, 6
  • 12. Chebres, 12
Eusèbe

Regum Diospolitarum sexdecim. Dynastia decima octava, quorum Amosis primus annos viginti quinque regnavit.

p. 71. Reliqui Ægyptiorum reges Dynastiæ decimæ octavæ. Post primum ab Eusebio scriptum Amosim :

  • 2. Chebron, 13
  • 3. Ammenophis, 21
  • 4. Miphris, 12
  • 5. Misphragmuthosis, 26

Ab Amosi propositæ Dynastiæ primo usque ad Misphragmuthosis regnum, ex Eusebii sententia, anni sunt 71, regibus nimirum quinque, cum sex scribendi forent, positis : quartum enim Amensens nomine, quem cum Africano memorant reliqui, prætermisit, et annos ejus vitæ 22 omisit Eusebius (Il semble qu'Eusèbe les a transportées à Amos, qui n'a pas d'années mentionnées dans l'Africain.).

p. 72. Dynastiæ reliqui octodecim reges post Misphragmuthosim ordinem hunc ex Eusebio tenent :

  • 6. Tuthmosis, 9
  • 7. Amenophis, 31qui et Memnon dictus, et lapis loquax.
Africain : Summa anni 263. — Eusèbe : Summa anni 348. Supra Africani calculos addidit Eusebius ad Dynastiam 18, annos 85.
p. 15Africain p. 72 · Eusèbe p. 73
Jules l'Africain

Dynastia XIX : regum Diospolitarum 7 :

  • 1. Sethos, 51
  • 2. Raphaces, 61
  • 3. Ammenephthes, 20
  • 4. Rameses, 60
  • 5. Ammenemes, 5
  • 6. Thuoris, Polybus Homero dictus, Alcandræ conjux, sub quo captum est Ilium, 7

Summa anni 209. Eodem secundo Manethonis libro reperiuntur reges 96, quorum imperium ad 2121 annos protractum est.

Eusèbe

Dynastia decima nona : regum Diospolitarum quinque :

  • 1. Sethos, 55
  • 2. Rapses, 66
  • 3. Ammenephthis, 40
  • 4. Ammenemes, 26
  • 5. Thuoris Homero dictus Polybus, Alcandræ conjux, cujus tempore captum est Ilium, 7

Summa anni 194. Ex ejusdem Manethonis libro secundo reges 92, anni 1121.

Fin du Livre II de Manéthon.
Livre III — Dynasties XX à XXXI
p. 16Africain p. 73 · Eusèbe p. 74
Jules l'Africain

Ex Manethonis libro tertio. Dynastia vigesima : regum 12 Diospolitarum, qui annis 135 regnaverunt.

Eusèbe

Ex tertio Manethonis libro. Dynastia vigesima : Diospolitarum regum duodecim, qui annis 178 regnum obtinuere.

p. 16Africain p. 73 · Eusèbe p. 74
Jules l'Africain

Dynastia vigesima prima : regum Tanitarum (βασιλέων Τανιτῶν) septem :

  • 1. Smedes, 26
  • 2. Phuneses vel Phusenes, 46
  • 3. Nephelcheres, 4
  • 4. Amenenophtis, 9
  • 5. Osochor, 6
  • 6. Pinaches, 9
  • 7. Susennes, 30

Summa anni 130.

Eusèbe

Dynastia vigesima prima : regum Tanitarum (βασιλέων Τανιτῶν) septem :

  • 1. Smendis, 26
  • 2. Psusennes, 41
  • 3. Nephercheres, 4
  • 4. Amenophthis, 9
  • 5. Osochor, 6
  • 6. Psinaches, 9
  • 7. Psusennes, 35

Summa anni 130.

p. 16Africain p. 73 · Eusèbe p. 74
Jules l'Africain

Dynastia XXII : Bubastitarum regum 9 :

  • 1. Sesonchis, 21
  • 2. Osoroth, 15
  • 3-5. Alii tres, 25
  • 6. Tacellothis, 13
  • 7-9. Alii tres, 42

Summa anni 120.

Eusèbe

Dynastia vigesima secunda : regum Bubastitarum trium :

  • 1. Sesenchosis, 21
  • 2. Osorthon, 15
  • 3. Tacellothis, 13

Summa anni 49.

p. 16Africain p. 73 · Eusèbe p. 74
Jules l'Africain

Dynastia XXIII : regum Tanitarum (Τανιτῶν βασιλέων) 4 :

  • 1. Petubates, 40sub quo prima Olympias duxit initium.
  • 2. Osorcho, 8quem Herculem vocant Ægyptii.
  • 3. Psammus, 10
  • 4. Zet, 31

Summa anni 89.

Eusèbe

Dynastia vigesima tertia : trium regum Tanitarum (Τανιτῶν) :

  • 1. Petubastes, 25
  • 2. Osorthon, 9eumque Herculem dixerunt Ægyptii.
  • 3. Psammus, 10

Summa anni 44.

p. 16-17Africain p. 74 · Eusèbe p. 75
Jules l'Africain

Dynastia XXIV : Bonchoris Saïtes, 6 — cujus tempore loquutus est agnus, annis 990.

Eusèbe

Dynastia vigesima quarta : Bonchoris Saïtes, 44 — sub quo humana voce loquutus est agnus. Summa anni 44.

p. 17Africain p. 75 · Eusèbe p. 76
Jules l'Africain

Dynastia XXV : regum Æthiopum 3 :

  • 1. Sabbacon, qui Bonchorim in captivitatem redactum combussit vivum ; regnavitque annis 8.
  • 2. Sevechus ejus filius, 14
  • 3. Tarcus, 18

Summa anni 40.

Eusèbe

Dynastia vigesima quinta : regum Æthiopum trium :

  • 1. Sabbacon, qui Bonchorim captum vivum combussit, et annis duodecim regnavit.
  • 2. Sevechus ejus filius, 12
  • 3. Taracus, 20

Summa anni 44.

p. 17Africain p. 75 · Eusèbe p. 76
Jules l'Africain

Dynastia vigesima sexta : regum novem Saïtarum :

  • 1. Stephinates, 7
  • 2. Nerepsus, 6
  • 3. Nechao, 8
  • 4. Psammiticus, 54
  • 5. Nechao secundus, 6hic cœpit Hierusalem, et Jochas regem in Ægyptum abduxit.
  • 6. Psammuthis alter, 6
  • 7. Uaphris, 19ad quem Hierusalem ab Assyriis capta Judæorum reliqui confugerunt.
  • 8. Amosis, 44
  • 9. Psammocherites, mensibus sex.

Summa anni 150, cum mensibus 6.

Eusèbe

Dynastia vigesima sexta : regum Saïtarum novem :

  • 1. Ammeris Æthiops, 12
  • 2. Stephanathis, 7
  • 3. Nechepsus, 6
  • 4. Nechao, 8
  • 5. Psammitichus, 45
  • 6. Nechao secundus, 6hic cœpit Hierusalem, et Joachas regem in Ægyptum abduxit captivum.
  • 7. Psammuthis alter, qui et Psammitichus, 17
  • 8. Uaphris, 25ad quem captis ab Assyriorum exercitu Hierosolymis Judæorum reliqui confugerunt.
  • 9. Amosis, 42

Summa anni 168.

p. 17Africain p. 75 · Eusèbe p. 76
Jules l'Africain

Dynastia XXVII : regum Persarum octo :

  • 1. Cambyses, quinto sui in Persas regni anno, Ægyptum obtinuit, 6
  • 2. Darius Hystaspis filius, 36
  • 3. Magnus Xerxes, 21
  • 4. Artabanus, mensibus septem.
  • 5. Artaxerxes, 41
  • 6. Xerxes, mensibus duobus.
  • 7. Sogdianus, mensibus septem.
  • 8. Darius Xerxes, 19

Summa anni 124, menses 4.

Eusèbe

Dynastia vigesima septima : regum Persarum octo :

  • 1. Cambyses, anno regni sui quinto regnavit in Ægypto 3
  • 2. Magi, mensibus septem.
  • 3. Darius, 3
  • 4. Xerxes filius Darii, 21
  • 5. Artaxerxes Longimanus, 41
  • 6. Xerxes secundus, mensibus duobus.
  • 7. Sogdianus, mensibus septem.
  • 8. Darius Xerxes, 19

Summa anni 120, menses 4.

p. 18Africain p. 76 · Eusèbe p. 77
Jules l'Africain

Dynastia XXVIII : Amyrtæus Saïtes, annis sex.

Eusèbe

Dynastia vigesima octava : Amyrtanus Saïtes, annis 6.

p. 18Africain p. 76 · Eusèbe p. 77
Jules l'Africain

Dynastia XXIX : regum 4 Mendesiorum :

  • 1. Nepherites, 6
  • 2. Achoris, 13
  • 3. Psammuthis, anno uno.
  • 4. Nephorotes, mensibus quatuor.

Summa anni 20, menses 4.

Eusèbe

Dynastia vigesima nona : regum quinque Mendesiorum :

  • 1. Nepherites, 6
  • 2. Achoris, 13
  • 3. Psammuthis, anno uno.
  • 4. Anapherites, mensibus quatuor.
  • 5. Muthis, anno uno.

Summa anni 21, et menses quatuor.

p. 18Africain p. 77 · Eusèbe p. 77
Jules l'Africain

Dynastia trigesima : regum trium Sebennytarum :

  • 1. Nectanebes, 18
  • 2. Teos, 2
  • 3. Nectanebes, 18

Summa anni 38.

Eusèbe

Dynastia trigesima : regum Sebennytarum trium :

  • 1. Nectanebis, 10
  • 2. Teos, 2
  • 3. Nectanebes, 8

Summa anni 20.

p. 18Africain p. 77 · Eusèbe p. 77
Jules l'Africain

Dynastia XXXI : regum Persarum trium :

  • 1. Ochus, vigesimo in Persas regni sui anno imperavit Ægypto, 2
  • 2. Arses, 3
  • 3. Darius, 4

Summa anni 9. Summa totalis 1050.

Eusèbe

Dynastia trigesima prima : regum Persarum trium :

  • 1. Ochus, vigesimo regni sui anno potitur Ægypto, 2
  • 2. Arses Ochi filius, 4
  • 3. Darius, 6quem Alexander Macedo sustulit.

Hæc ex tertio Manethonis libro.

Africain : Hucusque Manethon. Quæ sequuntur ex Græcis authoribus petenda. Macedonum regum quindecim. — Eusèbe : Hucusque Manethon. Quæ sequuntur ex Græcis scriptoribus depromuntur.

§ 725-728 — La Vieille Chronique

725. La Vieille Chronique. p. 19 Avant de procéder à l'examen et à la synthèse des nombres des listes qui précèdent (§ 723 et Tabl. LXIII), nous devons encore exposer le contenu de la Vieille Chronique, antérieure à Manéthon, Chronique dont ne s'occupe plus guère à l'heure actuelle l'Égyptologie [6], et qui cependant, comme on le verra bientôt, très instructive en elle-même, est absolument nécessaire pour faire découvrir le sens du système des dynasties de Manéthon. Voici cette Vieille Chronique, telle que nous l'a transmise le Syncelle. Elle comprend les temps depuis les origines jusque, et y compris, le règne de Nectanebe I, premier roi de la 30e Dynastie, ce qui indique vraisemblablement l'époque de sa composition. On lit dans le Syncelle, p. 51 :

le Syncelle, p. 51Deorum regnum juxta vetus Chronicon. Vulcani tempus, quod interdiu noctuque appareat, haud assignatur. Sol Vulcani filius myriadibus annorum tribus regnavit, tum Saturnus, inquit, ac reliqui duodecim Dii regnum tenuerunt annis 3984. deinde Semidii reges fuerunt octo, annis 217. Post hos familiæ quindecim (καὶ μετ' αὐτοὺς γενεαὶ ιε′) Cynici circuli recensitæ sunt annis 443 (ἐν ἔτεσι υμγ′). mox Tanitarum principatus (δυναστεία) 16. generationibus (γενεῶν) 8. p. 20 annis 190. stetit : cui 17. principatus Memphitarum familiarum quatuor, annis 105. accessit : hosque principatus Memphitarum 18. familiarum 14. annis 348. sequutus est : Postmodum Diospolitarum 19. principatus, familiarum 5. annis 194. ac tum principatus 20. Diospolitarum, familiarum 8. annorum 228. mox etiam principatus 21. Tanitarum, familiarum 6. annis 121. insuper principatus 22. Tanitarum, familiarum 3. annis 48. ad hæc principatus 23. Diospolitarum familiarum 2. annis 19. post hac principatus 24. Saitarum, familiarum 3. annis 44. his adjungitur principatus 25. Æthiopum, familiarum 3. annis 44. quibus successit principatus 26. Memphitarum, familiarum 7. annis 177. successit 27. principatus Persarum 5. annis 124… his addendus 29. principatus, familiarum annis 39. quibus tanquam cumulus accedit 30. principatus Tanitæ unius annis 18. Summa principatuum triginta est 36525. annorum : qui quinquies et vigesies in 1461. resoluti et distributi decantatam indicant Græcorum et Ægyptiorum fabulis Zodiaci in primum statum reparationem, hoc est in primi gradus æquinoctiali signi Arietis.

Plus loin :

Quæ siquidem Ægyptiorum vetustissima sunt commentaria, Vulcani reliquarumque triginta Dynastiarum nimis immensum inducant spatium annorum videlicet myriadas tres et 6525. quamvis, ut opportuno loco p. 21 demonstrandum occuret, diluvio turrisque opificio Vulcanus longe posterior Ægypti regnum obtinuerit. Manethon autem nobilissimus apud Ægyptios scriptor, de triginta eorum Dynastiis tractaturus, ex his occasione sumpta, ab eis plurimum juxta superius adducta ac deinceps quoque dicenda, dissentire comperitur. Familiarum enim 113. per Dynastias triginta libris tribus ab eo descriptarum tempus omne 3555. annis, mundi 1586. narrationem incipientibus, ac demum 5140. desinentibus, ante Alexandri Macedoni imperii annum circiter quintum decimum, concluditur.

726. La Vieille Chronique consiste donc dans le tableau suivant :

Tableau LXIV

A. Temps de Vulcain (Hephaïstos), non assignéx
Règne du Soleil (Helios, fils d'Hephaïstos)30000
Saturne (Cronos) et 12 Dieux3984
8 rois demi-dieux217
B. Après eux 15 familles, races ou générations (γενεαί). Elles sont comptées dans, ou par, 443 du cycle sothiaque [7](443)

C. Ensuite :

DynastieNatureFamillesAnnées
16Tanite8190
17Memphite4103 [8]
18Memphite14348
19Diospolitaine5194
20Diospolitaine8228
21Tanite6121
22Tanite348
23Diospolitaine219
24Saïte344
25Éthiopienne344
26Memphite7177
27Perse5124
(28)(lacune)
2959
30Tanite118
Somme36525 ans

p. 22 Le Syncelle [qui considère le nombre global inscrit 36525 comme mesurant la période de la Précession des Équinoxes], remarque qu'il est égal à 25 fois une période sothiaque de 1461 ans, le cycle sothiaque étant d'ailleurs explicitement signalé dans le texte du document (§ 725).

Ce nombre 36525, comme nous le savons, est aussi en pouces pyramidaux la mesure de la base de la Grande Pyramide, laquelle encore vaut, en p. 23 coudées de 25 pouces, 1461. Cette première remarque va nous conduire très loin. Comme nous allons le découvrir, et c'est un résultat capital, la Vieille Chronique est dans une intime connexion avec le système des nombres de la Bible et de la Pyramide.

727. Examinons tout d'abord les caractères systématiques de ce document (la Vieille Chronique). Il se compose d'une partie historique continue C formée de la suite des dynasties 16 à 30, séparée d'une partie A relative aux origines (Temps de Vulcain aux 8 rois demi-dieux) par une solution de continuité B que marque la mention si particulière de 443 ans appartenant à un cycle sothiaque.

728. Il nous met d'abord en présence, par sa partie A, après des temps primitifs (Hephaïstos) auxquels aucune durée n'est assignée, d'une phase de formation sortant de ce chaos primitif (Helios, fils d'Hephaïstos), comprenant 5 jours de 6000 ans (c'est à dire de l'ordre des jours de création de la Bible ; voir Mathématique, Tabl. XLIV, § 117), après laquelle s'ouvre, sous l'influence du nombre 7 de la septième « planète » Saturne, un sixième jour caractérisé d'abord par le nombre 12 des dieux (comme dans la Bible le nombre 24 des Anciens marque les temps de la Naissance de p. 24 l'homme au Déluge ; voir Mathématique, § 93), puis par un nombre multiple de 12.

On a, pour ce nombre correspondant

3984 = 12 × 332 [= 24 × 166],

ou (en se laissant guider par les nombres 7, 6, 12 qu'on vient de rencontrer) :

3984 = 6 × 700 − 216 = 6 × 700 − 6.6.6

nombre symbolique de la Chute [9].

Le descensus progressif de l'humanité qui conduit à la séparation du monde primitif et de l'histoire proprement dite, c'est à dire au Déluge, est marqué par le passage des dieux aux demi-dieux ; par le nombre 217 (dont nous verrons plus loin la raison d'être, et qui rappelle d'ailleurs encore une fois le nombre précédent de confusion p. 25 du péché 216 = 6 × 6 × 6) ; et pour le Déluge lui-même, par le nombre 8 (les 8 sauvés des eaux, de la Bible).

729. La partie B qui suit se rapporte au monde postdiluvien et concerne tout d'abord ces 15 familles ou générations (qui ne sont pas, remarquons-le avec soin, des Dynasties comme celles (16 à 30) de la période historique C ; celles-ci se composent elles-mêmes chacune d'un certain nombre de familles) dont la place est indiquée par une référence au cycle sothiaque.

Censorinus (+ 238 circa) [10] a noté le fait que l'an 238 de notre ère est le 100e d'une période sothiaque ; par conséquent l'an 138 termine une période. En remontant de là au moyen des périodes de 1461 mises en évidence par le document que nous analysons, on trouve les origines de périodes :

138 − 1461 = − 1323,   − 1323 − 1461 = − 2784 [11].

Les 443 ans comptés à partir de − 2784 conduisent donc à p. 26

− 2784 + 443 = − 2341.

D'autre part si, à partir de la date bien établie de la conquête de l'Égypte par Cambyse, savoir − 525, qui termine donc l'histoire proprement dite de l'Égypte, et commence la 27e Dynastie, on remonte jusqu'au commencement de la 16e Dynastie, laquelle termine la période des 15 Familles, on trouve par les nombres du document (§ 726, Tabl. LXIV) la somme

26e Dynastie177
25e44
24e44
23e19
22e48
21e121
20e228
19e194
18e348
17e103
16e190
Somme1516

qui, ajoutée aux 525, conduit à la date

− 525 − 1516 = − 2041.

La différence 2341 − 2041 = 300 des deux nombres trouvés 2341, 2041, différence qui devrait p. 27 être nulle si les 443 ans pris à partir de − 2784 dans la période sothiaque − 2784 à − 1323 y désignaient la durée d'existence des 15 Familles, prouve que cette dernière hypothèse est inadmissible, et que ces 443 ans expriment au contraire le laps de temps qui s'est écoulé dans cette période avant cette existence ; celle-ci a ensuite occupé l'intervalle de 300 ans qui est en contact avec, et antérieur à, la première des Dynasties de la partie suivante C du document (savoir celle qui est désignée comme 16e Dynastie) [la multiplicité simple des nombres 300 et 15 rend la conclusion d'autant plus vraisemblable].

De cet examen et en résumé il faut donc conclure que les 15 Familles occupent les 300 ans qui s'étendent de

− 2341 à − 2041 ;

et de cela suit un résultat capital, savoir que : la Vieille Chronique fait commencer les « 30 Dynasties », c'est à dire l'histoire d'Égypte, précisément, et entièrement d'accord avec la Bible, vers l'époque de constitution de la loi historique de Brück qui suit la Dispersion des nations (1850 − 8 × 520 = − 2310).

Que les dates obtenues sont d'ailleurs en connexion intime avec les mesures et l'époque de la p. 28 Grande Pyramide, ou, ce qui est ici la seule explication possible, leur soient empruntées, c'est ce qui se confirme par les remarques suivantes :

La somme des deux nombres 2041, 2341 qui repèrent les 300 ans est égale à 3 fois la période 1461, ou à 3 fois la base de la Pyramide en coudées. On a en effet

(2041 + 2341) / 3 = 4382 / 3 = 1461 en nombre entier [1460,7],

ce qui revient à dire que le centre des 300 ans est à 1½ période sothiaque de 1461 ans, de l'ère chrétienne, soit à la date

− 2191 [12].

Ce centre − 2191 est à 30 (= 300/10) ans de distance du centre de construction − 2161 de la Pyramide, lequel est placé aux ⅗ des 300 ans. On a

− 2341 + ⅗ × 300 = − 2341 + 180 = − 2161.

p. 29 La Pyramide est aussi d'après cela à une distance de l'ère chrétienne égale à

1461 + 700 ;

et l'origine de la période sothiaque − 2784 à distance de la création de l'homme donnée par la Bible, − 4184, égale à

4184 − 2784 = 2 × 700.

Cette origine − 2784 est d'ailleurs aussi celle de la période quinquaséculaire de Brück, ou temps de Daniel, de 516 ans qui a son centre ou apogée au Déluge. On a {1870 ; 1850} − 8½ × 516 = − 2526 [ce qui définit exactement le centre de la période par la naissance d'Arphacsad, premier né du monde postdiluvien, 2 ans après le Déluge ou en − 2526] ; et l'on a bien aussi − 2784 + 516/2 = − 2784 + 258 = − 2526.

Autrement encore, − 2784, origine de la période sothiaque, est l'origine de la 9e période de 516 comptée à partir de l'époque actuelle de constitution.

(1850 + 1870)/2 − 9 × 516 = − 2784.

Cela est considérable.

730. p. 30 Nous voici donc arrivés dans la Vieille Chronique à la date − 2341 pour le commencement des 15 Familles, le centre de leur durée de 300 ans étant, en − 2191, à 30 ans du centre − 2161 de la construction de la Pyramide. En remontant plus haut pour continuer la chronologie dans la partie A (Tabl. LXIV), il faut ajouter les 217 ans indiqués, qui, d'après ce qui a été induit plus haut (§ 728) au sujet des 8 demi-dieux correspondants, doivent conduire à l'époque du Déluge. Or on a

− 2341 − 217 = − 2558 = − 2528 − 30,

c'est à dire encore, à 30 ans de distance (comme plus haut pour la Pyramide), l'époque biblique − 2528 du Déluge. Ces 30 ans sont d'ailleurs indiqués d'autre manière par la disposition et les nombres du document. Si en effet on considère l'intervalle des temps que nous venons de compter à partir de la Conquête Perse qui a servi d'ère, savoir les 1516 ans (16e à 26e Dyn.) (§ 728) et les 300 des 15 premières familles, on le voit encadré dans le document, en-deçà, par les 217 dont nous venons de parler ; au-delà, ce qui termine la Chronique, par le temps des Dynasties 27 à 30. Or ce dernier temps, en comptant les 6 ans de la 28e dynastie [celle-ci forme lacune dans la Vieille p. 31 Chronique, mais voyez plus haut les listes de l'Africain et d'Eusèbe, Tabl. LXIII, 28e dynastie], est égal à

124 + 6 + 39 + 18 = 187 ans,

et 217 = 187 + 30 ;

ce qui revient à dire qu'en plaçant symétriquement en-deçà de l'origine des 15 Familles le terme complémentaire de 187 qui figure au-delà de l'ère des Perses, on obtient la date − 2528 du Déluge ; ou, d'une manière plus simple et immédiate, que la somme totale des « 30 dynasties »

300 + 1516 + 187 = 2003

portée à partir de l'ère des Perses − 525 donne la date du Déluge biblique

− 525 − 2003 = − 2528.

Le lecteur aura sans doute déjà remarqué de lui-même, en rapport avec ces concordances répétées, que la seconde date fondamentale de l'Ancien Testament, savoir celle − 1516 de l'Exode, était p. 32 déjà mesurée par la somme des Dynasties de la Vieille Chronique, en-deçà de cette même ère des Perses ; et enfin que les 30 ans systématiques que nous venons d'y trouver plusieurs fois, répondent aux 30 ans mesurés dans la Pyramide, en-deçà et au-delà du point fondamental − 1516, par les intersections des deux Passages descendant et ascendant (voir Concordance, § 17, fig. II).

731. La seule explication possible de ces multiples et exactes concordances, c'est que l'auteur de la Vieille Chronique a eu connaissance des mesures de la Pyramide, ou de nombres transmis par la tradition et ayant pour origine la construction de celle-ci, sans d'ailleurs vraisemblablement connaître la valeur chronologique de ces nombres en rapport avec la venue du Messie, mais en nous transmettant, en fait, une chronologie qui se rapporte à l'ère chrétienne. La mention que Manéthon fait de l'impiété de Khéops (Tabl. LXIII, 4e Dyn.), constructeur de la Grande Pyramide, et du « Livre sacré qu'il écrivit », « livre célèbre chez les Égyptiens », est à cet égard un fait capital, et ici presque décisif.

En d'autres termes, il ne peut déjà raisonnablement rester de doute sur ce que les nombres du document sont disposés de manière à reproduire, ou si l'on veut à vérifier pour nous, le p. 33 système de la Bible et de la Pyramide. Ainsi, en remontant le tableau des nombres (Tabl. LXIV), la somme des dynasties 26 à 16 donne

1516 = 1000 + 516

qui met en évidence la période de Brück ou temps de Daniel 516. On a ensuite par procédé analogique (voyez le tableau ; 217 = 200 + 17) :

1000 + 443 + 17 = 1460 (période sothiaque, année 365) ;

puis

200 + 3984 = 4184 (création de l'homme, nombre biblique),

ce dernier trait justifiant bien ce qui a été dit plus haut concernant le terme 3984 de la Vieille Chronique qui se rapporte au monde antédiluvien (§ 728).

Enfin pour couronner le tout, si l'on fait la somme totale du tableau chronologique, savoir d'après ce qui précède : p. 34

x + [ (30000 + 3984 + 217 = 34201) + 300 + 1516 + 187 ] = x + 36204,

et qu'on égale la somme x + 36204 à la somme indiquée 36525, on trouve pour le nombre x restant, lequel a été placé en tête dans le tableau comme caractéristique des temps chaotiques primitifs ou de préparation auxquels aucune durée concrète n'est assignée :

x = 36525 − 36204 = 321,

nombre symbolique de la Trinité créatrice, et qui forme, nous le savons déjà [Leçons, Tom. I. § 171, Leçon XII, Note A ; voir (Antipas)gr = 642 = 2 × 321 ; 123 = (3 × 410)/10 = (Saint Saint Saint)héb / (2 × 5)], facteur intégrant dans le système mathématique et prophétique de la Bible et de la Pyramide, lequel s'étend des Jours de Création à la Seconde Venue de Christ. (Nous allons bientôt voir Manéthon faire usage du même procédé de nombre).

732. Ajoutons enfin une observation sur le nombre p. 35 total des familles mentionnées dans la Vieille Chronique, observation qui sera utile pour la compréhension du système des dynasties de Manéthon. Ce nombre est systématique et égal à 7 × 12. On a en effet :

Familles
(15 premières familles)15
Dynastie 168
174
1814
195
208
216
223
232
243
253
267
275
28
29
301
Total84 = 7 × 12

733. L'importance de l'analyse que nous venons de faire de la Vieille Chronique peut se résumer en deux points. Elle consiste : p. 36

à prouver l'existence, antérieure à Manéthon, d'une chronologie attribuant à l'histoire d'Égypte des limites d'accord avec celles que les données positives assignent en moyenne à d'autres peuples ;

à prouver la part d'influence déterminante de la Grande Pyramide sur les idées spéculatives ou historiques positives des annalistes égyptiens, et par cela même la réalité de l'existence d'un système chronologique inscrit par mesures linéaires dans cette Pyramide, système dont la Vieille Chronique vient se présenter aujourd'hui comme un témoin, témoin aveugle peut-être, mais par cela même, d'une certaine manière, d'autant moins récusable.

§ 734 — Note additionnelle : la valeur du Jour de Création

734. Note additionnelle. La valeur du Jour de Création donnée par la Vieille Chronique.

L'analyse du document avait fait conclure que les 30000 ans par lesquels il s'ouvre désignent 5 jours de formation, les 3984 qui suivent appartenant au 6e jour, et le désignant. D'ailleurs ce dernier nombre 3984 est accompagné de la mention des nombres 7 (Saturne) et 12, lesquels reproduisent aussi par 12 = 5 + 7 le nombre canonique 5.

En désignant par J la valeur du Jour et par Y et X les termes à ajouter aux 30000 et aux 3984

p. 37 pour reproduire respectivement cinq et un jour J, on aura les deux équations

30000 + Y = 5 J  ;   5984 + X = J.

D'après les nombres 7 et 5 proposés par le document, prenons

X : Y = 7 : 5   ou   X = 7/12 (X + Y), Y = 5/12 (X + Y),

ce qui revient à écrire

X = 7x  ;   Y = 5x.

On aura pour déterminer x et J les deux équations :

30000 + 5x = 5 J  ;   5984 + 7x = J

ou encore

35984 + 12x = 6 J.

On en tire

x = 336

et

J = jour de création = 6336 = 12 × 528,

p. 38 c'est à dire exactement la valeur du jour de création déterminé, indépendamment de tout ceci, dans la Mathématique (§ 123) et qui fait aussi retrouver explicitement la période prophétique 528.

Ce résultat peut être considéré, par réciprocité, comme constituant une vérification frappante de la justesse de cette déduction antérieure de la Mathématique [13].

Le caractère intentionnel des relations précédentes qui ont servi à déterminer J se vérifie également par les caractères remarquables de l'inconnue auxiliaire x. On a en effet

x = 222 × 3 × 7, avec 2 + 3 + 7 = 12,

ce qui est la seule décomposition possible de 12 en 3 nombres premiers différents. [Quant au terme complémentaire total X + Y = 12x, il s'écrit sous la forme symbolique remarquable

X + Y = 21.2.3 × 31.2 × 71,   (2 + 3 + 7 = 12).]

p. 39 On pourrait donc aussi proposer les équations sous la forme

30000 + Y = 5 J ;  3984 + X = J ;  X + Y = 21.2.3 × 31.2 × 71.

On en déduirait J = 6336 = 12 × 528 et X/Y = 7/5].

Enfin on pourra remarquer, en faisant usage des nombres symboliques acquis jusqu'ici, que le bloc des 6 Jours est mesuré aussi, tout d'une pièce, par l'addition de tout l'ensemble des nombres du document. On a

15 Dynasties1516
15 Familles300
8 rois demi-dieux [216 + 1 = (6.6.6 + 1 ; 216 = 8 × 3³)]216
(Familles + demi-dieux = 516)
Saturne et les 123984
Hélios30000
Temps chaotiques de Vulcain [5 × 666,666…666… = (1.2.3) × 5 × 111,111.111…]2000
Total38016
38016 = 6 × 6336 = 6 × 12 × 528.

Ce résultat global, rapproché de celui qu'avait d'abord donné la seule considération des deux

p. 40 seuls premiers nombres 30000 et 3984, est de nature à assurer la certitude scientifique qu'un dessein intentionnel a présidé à la construction de ce système de nombres.

§ 735-738 — Les Livres de Manéthon

735. Les Livres de Manéthon. Il faut maintenant analyser l'ouvrage de Manéthon. Un premier point essentiel qu'il faut avoir présent à l'esprit pour en apprécier la nature et la portée, c'est que Manéthon, à l'exemple de la Vieille Chronique, fait précéder ses dynasties d'une période de temps fabuleux (voir § 723), et que, au contraire de ce que l'on pourrait croire, d'après le silence que garde à cet égard l'Égyptologie actuelle, son histoire ne se distingue nullement par une sobriété particulière et un caractère plus positif, des autres écrits historiques de son époque.

736. Voici d'abord (voir plus haut § 723) la partie des temps primitifs par laquelle s'ouvre le premier livre de Manéthon. Nous y reviendrons plus loin (§ 746) pour en tirer, on le verra, des conséquences instructives.

p. 41

Tableau LXV — Les temps fabuleux

I. Dieux13900 ans13900 [1]
II. Demi-dieux
α′ Demi-dieux1255
β′ Autres rois (Thébains ?)18175212 [2]
γ′ 30 rois Memphites1790
δ′ 10 rois Thinites350
III. Manes58135813 [3]
Somme24925 ans

737. Les Dynasties se placent à la suite et constituent l'Histoire proprement dite. Nous avons donné plus haut (Tabl. LXIII) les deux listes fournies par l'Africain et par Eusèbe. Celle de l'Africain est de beaucoup le document le plus important, non seulement à raison de son antériorité mais parce que, ainsi qu'on peut le constater, elle est seule à très peu près complète. Dès le début, par exemple, on voit faire défaut dans Eusèbe presque tout le détail des dynasties II à VI. C'est donc l'Africain qui seul peut et doit être pris pour argument [14], sauf quand la leçon qu'il donne doit évidemment être corrigée par le

p. 42 contexte, ou quand un nombre de la liste manque qui peut être suppléé par Eusèbe.

Il n'y a d'ailleurs à cet égard que deux cas à signaler en suivant les listes. Le premier concerne la IIe Dynastie, où pour les deux derniers des 9 rois (Sesochris, 48 ans ; Cheneres, 30 ans) le nom et sa durée de règne manquent. Par contre et heureusement, ces données sont fournies par Eusèbe. Quant à la somme totale mentionnée de la Dynastie, elle résulte de la somme indiquée 555 des Dyn. I et II, et des deux données 253 et 263 (somme réelle) de la Dyn. I, ce qui donne pour II, comme valeur à adopter : 555 − (253 + 263)/2 = 555 − 516/2 = 297. Le second a rapport aux dynasties XIII et XIV. L'Africain ne dit rien pour XIV. Pour XIII, il dit : 60 rois, 184 ans. Or ce dernier nombre est l'un des deux, 184 ou 484 qu'Eusèbe donne pour les 76 rois de XIV. Étant donné le nombre des rois de chacune des deux dynasties, la leçon du contexte est donc, avec Eusèbe : XIII, 60 rois, 453 ans ; XIV, 76 rois, 484 ans [15].

738. Ces deux points relevés, voici d'après les listes citées plus haut le tableau (Tabl. LXVI) des Dynasties de Manéthon rapportées par Jules l'Africain.

p. 43

Tableau LXVI — Dynasties de Manéthon (Jules l'Africain)

Synthèse française·« Somme » = total réel des règnes ; « Durée mentionnée » = total donné par le document·pages 43 à 49

Planches originales — Tableau LXVI (scans, détail roi par roi)
DynastieRois / natureSommeDurée mentionnée
Livre I
IMenès 62, Athoth 57, Cencenes 31, Uenephes 23, Usaphædes 20, Miebides 26, Semempsis 18, Bienaches 26263253
IIBoethes 38, Keachos 39, Binothris 47, Tlas 17, Sethenes 41, Chœres 17, Nephercheres 25, Sesochris 48, Cheneres 30302297
IIINecherophes 28, Tosorthros 29, Tyris 7, Mesochris 17, Soiphis 16, Tosertasis 19, Achis 42, Siphuris 30, Cerpheres 26214214
IVSoris 29, Suphis 63, Suphis 66, Mencheres 63, Rathœses 25, Bicheres 22, Sebercheres 7, Thamphtis 9284274
VUsercheres 28, Sephres 13, Nephercheres 20, Sisiris 7, Cheres 20, Rathuris 44, Mercheres 9, Tarcheres 44, Obnos 33218248 [1]
VIOthœs, Phios 53, Methasuphis 7, Phiops 95 (commence à 6 ans, ou dans sa 6e année, et en vit 100), Mentesuphis 1, Nitocris 12168203
VII70 Rois70
VIII27 Rois146
IX19 Rois409
X19 Rois185
XI16 Rois, auxquels succède Ammenemes 1643
Fin du Livre I de Manéthon
Livre II
XII(Ammenemes 16) Sesonchoris 46, Ammenemes 38, Sesostris 48, Lachares 8, Ammeres 8, Ammenemes 8, Scemiophris 4176160
XIII60 Rois453
XIV76 Rois484
XVSaithes 19, Beon 44, Pachnan 61, Staan 50, Archles 49, Aphobis 61284284
XVI52 Rois518
XVII43 Rois pasteurs / 43 Rois Thébains153
XVIIIAmos, Chebros 13, Amenophthis 21, Amersis 22, Misaphris 13, Misphragmuthosis 26, Tuthmosis 9, Amenophis 31, Horus 37, Acherres 32, Rathos 6, Chebres 12, Acherres 12, Armeses 5, Rammeses 1, Amenoph 19259263
XIXSethos 51, Raphaces 61, Ammenephthes 20, Rameses 60, Ammenemes 5, Thuoris 7204209
Fin du Livre II de Manéthon
Livre III
XX12 Rois135
XXISmedes 26, Phuneses 46, Nephelcheres 4, Amenenophthis 9, Osochor 6, Pinaches 9, Susennes 30130130
XXIISesonchis 21, Osoroth 15, (trois autres) 25, Tacellothis 13, (trois autres) 42116120
XXIIIPetubates 40, Osorcho 8, Psammus 10, Zet 318989
XXIVBonchoris 666
XXVSabbacon 8, Sevechus 14, Tarcus 184040
XXVIStephinates 7, Nerepsus 6, Nechao 8, Psammiticus 54, Nechao 6, Psammuthis 6, Uaphris 19, Amosis 44, Psammocherites ½150½150½
XXVIICambyses 6, Darius 36, Xerxes magnus 21, Artabanus 0a 7mois, Artaxerxes 41, Xerxes 0a 2m, Sogdianus 0a 7m, Darius Xerxes 19124a 4m124a 4m
XXVIIIAmyrtæus 666
XXIXNepherites 6, Achoris 13, Psammuthis 1, Nephorotes 0a 4m20a 4m20a 4m
XXXNectanebes 18, Teos 2, Nectanebes 183838
XXXIOchus 2, Arses 3, Darius 499

§ 739-740 — L'état de la question chez les égyptologues

739. Avant d'entrer dans l'examen de ce document au point de vue mathématique, il convient de signaler le désaccord des égyptologues quant à son interprétation, désaccord qui se traduit par des divergences entre eux de plusieurs milliers d'années. Cette situation se définira le mieux par la citation de quelques appréciations autorisées.

p. 49

G. Bénédite [16]Nous ne saurions, au sujet de la « Chronologie de l'Égypte,… » de l'époque indéterminée où l'on place la fondation de la monarchie,… donner une date pour des temps aussi lointains. L'écart entre le comput le plus long (Mariette, 5004 av. J.-C.) et le plus court (Wilkinson, 2320) montre le degré de l'incertitude qui règne en cette matière.
J. Capart [17]

p. 50 Ce qui manque surtout, c'est un cadre chronologique ferme : toutes les dates antérieures à 700 avant Jésus-Christ sont plus ou moins incertaines, et les opinions contradictoires, exprimées par les savants, sont de nature à troubler le public. L'école égyptologique allemande actuelle tend à réduire fortement la chronologie traditionnelle. Nous suivrons plutôt les dates admises par Maspero dans son Guide au Musée du Caire ;… (ce Guide commence la 1re Dynastie en − 5000). En présence de cette incertitude chronologique, on a divisé l'histoire d'Égypte en un certain nombre d'époques (empires ou périodes), qui, elles mêmes, sont subdivisées en dynasties. Un prêtre égyptien du nom de Manethon avait écrit au IIIe siècle avant Jésus-Christ, sur l'ordre de Ptolémée II Philadelphe, une histoire d'Égypte, dans laquelle les rois étaient divisés, suivant un principe que l'on n'a pu encore reconnaître, en un certain nombre de dynasties. On a généralement accepté cette classification.

La raison de l'incertitude et des divergences

p. 51 proviennent à la fois du désaccord qui existe entre les listes royales qui nous sont parvenues, savoir, sans parler des désaccords partiels entre l'Africain, Eusèbe, Josèphe, de celui qui existe entre les extraits de Manéthon et la liste des rois d'Eratosthènes, donnée aussi plus loin par le Syncelle (voir § 753), et du fait que Manéthon lui-même déclare que du 1er roi au temps d'Alexandre il s'est écoulé 3555 ans (Syncelle, p. 51 ; voy. l'extrait cité plus haut, § 725), alors que l'addition des dynasties conduit à un total de près de 6000 ans, ce qui prouve qu'en suivant Manéthon lui-même il faut considérer certaines dynasties comme contemporaines.

D'autre part les monuments actuellement découverts en Égypte ne fournissent pour les années de règne que des nombres partout presque toujours en désaccord fâcheux, même désespérant, avec ceux de Manéthon. Le lecteur ne peut mieux faire pour s'en rendre compte que de consulter les tableaux si complets dressés à cet égard par M. Bénédite (loc. cit. pp. 121 et suiv.) [18]. Voici d'ailleurs (loc. cit. ibid.) la liste de ces documents

p. 52 monumentaux [19]. Il en existe cinq principaux, analogues à ceux qui servirent de modèle à Manéthon et à Eratosthènes.

  1. Chapelle de Karnak ou Chambre des Ancêtres. Rapportée d'Égypte et donnée à la Bibliothèque nationale par Prisse d'Avennes. Thoutmès III (XVIIIe dyn.) y est représenté en adoration devant les images de 61 rois choisis dans la liste des pharaons ayant régné depuis l'établissement de la monarchie. Aucun des prédécesseurs de Toutmès III n'y figure ; l'ordre chronologique y est négligé.
  2. Table d'Abydos. Découverte en 1818 dans le Temple de Ramsès II par J. W. Bankes (au British Museum). 50 noms royaux existant primitivement quoique réduits par de nombreuses lacunes au nombre de 30, ont permis à Champollion de dresser la liste des rois de la XVIIIe dynastie, et à Lepsius de rétablir en leur place les rois de la XIIe.
  3. 2e Table d'Abydos. Découverte par Mariette en 1864 dans le Temple de Seti I. Bien conservée. 76 cartouches allant de Mènès à Seti I, notamment une liste de rois de 6 premières dynasties presque aussi complète que celle de Manéthon.
  4. Table de Saqqarah (Musée de Ghizeh). Découverte en 1863 par Mariette dans le tombeau d'un prêtre du temps de Ramsès II, nommé Tounari. Ce personnage y invoque Osiris en faveur de 58 rois compris entre Meribi (6e roi de la 1re Dyn.) et Ramsès II. C'est un excellent document pour le contrôle de la XVIIIe, de la XVIe et des 6 premières dynasties.
  5. p. 53 Papyrus de Turin (Musée de Turin). Acquis par le gouvernement piémontais avec l'ensemble de la collection Drovetti en 1820. Document de valeur inappréciable s'il n'était gravement mutilé. Les fragments (au nombre de 164) ont été assemblés et numérotés par Seyffarth en 1826. La liste de Turin s'étend depuis les temps fabuleux (dynasties divines) jusqu'à l'époque de la domination des Pasteurs et a permis de combler en partie le vide de Manéthon entre les VIe et IXe dynasties, et surtout de fournir une abondance de noms pour la période formée par la XIIIe et la XIVe.

Ces sources générales ont permis de dresser en regard de Manéthon le cadre de 19 dynasties.

Sources partielles fournies par des monuments de toutes sortes : inscriptions des temples et des tombes, des sarcophages, des stèles, des statues, des scarabées, etc. La forme exacte de noms égyptiens a permis d'être rapprochée des transcriptions de Manéthon, l'ordre de succession vérifié ; de nombreuses lacunes ont été ainsi en partie comblées. Le détail des événements de la plupart des règnes est sorti des textes annalistiques consacrés aux campagnes militaires et souvent même aux entreprises pacifiques des Pharaons, soit sur les murailles des temples (Karnak, Ramesseum, Medinet Abou, Abou Simbel) ou des tombes (Saqqarah, Sioût, Thèbes, El-Kab), soit par les textes de certains papyrus. Enfin la Bible et les inscriptions cunéiformes (ces dernières principalement depuis la trouvaille de Tel Amarna) [20] ont éclairé l'histoire d'Égypte d'une lumière d'autant plus sûre qu'elle émanait souvent d'une source contemporaine des événements.

En parcourant cette liste de documents monumentaux, on est frappé du fait que tous appar-

p. 54 tiennent à la même époque de l'histoire d'Égypte vers le temps des XVIIIe et XIXe dynasties. Cette époque se présente donc comme celle où l'on a dressé des annales, ou les souvenirs historiques, en tableaux sur les monuments du second empire égyptien. Leur valeur historique se mesure donc au degré de connaissance historique de leurs auteurs à cette même époque. Quant à la concordance, non, d'après ce que nous avons dit, des années de règnes retrouvées sur ces monuments, mais, d'une manière admissible, de l'ordre de succession des règnes, avec ce que donne Manéthon (il n'y a pas trace sur les monuments de la division en dynasties), elle s'explique naturellement puisqu'il n'est pas question ici de témoins indépendants, et que le travail de Manéthon n'était précisément construit que sur la compulsion des documents antérieurs.

740. Ceci dit pour fixer les idées sur l'état actuel des choses, examinons maintenant, pour notre compte, c'est à dire d'une manière indépendante, pris en lui-même le système des Dynasties (Tabl. LXVI).

I. Un premier fait général frappe immédiatement. C'est le partage des dynasties en deux groupes, l'un de 21 dynasties, — ou 20 si l'on considère le nombre canonique de 30 dynasties, — dans

p. 55 lequel les noms des rois individuels sont donnés avec les années de règne ; nous désignerons ces dynasties par le nom de Dynasties pleines ; — l'autre, de 10 Dynasties, dans lequel aucun nom n'est indiqué et où on ne trouve mentionnés que le nombre des rois et le total des règnes ; nous les désignerons par le nom de Dynasties vides.

II. Un second fait c'est, à l'égard de ces totaux de règnes — qui courent d'ailleurs le long de toute la liste des dynasties, — que, pour les dynasties du premier groupe où les règnes individuels sont donnés, les totaux mentionnés ne sont pas en général égaux aux totaux actuels, c'est à dire aux sommes réelles des règnes.

III. Acceptant le document tel qu'il est, cherchons d'après cette voie ses caractères systématiques. En prenant, comme la Vieille Chronique, pour base l'Ère de Cambyse (§ 729), c'est à dire le commencement de la 27e Dynastie, lequel termine en fait l'histoire des Égyptiens proprement dits, et considérant par conséquent le système des dynasties I à XXVI, nous arrivons au résultat décisif suivant :

La somme des durées des dynasties pleines faite : a, par les totaux actuels ; b, par les totaux mentionnés, donne une somme totale

a + b = 4 fois 1461 ans.

p. 56 C'est ce qu'établit le Tableau suivant (Tabl. LXVII) :

Tableau LXVII — Dynasties pleines

α. Dynasties pleines (jusqu'à l'Ère de Cambyse) — 16 Dynasties

Gr.DynastieDurée totaleDurée mentionnée
AI263253
II302297
III214214
IV284274
V218248
VI168203
BXII176160
XV284284
XVIII259263
XIX204209
XXI130130
XXII116120
XXIII8989
XXIV66
XXV4040
XXVI150,5150,5
Somme2903,52940,5
Somme 5844,0 = 4 × 1461.

(2903,5 / 2 = 1461 − 25 × 37 / 100 ;  2940,5 / 2 = 1461 + 25 × 37 / 100)

741.

p. 57 Ce résultat est capital car il met déjà à lui seul hors de doute le caractère systématique intentionnel des données de Manéthon.

Il se résume en ce que les dynasties pleines sont chronologées de manière à occuper un espace de 2 périodes sothiaques de 1461 ans. La première, A, correspond au groupe si bien isolé des 6 premières dynasties ; la seconde, B, aux 10 dynasties restantes. On a en effet pour le premier groupe A, conformément aux calculs précédents, la durée

(1449 + 1489)/2 = 1469 = 1461 + 8

et pour le second groupe B la durée

(1454,5 + 1451,5)/2 = 1453 = 1461 − 8.

Ici se présente d'ailleurs un trait de vérification décisif : c'est que la petite différence, égale à 16, de ces deux nombres est elle-même intentionnelle et explique, en même temps qu'elle prouve son caractère intentionnel, un fait singulier, et jusqu'ici demeuré sans aucune explication, de la disposition de l'ouvrage de Manéthon. Son premier livre se rapporte au premier groupe A, et le deuxième s'ouvre par la première dynastie du second groupe B (la dynastie XII). Or le premier roi de cette

p. 58 dynastie, savoir Ammenemes, au lieu de la commencer dans le Livre II, est déplacé et mis isolément à la fin du Livre I qu'il termine ; c'est à dire qu'Ammenemes, par cette disposition singulière appartient à la fois aux deux livres, et se trouve donc en cavalier sur leur séparation. Or le règne d'Ammenemes est précisément égal aux 16 ans de la différence précédente ; et par conséquent, puisque ce règne est placé comme il vient d'être dit, c'est à dire débordant dans le premier groupe A et lui apportant en plus 16/2 = 8, le second groupe B se trouve par cela même en défaut de 8 années. La différence 16 égale au règne d'Ammenemes, montre que B reprend à A les 8 années dont celui-ci, A, était en excédent, et dont lui-même, B, était en défaut.

De semblables traits rigoureux de vérification concernant les termes de second ordre de la question, après que les termes de premier ordre ont été établis d'une manière entièrement indépendante, ne peuvent laisser de doute sur le caractère, intentionnel jusque dans les moindres détails, du système qu'ici nous analysons.

742. Nous venons d'envisager, dans les 26 Dynasties qui précèdent les Perses, les 16 Dynasties pleines, α, réglées sur deux périodes sothiaques. Il reste à considérer les 10 Dynasties vides restantes, β,

p. 59 et aussi les dynasties finales, γ, (27 à 31) de Cambyse à Alexandre.

Les durées totales de chacun de ces deux groupes β et γ sont calculées dans le tableau suivant (Tabl. LXVIII), — la première β égale à 2596 ans, la seconde γ à 197 ans 8 mois.

Tableau LXVIII — Dynasties vides & finales

β. Dynasties vides (10 Dynasties)
VII70
VIII146
IX409
X185
XI43
XIII453
XIV484
XVI518
XVII153
XX135
Somme2596
γ. Dynasties à partir de l'Ère de Cambyse
XXVII124ᵃ 4ᵐ
XXVIII6
XXIX20ᵃ 4ᵐ
XXX38
XXXI9
Somme197ᵃ 8ᵐ

743. p. 60 Si l'on envisage tout l'ensemble de l'ouvrage de Manéthon, on voit donc que l'on a pour la somme totale des 31 Dynasties (α + β + γ) :

Σ = 197ᵃⁿˢ 8ᵐᵒⁱˢ + 2596 + 2 × 1461 = 5715ᵃ 8ᵐ ;

et ce nombre apporte une nouvelle vérification du caractère mathématique du système manéthonien. Il mesure en effet une durée qui se termine à Alexandre (— 332). Or Manéthon mentionne expressément (§ 725) que les 3555 ans mesurés depuis les origines (desquels nous avons déjà dit un mot en passant (§ 739) et sur lesquels nous allons bientôt revenir) se terminent « la 15e année environ » avant Alexandre. Il met donc par cette dernière particularité en évidence le nombre 5715 — 15 = 5700 obtenu en retranchant de la durée totale de ses dynasties jusqu'à Alexandre, les 15 ans dont il s'agit. Si l'on se rappelle la durée de 300 ans dissimulée dans la Vieille Chronique et attribuée par elle aux 15 Familles qui précèdent ses 15 dynasties (16 à 30), et si l'on fait en outre attention qu'il existe dans les 31 dynasties de Manéthon 19 Dynasties pleines égyptiennes proprement dites (c'est à dire non Perses, ceux-ci occupant les deux dynasties XXVII et XXXI), on pourra vraisemblablement induire que le nombre 5700 n'est autre chose que la durée 300 empruntée à la Vieille

p. 61 Chronique, et qu'on trouve ici attribuée à chacune de ces 19 dynasties. On a en effet

5715 — 15 = 5700 = 300 × 19.

Telle est probablement une des raisons d'être (il en est une autre encore, voir § 745) de ce retrait de « 15 ans environ » avant Alexandre, spécifié par Manéthon, et au moyen duquel il ramène l'attention sur les 300 de la Vieille Chronique. Mais ceci n'est d'ailleurs dans le sujet qu'une remarque préalable.

744. Arrivons au nombre 3555 lui-même, assigné par Manéthon comme se rapportant au temps total des dynasties. Si l'on se rappelle que la Vieille Chronique plaçait le centre de ses 300 ans (que vient de rappeler, de la manière qu'on vient de voir, Manéthon, § 743) à 1 ½ période de 1461, soit 2191 ans, de l'ère chrétienne, et repérait aux ³/₅ de cette durée de 300 ans (— 2341 à — 2041), on a 30 du centre — 2191, en — 2161 la date centrale de la construction de la Pyramide, de manière à présenter ainsi cette époque comme caractéristique du commencement de l'histoire d'Égypte (les 15 familles), on ne s'étonnera pas que le nombre 3555 de Manéthon ait à son tour précisément ici le même objet ; c'est à dire que, dans la pensée

p. 62 réelle de Manéthon, ce nombre 3555 ne représente nullement, dans sa réalité physique, la durée propre des dynasties, mais spécifie seulement qu'en en tenant compte dans la durée globale Σ, construite d'abord, ainsi que nous venons de le faire conformément à son système, c'est à dire en retranchant ce

3555 de Σ = 5715ᵃ 8ᵐ,

on trouvera indiquée une date type origine de l'histoire d'Égypte telle que l'avait d'abord fait connaître la Vieille Chronique. Or on a en effet, dans Manéthon :

Durée totale des dynasties Σ5715ᵃ 8ᵐ
Nombre indiqué à retrancher3555
Différence2160ᵃ 8ᵐ = 2161 chronologique

En d'autres termes, et d'après cela, Manéthon aurait donc ici en vue par son nombre 3555 précisément la fondation de la Grande Pyramide ; et nous allons voir tout à l'heure par d'autres traits irrécusables, que la préoccupation des mesures de ce monument, non seulement a exercé une influence, mais a été le facteur déterminant dans toutes les constructions arithmétiques de Manéthon.

745. p. 63 Ce 3555 a d'ailleurs encore un autre sens en rapport avec les 15 ans avant Alexandre jusqu'auxquels, d'autre part, Manéthon invite à les compter, et avec les 36525 ans, total de la Vieille Chronique. Celle-ci termine ses 36525 ans avec le règne de Nectanèbe I, premier roi de la XXXe Dynastie, ce qui à la fois signifie l'époque du document (la Vieille Chronique) et signe un hommage au Roi. En ajoutant les 2 + 18 = 20 ans qui restent dans la XXXe dynastie au-delà de Nectanèbe, les 36525 deviennent 36545. C'est le nombre qui, pour Manéthon, termine, en adoptant le cadre de la Vieille Chronique depuis les origines le bloc canonique des 30 dynasties. Ce nombre réduit par 10 à l'ordre des durées considérées par Manéthon devient 3654,5, c'est à dire, en terme chronologique, 3655 ans (= 10 × (365 + 366)/2).

Considérons maintenant Manéthon épousant les errements de la Vieille Chronique et faisant actuellement pour Ptolémée-Philadelphe ce que cette Vieille Chronique avait fait pour Nectanèbe. Celle-ci terminait avec ses 36525 le règne de Nectanèbe. Manéthon (ou le document manéthonien) terminera avec ses 3655 ans types le règne de Ptolémée-Philadelphe. Or celui-ci finit en − 247. Mais alors les 3555 dont il s'est déjà servi précédemment, considérés comme appartenant à ces actuels 3655 ans se terminent 3655 − 3555 = 100

p. 64 ans plus tôt, c'est à dire en — 247 — 100 = — 347, c'est à dire :

347 — 332 = 15 ans avant Alexandre.

Dès lors dire, comme il le fait, que les 3555 ans dont il a déjà fait mention se terminent 15 ans avant Alexandre, c'est à dire d'une manière dissimulée qui rend l'hommage plus délicat et partant plus expressif, que les 3655 qui caractérisent en les limitant, et en excluant les Perses de la XXXIe Dynastie, l'ensemble canonique des 30 Dynasties de la Vieille Chronique, ont désormais pour ligne de foi l'accomplissement du règne de Philadelphe [21].

Il faut enfin noter à l'égard de ce système intentionnel de nombres, c'est à dire notamment au sujet du nombre particulier 5715a 8m = 5716 (chron.)

p. 65 qui mesure les 31 dynasties de Manéthon et qui se termine à Alexandre, — 332, que cela conduit à envisager avant l'Ère chrétienne une durée historique

332 + 5716 = 6048.

Si maintenant, et se souvenant aussi des 12 Dieux de la Vieille Chronique (§ 726), on recourt à la désignation des temps antédiluviens par le nombre biblique 24 des Anciens (Leçons Tom. I, § 172, Tabl. XIII), ou encore, en connexion arithmétique avec 24, aux deux 144 = 6 × 24 de Apoc. VII et XIV (Leçons, § 169, Tabl. XII), on trouve par l'addition successive de ces deux 144 (qui font 12 × 24) :

6048 + 144 = 6192 = 12 × 516
6048 + 144 + 144 = 12 × 528  [valeur du Jour de Création ; Mathématique, § 125].

Il est difficile, en présence de pareils exacts résultats, de penser que le nombre très particulier 5715ᵃ 8ᵐ = 5716 (chron.) des 31 Dynasties de Manéthon n'est pas intentionnel.

§ 746-748 — La partie fabuleuse et la Grande Pyramide

746. Après cette étude de la partie historique proprement dite, examinons maintenant la partie dite fabuleuse de l'ouvrage de Manéthon, savoir celle qui précède ses dynasties.

p. 66 Comme on le voit par le tableau (Tabl. LXV) que nous en avons dressé, cette partie embrasse une durée totale de 24925 ans. En ajoutant à celle-ci 3555 de Manéthon qu'il donne pour mesure de ses temps historiques, on trouve une somme égale à

24925 + 3555 = 28480 ans,

c'est à dire à 19 ½ périodes sothiaques. On a en effet

28480 / 19½ = 1460,5  (1460,5.1)

(ce qui reproduit la moyenne entre les deux valeurs 1460 et 1461 qu'on peut, suivant l'unité d'année, 365 ou 365 ¼, attribuer pour mesure à la période, et ce qui, chronologiquement, fait compter la durée 1461).

Ces 19 ½ se composent évidemment de l'espace de 1 ½ période (2191) de la Vieille Chronique, lequel mesure, comme on l'a vu plus haut, pour elle (et pour Manéthon après elle), les temps historiques ; et de 18 périodes, ajoutées par Manéthon pour mesurer les temps antérieurs. Ces 18 périodes valent 72 = 2 × 36 années de (365 + 365,25)/2 = 365,125 jours (les deux années 365 et 365,25

p. 67 étant les deux années égyptiennes). On a en effet rigoureusement

28480 — 2191 = 26289  et  365,125 × 72 = 26289.

747. Examinons enfin le détail des nombres de cette partie fabuleuse. Nous allons les voir construits encore toujours sous l'influence des errements de la Vieille Chronique, mais, et en outre, ce qui est ici une vérification de portée transcendante, sous celle des mesures immédiates de la Grande Pyramide, dont les nombres avaient apparu déjà plus haut dans la Vieille Chronique et dans Manéthon lui-même.

Le fait le plus frappant de cet ordre est ici apporté par le dernier des nombres du document que nous analysons (Tabl. LXV), c'est à dire celui qui précédant immédiatement les temps historiques doit se rapporter au Déluge, — lequel est ici suffisamment indiqué comme catastrophe par la mention des Manes qui accompagne ce nombre. Ce nombre 5813 n'est autre chose en effet que le rayon d'un cercle dont la circonférence mesure 100 fois l'année tropique. On a effectivement

2π × 5813 = 100 × 365,242.

p. 68 Mais c'est aussi, — et rien ne saurait être plus frappant pour indiquer à la fois la connexion du système de Manéthon avec la Pyramide, et l'époque même du Déluge, — la hauteur de la Grande Pyramide ; Pyramide dont l'échelle chronologique commence en outre effectivement à l'époque du Déluge de la Bible.

Donner ici la hauteur de la Pyramide, c'est planter un jalon et un signal, pour marquer, dans la suite des temps, la place du Déluge.

748. Examinons les autres nombres du tableau. Il contient trois nombres principaux, [1] [2] [3], dont le troisième [3] 5813 vient de nous donner, par la hauteur de la Pyramide, d'après une propriété fondamentale de sa construction, le périmètre et par suite le côté de sa base, périmètre égal en pouces pyramidaux à la circonférence dont cette hauteur est le rayon.

Le premier nombre [1] 13900, — [nombre qui en lui-même est symbolique de la Trinité, puisqu'il reproduit les trois progressions 1, 3¹, 3², ..] —, par un procédé analogue à celui de la Vieille Chronique, qui inscrivait en tête de son tableau le nombre symbolique 321 pour accomplir le cycle de 36525 qui forme son total général, va, par le nombre analogique correspondant 987 (on sait que la chronologie de la Bible et de la Pyra-

p. 69 mide est réglée sur la suite des nombres naturels 1 2… 9) [22], faire connaître la diagonale de la base, et, par la somme des deux diagonales, le cycle de la précession des Équinoxes, comme la base elle-même venait de faire connaître l'année tropique. On a en effet

13900 — 987 = 12913,

valeur exacte de la diagonale de la base de la Pyramide, qui donne ainsi pour la durée du cycle de précession 25826 ans (voir Mathématique, Append. I, Tabl. LIII).

Enfin, encadré entre les données fondamentales externes qu'on vient de retrouver, le deuxième nombre [2] 5212 et ses composants α′ β′ γ′ δ′ constituent un résumé du système des périodes quinquaséculaires historiques mises en œuvre par la Bible et la Pyramide. Tout d'abord la somme 5212 n'est autre chose que 10 fois la valeur moyenne de ces périodes. En effet, comme le montre

p. 70 la chronologie de la Bible (et explicitement la Pyramide par les trois cercles de l'Antichambre), ces périodes forment deux systèmes triples qui sont

528528
520520,165
516515,165
moy. 521,33moy. 521,11

et qui se résument donc dans la période moyenne

(521,3 + 521,1)/2 = 521,2.

On a donc bien : 10 fois la période moyenne = 5212. Et ce qui ne laisse pas douter que telle soit bien l'intention de ce nombre, c'est que ses quatre composants α′ β′ γ′ δ′ sont ensuite choisis de manière à reproduire le détail des différentes périodes, les deux extérieurs 1255 et 350 faisant connaître (au moyen de leur somme) 3 fois la période maximum 528, et les deux intérieurs 1817 et 1790 (au moyen de leur somme) 7 fois la période minimum 515,165 (ou 515,2). Pour le faire voir, on remarquera d'abord que chacun de ces nombres est en lui-même un nombre symbolique. On a en effet les faits suivants :

Le premier nombre α′, 1255 est, au moyen du nombre symbolique 1234 [de l'espèce des nombres

p. 71 321 et 987 déjà reconnus, et le nombre 4 étant ici caractéristique des quatre côtés de la Pyramide, dont le périmètre de base (dans le Pavement) est égal à 70 fois une période quinquaséculaire], égal à

α′, 1255 = 1234 + 3 × 7.

Le deuxième nombre β′, 1817 = 4 × 400 + 217 reproduit les 217 de la Vieille Chronique propres aussi aux rois demi-dieux ; et pour la même raison qui a été donnée lors de l'examen de ce premier document, il doit donc s'écrire

β′, 1817 = 4 × 400 + 6 × 6 × 6 + 1.

Le troisième nombre γ′, 1790 est égal à

γ′, 1790 = 500 + 2 ½ × 516

(les 2 ½ × 516 n'étant autre chose que les 1290 ans de Daniel).

Enfin le quatrième nombre δ′, 350 s'écrit, en rapprochant sa décomposition de celle du deuxième :

δ′, 350 = 7 × 7 × 7 + 7.

p. 72 Cela posé on a bien :

par α′ et δ′,

[α′ + δ′] = 1234 + 350 = 1584 = 3 × 528 ;

par β′ et γ′,

[β′ + γ′] = 1816 + 1790 = 3606 = 7 × 515,143
ou  [β′ + γ′] = 1817 + 1790 = 3607 = 7 × 515,286  (moy. 515,2.14)

Les limites 515,143 (ou 515,1) et 515,286 (ou 515,3) comprennent bien le nombre théorique 515,165 (ou 515,2) et donnent en outre bien, par ce procédé de leur moyenne, sa décimale exacte en partant cependant de nombres entiers complets.

749. Enfin si l'arrangement voulu de tous ces nombres ne semble pas pouvoir être mis en doute en ce qui concerne la reproduction des données de la Pyramide, il ne peut pas, et à titre égal, l'être non plus en ce qui concerne la chronologie de ce Monument et celle même de la Bible.

Nous avions déjà vu la Vieille Chronique reproduire par ses nombres les dates bibliques fonda-

p. 73 mentales de l'Exode, du Déluge, de la Création de l'homme. Manéthon a procédé de la même manière. On a vu comment, au moyen de ses 3555 ans et de la somme totale de sa liste, il fait connaître la date — 2161 de la Vieille Chronique, centre de fondation de la Pyramide, et année de la descente d'Abraham en Égypte. Or si l'on ajoute d'un côté à ces 2161 les 15 ans de Manéthon qui manquent aux 3555 pour atteindre Alexandre, de l'autre le nombre chronologique δ′ du tableau en contact avec le Déluge, savoir δ′, 350 (le [3]e nombre 5813 est, on l'a vu, un élément linéaire, hauteur de la Pyramide), on trouve

15 + 2161 + 350 = 2161 + 365 = 2526

c'est à dire la naissance

— 2526

d'Arphacsad, premier homme 2 ans après le Déluge, date déjà donnée par la Vieille Chronique et en rapport immédiat, comme on l'a vu, avec l'origine de la Période sothiaque.

Si ensuite on considère, outre ce nombre δ′, 350 qui termine le groupe, le nombre α′, 1255 qui le commence, nombres α′, δ′ qui font connaître, on l'a vu, la période de 528 ans, et qu'on surmonte

p. 74 de leurs deux termes complémentaires (voir § 748)

3 × 7 et 7, c'est à dire de 4 × 7 = 28,

le total [2] 5212 du groupe, on obtient le nombre

5212 + 28 = 5240,

tel qu'en en retranchant une fois le millénaire

1056 = 2 × 528

de la période, on obtient par

— 5240 + 1056 = — 4184

la naissance d'Adam, père du monde antédiluvien, et en retranchant deux fois ce même millénaire,

— 5240 + 2112 = — 3128,

la naissance de Noé, père du monde postdiluvien, — le millénaire 1056 n'étant autre chose que l'intervalle bien connu qui, dans la chronologie biblique, sépare les naissances d'Adam et de Noé.

§ 750-752 — La filiation historique & les synchronismes bibliques

750. Après cette analyse du caractère systéma-

p. 75 tique du document pris en lui-même, et de sa connexion intime avec le système des nombres de la Bible et de la Grande Pyramide [23], un problème d'un autre ordre se présente, et qui plus directement peut-être est de nature à intéresser le lecteur, savoir la manière dont, dans l'ordre historique proprement dit, c'est à dire en tant que commémoration des événements, le système de Manéthon constitue en soi une chronologie historique.

Nous avons à mettre à cet égard en évidence un fait capital : c'est que, dans l'ensemble des dynasties, les dynasties pleines constituent seules la filiation historique dans le système de Manéthon, et que les dynasties vides, dont l'apport parfait les totaux systématiques que nous avons constatés, représentent sans doute des familles ou dynasties collatérales contemporaines.

Nous allons pour nous en rendre compte suivre

p. 76 cette filiation historique à travers ces dynasties pleines, en prenant pour vérifications des dates historiques autrement connues, ou des références de Manéthon lui-même à certains événements ; et un second résultat non moins capital de notre analyse sera de constater encore une fois que la chronologie de Manéthon est la reproduction de celle du texte hébreu de la Bible.

751. Partons, pour remonter ensuite dans le passé, de la fin des 31 Dynasties, c'est à dire de la conquête d'Alexandre en — 332. Les 197ᵃ 8ᵐ que, d'après Manéthon, comprennent les dynasties XXVII-XXXI conduisent ainsi pour Cambyse à la date

— 332 — 197.8ᵐ = — 529.8ᵐ.

Or — 529 est en effet la première année du règne perse de Cambyse succédant à Cyrus. C'est donc ce point que Manéthon a voulu ici indiquer. Mais il a soin de mentionner dans son commentaire la date — 525 de la conquête de l'Égypte en disant que Cambyse y commença son règne la 5e année de son règne perse. Or cette 5e année est effectivement aussi — 529 + 4 = — 525.

752. a) Remontons encore. Nous trouvons dans

p. 77 le commentaire de Manéthon, dans la XXVIe Dynastie le règne d'Uaphris pendant lequel, après la prise de Jérusalem, des restes de Juifs se réfugièrent en Égypte. D'après Manéthon, cet Uaphris règne, en remontant, de

— 529.8ᵐ — 44.6ᵐ = — 574.2ᵐ  à   — 574.2ᵐ — 19 = — 593.2ᵐ,

époque en effet postérieure à, et très voisine de, la prise de Jérusalem en — 606.

b) Plus haut dans la même dynastie vient l'époque des deux Nechao encadrant le long règne de Psammétique. Le second de ces Nechao est dit par Manéthon avoir pris Jérusalem et mené Joachaz (fils de Josias), roi de Juda, captif en Égypte. C'est, explicitement pour la seconde partie de cette mention, le fait rapporté en II Rois XXIII, 29-34. D'après Manéthon, on a toujours par l'addition des règnes, en regard desquels nous avons mis les dates de la Bible :

Roi (Manéthon)IntervalleBible
Second Nechao— 599.2ᵐ à — 605.2Prise de Jérusalem par Nebucadnetzar — 606
Psammétique— 605.2 à — 659.2— 628 Joachaz (3 mois) (II Rois XXIII, 33) ; — 628 Josias
1er Nechao— 659.2 à — 667.2— 659

p. 78 C'est donc bien, en dehors de la discussion des détails, la même époque.

c) Plus haut (XXIIIe Dynastie) Manéthon dit que la première Olympiade a commencé sous le règne de Petubates, 1er roi de cette dynastie. Les nombres de Manéthon donnent, toujours par simple addition :

Petubates : — 775.2ᵐ à — 815.2  … (1re année de la 1re Olympiade — 776).

La dernière année du premier roi de la XXIIIe Dynastie marque l'origine des Olympiades. C'est, dans la Bible, la fin du règne d'Hosias, où commence (— 777) la prophétie chronologique d'Ésaïe (És. VI, 1).

d) Nous arrivons plus haut encore à l'époque des dynasties XXII (Bubastite) et XXI (Tanite) des deux villes du Delta, Bubaste et Tanis. Cette période, comme le fait remarquer M. Fl. Petrie [24], est une des plus embrouillées et inextricables de l'histoire d'Égypte, à raison surtout de la contemporanéité des dynasties et des co-régences. Elle nous intéresse cependant à cause de la mention du Sesonchis de Manéthon, 1er roi de sa XXIIe dynastie. Sesonchis, ou Scheschank, ou Sheshenq des Égyptologues, est le même nom que celui du

p. 79 Sisak de la Bible (I Rois XIV, 25) qui attaqua Jérusalem la 5e année de Roboam, c'est à dire en — 995. Notre liste de Manéthon laisse sans noms les rois 3. 4. 5 et 7. 8. 9 de la XXIIe Dynastie. L'étude des monuments conduit à restituer dans leurs places 3 autres Sheshenq [25] occupant les rangs 5. 7. 9, ce qui en fait figurer 4 dans cette Dynastie XXII, qui en outre commence et se termine donc par ce nom. Ce nom d'ailleurs, d'après l'observation de M. Fl. Petrie est générique [26] et signifie simplement « un homme de Suse » (« ce qui indiquerait pour la source de la dynastie quelque aventurier Babylonien ou Perse »).

Ceci posé pour fixer les idées sur l'état de connaissance actuel de la question, et la XXIIIe Dynastie venant de nous conduire pour son commencement à la date — 815.2ᵐ, on a en remontant, si l'on suit l'ordre des dynasties adopté dans la liste de Manéthon :

Dyn. XXII (Bubaste)— 815.2 + 116= — 931.2
Dyn. XXI (Tanis)— 931.2 + 130= — 1061.2

p. 80 La date biblique — 995 tombe ainsi dans la dynastie Tanite et non dans la dynastie Bubastite, celle des Sheshenq. Si l'on voulait absolument conserver l'ordre de la liste, il faudrait admettre, en se laissant guider par les remarques de M. Petrie, que le Sisak de la Bible désigne, par le nom générique, un roi bubastite antérieur au temps des Sheshenq cités par Manéthon. Une hypothèse beaucoup plus naturelle est simplement que, la classification par dynasties de Manéthon étant artificielle et ne se retrouvant pas sur les monuments, l'ordre de l'énoncé des deux dynasties, qui concernent deux centres différents du Delta, n'a pas une valeur historique absolue. Or si l'on renverse cet ordre, on obtient la disposition suivante :

Dyn. XXI (Tanis)— 815.2 + 130= — 945.2
Dyn. XXII (Bubaste)— 945.2 + 116= — 1061.2

Le n° 7 de la XXIIe dynastie étant un Sheshenq, cela nous fait alors remonter par les 42 ans de la liste de Manéthon à la date

— 945.2 — 42 = — 987.2.

Le Sheshenq précédent, ou le n° 5, termine son

p. 81 règne en − 1000.2, la dernière année de Salomon étant − 1000. On se trouve donc alors exactement à niveau du temps spécifié − 995 du règne de Roboam.

Notre supposition trouve d'ailleurs une vérification dans un autre passage de la Bible. On vient de voir d'après ce qui précède qu'un Sheshenq ou Sizak termine son règne l'année même de la mort de Salomon. Or on voit (I Rois XI, 40) que Jéroboam pour échapper à la vengeance de Salomon s'enfuit auprès du roi d'Égypte Sizak, et ne revient qu'à la mort de Salomon. La série des Sizak de la Bible est donc, dans notre hypothèse, exactement contemporaine de celle des Sheshenq de Manéthon.

e) Poursuivons notre analyse. Antérieurement à la date − 1061.2ᵐ (indépendante d'ailleurs de l'hypothèse de détail que nous venons de faire au sujet des XXIe et XXIIe dynasties), se présentent les deux grandes dynasties XIX et XVIII du Second Empire Égyptien. Elles conduisent à la date

Dyn. XIX− 1061.2 + 204= − 1265.2
Dyn. XVIII− 1265.2 + 259= − 1524.2

p. 82 La date de l'Exode est − 1516. À remarquer d'ailleurs que l'on a

1516 = 1524 − 8,

différence qui rappelle immédiatement l'écart systématique de 8 ans signifié dans l'arrangement de l'ouvrage de Manéthon, comme nous l'avons vu (§ 741), par le retrait du règne d'Ammenemes, 1er roi de la XIIe Dynastie à la fin de son Livre I, et qui mesure l'excentricité de ses deux périodes sothiaques systématiques par rapport à la valeur moyenne et théorique 1461. Or nous allons surabondamment vérifier qu'en effet cette différence de 8 ans est ici intentionnelle ; et nous commencerons par faire pour l'élucidation de tout l'ensemble du sujet une remarque de la plus grande portée.

f) Dans tout l'ensemble des dynasties, deux, la VIe et la XVIIIe, se distinguent par un caractère singulier : celui de mentionner leur premier roi sans indiquer d'années de règne correspondantes. Les deux rois, ou plutôt les deux noms dont il s'agit sont respectivement : Othoès et Amos. La dynastie intermédiaire XII dont la considération est amenée par la suite des termes

6   12   18,

p. 83 a de son côté un caractère unique, celui du retrait de son premier roi Ammenemes, retrait que nous venions de rappeler.

Examinons d'abord le nom Amos mis ainsi à part, et sans nombre correspondant comme il est fait pour tous les rois, et que nous rencontrons précisément à l'époque de l'Exode ; il confirme singulièrement l'induction, à laquelle avait été déjà conduit le Syncelle [27], que ce nom désigne, tout au moins est en connexion intime avec, Moses, ou Moïse ; et il est remarquable en rapport avec la progression sexagésimale qui caractérise l'ensemble précédent, que l'année − 1524 soit précisément distante de 2 × 36 de la Naissance − 1596 de Moïse (l'année chronologique − 1524.2 ou − 1525, repérant même exactement sa 2 × 36 = 72e année).

g) L'Exode termine les 430 ans de séjour des Israélites [ou des enfants d'Israël (= Jacob)] en Égypte. En ajoutant 430 à 1524.2ᵐ on obtient la date − 1954.2ᵐ. En ajoutant 430 à 1516 on obtient − 1946.

Or ces deux dates sont également remarquables dans la chronologie de la Bible. La seconde est celle de l'arrivée de Jacob en Égypte ; la première, celle à laquelle Joseph âgé de 30 ans (Gen. XLI, 46) se présente à Pharaon.

p. 84 D'autre part la somme des dynasties XV et XII qui, dans notre marche vers le passé suivent la XVIIIe Dynastie commencée en − 1524.2ᵐ, (et où l'on remarquera que XV est le multiple de 3, entre 12 et 18), est égale à

284 + 176 = 460 = 430 [28] + 30 ans,

lesquels conduisent donc pour le commencement de la XIIe Dynastie (Ammenemes) à la date

− 1954.2 − 30 = − 1984.2ᵐ (= − 1985 chronol.),

c'est à dire à la Naissance (− 1985) de Joseph, laquelle coïncide donc avec la première année d'Ammenemes ; et puisque celui-ci règne 16 ans, la première année spécifiée du Livre II de Manéthon (1re année de Sesonchoris) est par conséquent celle où Joseph, âgé de 17 ans (Gen. XXXVII, 2), est vendu par ses frères et arrive en Égypte. Enfin une autre constatation vérificatrice et essentielle pour l'interprétation historique et l'apparentement tout au moins des Hébreux et des Hycsos, c'est que Manéthon place précisément dans ce même intervalle entre les Dynasties XII et XVIII, par les dynasties XV, et XVI, XVII (vides), les p. 85

trois dynasties des Pasteurs (venus de Phénicie). Les 430 ans de la Bible se superposent donc à la domination des Hycsos.

h) Il suit de là que des trois dynasties signifiées 6, 12, 18, les deux dernières 12 et 18 le sont de manière à désigner dans la suite de l'histoire d'Égypte de Manéthon soit par les dates, soit par des noms sur lesquels elle attire l'attention (ici Ammenemes, Amos), Joseph et Moïse [la différence systématique de 8 ans que nous avions commencé par remarquer, se rapporte, par l'intermédiaire des 430 ans, c'est à dire en − 1954.2 et − 1946, aux deux faits de l'installation de Joseph dans sa charge en Égypte et à l'arrivée de Jacob et de ses autres fils].

Il ne reste donc à examiner que la dynastie suivante VI, caractérisée celle-ci, on l'a dit, par le nom d'Othoès. Aucun nombre n'est explicitement assigné à ce personnage, ce qui précisément constitue la caractéristique de la 6e Dynastie ; et néanmoins cependant le nombre 30 c'est à dire de nouveau un nombre biblique propre à Joseph, savoir son âge de 30 ans lors de son installation comme Gouverneur, lui est assigné implicitement par la différence des lectures 218 et 248 des deux totaux, réel et mentionné, de la Ve Dynastie, [ce qui conduit des égyptologues, nous l'avons signalé en transcrivant la liste de Manéthon, à p. 86 assigner 30 ans de règne à Othoès comme 1er roi de la VIe Dynastie].

Il semble donc bien que le nom Othoès mis ici en évidence par Manéthon ait de nouveau (comme Ammenemes) rapport à Joseph ; et cette première induction se confirme ensuite par d'autres traits significatifs. Un détail en effet qui pourrait être, étant donné tout ce qui précède, singulièrement confirmatif et désignatif de la personne de Joseph, apparemment « tué par ses frères », serait fourni par le commentaire même de Manéthon qui rappelle que cet Othoès qu'il met si bien en évidence, avait été « tué par ses gardes ». Un autre a rapport à la désignation égyptienne officielle d'Othoès ; le titre hiéroglyphique de celui-ci renfermant une Pyramide [29], signifie « constructeur de monuments, de Pyramide », attribution dans notre hypothèse aisément explicable, puisque Joseph, par Isaac et Jacob était l'arrière petit-fils d'Abraham, lequel n'est évidemment autre que le Pasteur Philition d'Hérodote, ce Pasteur qui se trouvait en Égypte lors de la construction de la Grande Pyramide, et dont le souvenir était resté intimement lié chez les Égyptiens à celui de cette construction. Enfin il convient de mentionner comme vérification le nom du Pharaon que le p. 87 consentement unanime des historiens [voir le Syncelle, au sujet de la Dyn. 17 (Eusèbe)] a attribué au Pharaon de Joseph et des enfants d'Israël, et qui n'est autre, Apophis, Apappus, etc., que celui du Phiops dont le long règne occupe le centre de la VIe Dynastie (celle qui porte en tête le nom d'Othoès).

Dans cette manière de voir, Othoès (Joseph) se trouverait donc au même niveau chronologique qu'Ammenemes, c'est à dire que la VIe et la XIIe dynasties, contemporaines, et de durées de règne analogues, 168 et 176, commenceraient vers la même époque (celle de Joseph). Or de cela un trait de vérification précis et vraiment frappant se présente ; savoir que la différence des deux nombres contemporains 176, 168 reproduit exactement le terme systématique de 8 ans,

168 = 176 − 8,

que nous avons rencontré plus haut au sujet d'Ammenemes ; ce qui signifie qu'après avoir procédé comme nous l'avons fait, par l'addition, en remontant, des nombres afférents aux dynasties, y compris Dyn. XII, nous sommes invités maintenant, par la comparution contemporaine de VI et XII à faire rétrograder de 8 ans le bloc de la computation (celle qui nous avait conduits à la p. 88 Naissance de Joseph, contemporaine du commencement d'Ammenemes). Or, dans ce bloc, l'Exode (commencement de Dyn. XVIII) marquait − 1524. Donc par le retrait dont il s'agit, et dont l'objet, ici, est de nous faire connaître la date exacte de l'Exode, fin des 430 ans de la Bible, le repère précédent (− 1524, commencement de Dyn. XVIII) devient effectivement la date biblique exacte − 1516, (laquelle, on le sait, est donnée également avec précision par la Pyramide) :

− 1524 + 8 = − 1516.

i) Résumons-nous. Si la disposition du règne d'Ammenemes (XIIe Dyn.) signale les premières dates bibliques remarquables de la Naissance de Joseph et des 17 ans de Joseph à son arrivée en Égypte, les 30 ans d'Othoès (VIe Dyn.) y signalent la seconde date biblique des 30 ans de son installation comme Gouverneur, le tout confirmant la mesure des 430 ans du séjour des enfants d'Israël en Égypte ; et quant à la question, liée à ceci, de la contemporanéité des dynasties de Manéthon qui en résulte, sa solution ne souffre pas de difficulté et est évidente, par le seul fait de la considération que les trois dynasties XII, VI, V, Thébaine, Memphite et Éléphantine, jalonnent par leurs désignations géographiques la vallée entière p. 89 du Nil, et les montrent occupant ainsi simultanément toute l'étendue de l'Égypte, — la puissance de Thèbes et d'Éléphantine, qui doit se fondre et devenir universelle dans le second Empire égyptien, ayant pour foyer la haute Égypte, et le Delta étant déjà et encore occupé par les Pasteurs auxquels appartient le Pharaon de Joseph et des enfants d'Israël.

j) Après avoir vu signaler par Manéthon d'une manière aussi nette les deux conducteurs d'Israël, Joseph et Moïse, qui, placés aux limites du séjour d'Israël en Égypte, caractérisent son contact, comme peuple, avec les Égyptiens, on ne doit plus s'étonner de lui voir adopter, ainsi qu'on l'a vu, pour date fondamentale de son système (§ 744), celle, − 2161, donnée par la Bible pour la descente d'Abraham en Égypte (et qui est aussi le centre de construction de la Pyramide). Mais l'épreuve, et la preuve, cruciale de notre solution de la question, va être maintenant, en arrivant à la IVe Dynastie (celle des Suphis ou Kheops), que la chronologie de Manéthon reproduise les dates déjà antérieurement connues et déterminées de l'époque de la Pyramide.

Nous venons d'arriver dans notre revue historique, en remontant le cours du temps, au commencement

− 1984.2ᵐ p. 90

de la XIIe Dynastie. Les dynasties VI et V qui suivent étant, d'après ce qui précède (voir plus haut, h), contemporaines de celle-là, c'est la IVe Dynastie qui maintenant se présente. Sa durée 284 ans conduit pour son commencement, en continuant notre addition des nombres du document, à la date

− 1984.2ᵐ − 284 = − 2268.2ᵐ.

D'après l'Africain, le Suphis de la Grande Pyramide est le deuxième roi de la Dynastie ; d'après le Manéthon d'Eusèbe, c'est le troisième. Par l'addition des nombres de la liste, on trouve :

3. Suphis− 2110(Abraham − 2161) [− 2174 = fondation de la Pyramide d'après les mesures de Fl. P. pp. 55, 63.]
− 2176[− 2170 (P. Smyth)].
2. Suphis− 2259.

Ce résultat est très remarquable ; il signifie en effet que la chronologie de Manéthon vérifie l'époque attribuée à la construction de la Pyramide : 1° par les mesures de sa propre échelle chronologique ; 2° par le calcul du passage de la Polaire α Draconis ; 3° par l'identification d'Abraham et du Philition d'Hérodote. Il est d'ailleurs en plein p. 91 accord avec les limites classiques de l'histoire d'Égypte admises, antérieurement à l'Égyptologie moderne, et que traduisent d'une manière si mémorable les « quarante siècles » de Bonaparte (1800 − 4000 = − 2200) [30]. Les nombres relatifs à la IVe Dynastie sont d'ailleurs systématiques. On a en effet pour la durée des deux Suphis

63 + 66 = 2239 − 2110 = 129 = ¼ × 516

[et depuis le commencement de leurs règnes (− 2239) jusqu'à la fin de la Dynastie (− 1984) :

2239 − 1984 = (500 + 520)/4].

k) Revenons maintenant à la date − 2268.2ᵐ assignée par l'addition des règnes à l'origine de la IVe Dynastie. On va voir que cette date est également systématique et liée par des traits de l'ordre le plus général au système de Manéthon. Elle n'est autre chose en effet que la fin de la période historique de 516 ans que nous avons vu p. 92 (§ 729) avoir pour origine celle de la période sothiaque de 1461 ans et pour centre le Déluge, repéré ici par la Naissance d'Arphacsad. On a en effet

− 2268 − 516 = − 2784  (et Origine de la Période sothiaque − 2784 ;
Naissance d'Arphacsad − 2526)
2526 − 2268 = 258 = 516/2 ;  2784 − 2526 = 258 = 516/2.

Rien ne saurait être plus éloquent que ces nombres pour signaler la date − 2268 commencement de la IVe Dynastie comme date fondamentale d'origine de toute l'histoire d'Égypte. Cette date marque effectivement l'époque de Constitution de la période historique correspondante de la loi de Brück. La date de constitution donnée par la période de 515,165 (Mathématique, § 51, Tabl. XVIII) est − 2291,290 en partant du centre de gravité + 1870,03 du Grand Degré de la Pyramide. Le nombre de Manéthon correspond, à 8 périodes de 516 ans de distance, au milieu entre les deux points fondamentaux du Grand Degré : Angle = 1850 et Centre de Gravité = 1870, ou au centre de son premier tiers, 1860. On a en effet

(1850 + 1870)/2 = 1860 ; 1860 − 8 × 516 = 1860 − 4128 = − 2268. p. 93

l) Il reste à considérer les trois premières dynasties de Manéthon. On peut prévoir d'après tout ce qui précède que leurs nombres sont systématiques, et c'est ce qu'on va en effet reconnaître. On a

Dyn. IIIDurée 214 ans
Dyn. II302
Dyn. I263
Somme779 ans

D'où :

Durée moyenne d'une des trois dynasties = 779/3 = 259,66… = 259ᵃ 8ᵐ = 260 ans chronol. = 520/2 ;

et cette durée ajoutée à l'origine de la IVe Dynastie, donne

− 2268.2ᵐ − 259.8ᵐ = − 2527ᵃ10ᵐ = − 2528 chronol.,

c'est à dire la date biblique

− 2528

du Déluge.

Il est inutile de commenter la puissance d'un pareil résultat, couronnement victorieux de toute notre thèse, et capital, puisque Manéthon devient p. 94 un témoin pour la Chronologie de la Bible elle-même : toute la Chronologie de Manéthon a pour ère le Déluge du texte hébreu de la Bible. Il a indiqué par les nombres systématiques de ses trois premières dynasties, qui sont dans son point de vue contemporaines, le temps écoulé depuis le Déluge jusqu'à l'époque de Constitution du 1er Empire égyptien [31].

D'ailleurs le fait fondamental origine de la Dispersion des Nations (Tour de Babel), fixé par la Bible en − 2428, n'est pas moins indiqué, et par le même procédé. De même qu'on avait (III + II + I)/3 = 259.8 = 260 (chron.) = 520/2 et − 2268 − 260 = − 2528 (Déluge) ; on a (ce qui donnera une date plus rapprochée de − 2268),

(III + I)/3 = 477/3 = 159

et

− 2268.2ᵐ − 159 = − 2427.2ᵐ = − 2428 (chron.),

c'est à dire la date biblique

− 2428

de la Dispersion des Peuples.

p. 95 Et enfin, si le terme complémentaire 520/2 qui conduisait au Déluge, faisait connaître la période historique quinquaséculaire 520, les nombres propres à la 1re Dynastie, celle qui, avec Ménes, 1er Roi, commence toute l'Histoire des Peuples postdiluviens, font connaître la période quinquaséculaire fondamentale 516 de Daniel et de Brück, ou la Loi de l'Histoire. Ces nombres en effet sont (voy. le Tabl. LXVI) : 263 et 253. Et on a :

263 + 253 = 516.

§ 753-757 — La Liste des Rois d'Eratosthène & conclusion

753. La Liste des Rois d'Eratosthène. Il nous reste à citer une dernière preuve, irrécusable, par son caractère de témoin indépendant, de la justesse de notre interprétation des trois premières dynasties, c'est à dire du caractère de terme complémentaire systématique que nous venons de leur attribuer dans le système de Manéthon. Cette preuve est apportée par la liste des Rois d'Eratosthène.

On possède le commencement de cette liste qui avait été fournie à Eratosthène par les prêtres de Thèbes. Comme celle de Manéthon, elle commence par Ménès, et il est connu que sa chronologie donne des durées moindres que celle de Manéthon. Or en présence de cela nous nous sommes demandé si la différence des deux docu- p. 96 ments, c'est à dire la différence des durées qu'ils attribuent à la suite des 6 premières dynasties de Manéthon (mesurées chez lui, comme on l'a vu § 741, par une période sothiaque), ne serait pas précisément cette somme des trois premières dynasties que nous venons de trouver former un terme complémentaire (conduisant au Déluge). Voici le résultat de cette épreuve.

On a pour la liste d'Eratosthène telle que nous l'a fait connaître le Syncelle (p. 91, Thebæorum reges), et pour le tableau numérique des règnes, les documents suivants :

Tableau LXIX — Liste des Rois d'Eratosthène (texte latin)

Planches originales — Tableau LXIX (Le Syncelle p. 91, pages 96-99)

Le texte latin de la liste (38 rois thébains, d'Apollodore d'après Eratosthène) est reproduit ci-dessus en planches. Sa transcription numérique suit (Tableau LXX).

Tableau LXX — Liste des Rois d'Eratosthène (transcription numérique)

p. 100-101

#RoiAns
1Menes62
2Atheus59
3Atheus32
4Diabies19
5Pemphos18
6Tœgar Amachus Momchiri79
7Stœchus6
8Gosormies30
9Mares26
10Anoyphes20
11Sirius18
12Chnubus Gnurus22
13Ranosis15
14Biyris10
15Saophis29
16Sensaophis27
17Moscherus31
18Musthis33
19Pammus35
20Apappus [32]94
21Achescus1
22Nitocris6
23Myrtæus22
24Thyosimares12
25Thinillus8
26Semphrucates18
27Chuter7
28Menris12
29Chomœphta11
30Ancunius60
31Penteathyris16
32Stamenemes23
33Sistosichermes55
34Maris43
35Siphoas5
3614
37Phruron5
38Amuthantæus63

755. On a d'après ce Tableau le résultat suivant.

S₁ = somme des 6 premières dynasties de Manéthon (de Ménès à Nitocris)1449 ans
S₂ = somme des règnes d'Eratosthène (de Ménès à Nitocris)670
Différence S₁ − S₂779 ans
S₃ = somme des règnes des 3 premières dynasties de Manéthon779 ans

On a donc rigoureusement comme on l'avait induit plus haut (§ 753) :

Terme complémentaire S₃ = S₁ − S₂  (= 779).

756. Ce témoignage indépendant met le sceau à notre interprétation. Il démontre que les prêtres égyptiens tiraient leurs données d'un fonds com- p. 102 mun formant un ensemble numérique essentiellement systématique ; et d'après les multiples vérifications que renferme tout le travail que nous venons de présenter au lecteur, ce fonds commun n'est autre que le système des mesures de la Grande Pyramide, ou, ce qui est adéquat, la Chronologie de la Bible des Hébreux.

757. Nous terminerons en dressant dans le Tableau suivant (Tabl. LXXI), d'après les résultats acquis précédents, la chronologie du document de Manéthon et sa correspondance avec la chronologie biblique.

Tableau LXXI — Chronologie de Manéthon & correspondance biblique

DynastiesDate ManéthonÉvénementDate Bible
I II III [(I+II+III)/3 = 259.8]− 2527ᵃ.10ᵐDéluge− 2528
I III [(I+III)/3 = 159]− 2427.2Dispersion (Babel)− 2428
IV− 2268.2Gr. Pyr. Centre de construction ; Abraham en Égypte− 2161
V XII VI− 1984.2Naissance de Joseph− 1985
XV− 1808.2(Hycsos)
XVIII− 1524.2Moïse — Exode− 1516
XIX− 1265.2
p. 103LEÇON XXVI

Tableau LXXI (suite).

Dynasties.

(*) XXII .  .  .  .   — 1061.2    Sisak, 1 Rois xiv, 25   —  995
(*) XXI  .  .  .  .   —  945.2    1 Rois xi, 40, mort      —  999
                                     de Salomon

     XXIII   .  .     —  815.2
     XXIV  .  .  .    —  726.2
     XXV .  .  .  .   —  720.2
     XXVI  .  .  .    —  680.2
     XXVII .  .  .    —  529.8    Cambyse .  .  .  .   —  529
     XXVIII .  .  .   —  405.4
     XXIX  .  .  .    —  399.4
     XXX .  .  .  .   —  379
     XXXI  .  .  .    —  341
     (Alexandre)  .   —  332

(*) Voir § 752, d.

  1. Cette langue unique était l'Hébreu. Voir : Sur les limites géographiques des peuples, Bruxelles (Kiessling) 1924.
  2. {1870 ; 1850} − 4 × 520 = {− 210 ; − 230}
  3. Le lecteur pourra, non sans utilité, prendre connaissance, pour l'ensemble du sujet que nous allons traiter, de notre travail : Sur le système mathématique des Nombres de Manéthon. [Bull. Acad. roy. de Belg. (Classe des sciences) n° 12 (déc.), 1907]. (Lecture faite dans la séance publique de la Classe des Sciences, le 17 déc. 1907).
  4. « La Dynastie XXXI, Perse, postérieure à Nectanebe et jusqu'à Alexandre, n'est probablement pas de Manéthon, et plutôt ajoutée par d'autres ».
  5. Dans le Syncelle, p. 77, la 31e Dynastie est mise à la suite des autres comme terminant le 3e livre de Manéthon, mais on a vu par les passages cités plus haut qu'il signalait d'autre part (voir aussi les Fragmenta) le nombre 30 comme propre à Manéthon.
  6. Elle avait très sérieusement attiré l'attention de Champollion.
  7. Dans l'Égypte ancienne, p. 266, Champollion-Figeac traduit « furent inscrites dans le cycle sothiaque jusqu'à l'année 443 », mais c'est donner au texte une précision qu'il est loin d'avoir réellement.
  8. On lit 130 dans la transcription de Champollion-Figeac ; c'est une erreur matérielle.
  9. De plus 3984 est égal à 12 fois l'intervalle entre la 1re Venue du Christ et le centre de la 70e semaine de Daniel fondée sur la période 528 de la dispensation des 7 Églises et base de la computation des Jours de Création. On a en effet + 2180 − 3½ × 528 = + 332. 332 est, comme on le sait, le centre de la Semaine des 7 Églises. Qu'on ne s'étonne pas de semblables rapprochements, lesquels sont des faits. Toute la suite va confirmer que de tels nombres, historiques et prophétiques, ont été empruntés au système et aux mesures de la Pyramide.
  10. Censorinus, Chronographe du IIIe siècle : de Die natali, c. 21, p. 115 ; Leyde 1743.
  11. Cette origine est astronomiquement remarquable. C'est l'époque à laquelle α Draconis, étoile polaire de la Pyramide (voir Concordance, § 15), se trouvait à son minimum de distance du pôle, et que nous avons calculée antérieurement dans la Mathématique (§ 140, β, X) et trouvée égale à − 2785.
  12. Cette date est remarquable. On a − 2191 − 2 × 70 = − 2331 = − 3 × 777 ; elle est ainsi rattachée à l'ère chrétienne [− 777 est le commencement de la Prophétie et des Olympiades (− 776)]. Les deux dates − 2341 et − 2331 marquent dès lors par un intervalle type de 10 ans [1/30] l'origine des 300 ans de la Vieille Chronique.
  13. [Observons que la valeur précédente du jour de création ainsi retrouvée dans la Vieille Chronique est particulièrement remarquable en ce qu'elle n'existe pas comme mesure linéaire physique immédiate dans la Pyramide ; on éprouverait donc quelque difficulté si l'on voulait ici recourir à l'hypothèse d'une simple transcription de telles mesures prises dans ce monument ; et il doit s'agir sans doute de données traditionnelles tout à fait primitives.]
  14. C'est ainsi, par exemple, que dans son histoire d'Égypte (A History of Egypt, by Fl. Petrie, London 1903 ; voyez le Tome I, From the Earliest Kings tho the XVIth Dynasty) les nombres de M. Fl. Petrie sont simplement ceux de l'Africain.
  15. Comp. Fragmenta, II, p. 566.
  16. Chronologie de l'Égypte (dans le Guide Joanne. Paris, Hachette 1900 ; Égypte T. I) par G. Bénédite, Conservateur-adjt des Antiquités égyptiennes du Louvre, p. 121.
  17. Les Antiquités égyptiennes des Musées royaux du Cinquantenaire à Bruxelles. Guide descriptif par Jean Capart, Chargé de cours à l'Université de Liége, Conservateur-adjoint des Antiquités égyptiennes des Musées royaux de Bruxelles. Novembre 1905. p. 7.
  18. Nous croyons devoir prévenir le lecteur que quelques erreurs matérielles se sont glissées dans la reproduction des nombres du Syncelle donnés par ces tableaux.
  19. Le lecteur en trouvera la meilleure description dans l'ouvrage : The monumental history of Egypt, by W. Osburn, R.S.L. 2 vol. London 1854 ; et dans A History of Egypt, 1903, by Fl. Petrie, déjà citée plus haut.
  20. Voir ci-après, Leçon XXVII, au sujet de la Babylonie-Assyrie.
  21. Autrement encore : 15 ans avant Alexandre, conduisent à − 347. − 347 − 3555 = − 3902 ; et en comptant à partir de là les 3655 de Manéthon (ou 2½ périodes sothiaques de 4 × (365 + 366)/2), on a − 3902 + 3655 = − 247 fin du règne de Philadelphe. [On pourrait même induire de cette idée une détermination plus précise de l'époque du livre de Manéthon. Si par exemple il avait voulu, en faisant usage des périodes sothiaques habituelles 1460, 1461, indiquer cette époque par 2½ périodes sothiaques comptées à partir de l'origine mentionnée − 3902, cela reviendrait à assigner à cette époque les dates − 252 ou − 249,5, soit 3 à 5 ans avant la fin du règne de Philadelphe.]
  22. Une remarque importante à rapprocher de tout ceci, et en connexion avec l'usage que la Bible fait à travers sa chronologie des nombres à répétition 111, 222,… 555,… 777,… 999, est l'emploi par Manéthon du nombre 555 qu'on vient d'observer dans ses 3555 = 3000 + 555 canoniques (§ 745), et que dès l'abord il avait déjà introduit en disant que la somme des deux Dynasties I, II est égale à 555.
  23. Voici des traits de premier ordre à retenir et qui suffiraient. Manéthon fait un usage direct de la Période sothiaque, qui est aussi la Base 1461 de la Pyramide. Il cite explicitement, et en la mettant ostensiblement en évidence dans sa Table chronologique, la hauteur 5813 de la Pyramide. De même fait-il au même lieu pour les périodes historiques quinquaséculaires, lesquelles sont contenues 70 fois dans le périmètre de base de la Pyramide au niveau du Pavement, et dont il donne explicitement la moyenne 521,2. Le nombre 5212 de Manéthon, multiplié par 7, mesure ce périmètre.
  24. A History of Egypt, Vol. III, p. 188 seq. et p. 227 seq.
  25. Fl. Petrie, T. III, p. 227 ; et Bénédite, loc. cit. supra.
  26. Fl. Petrie ibid. pp. 231-232.
  27. Syncelle, p. 69.
  28. On voit que Manéthon se présente ici comme un vérificateur immédiat de la durée biblique de 430 ans de séjour d'Israël en Égypte.
  29. Osburn, Monumental History, T. II, p. 59.
  30. Le nombre de Fl. P. plaçant la fondation de la Pyramide à la séparation des règnes des deux Suphis, permettrait de concilier les extraits de l'Africain et d'Eusèbe relatifs à l'attribution de cette construction soit à l'un, soit à l'autre, des deux Suphis.
  31. On observera que le nombre 3 de ces dynasties évoque en même temps les 3 branches postdiluviennes issues des 3 fils de Noé.
  32. Apappus est le Phiops de Manéthon. Dans Eratosthène il est dit qu'il règne 100 ans moins — une heure — ; dans Manéthon il est parlé de sa « sixième année » à partir de laquelle il régna jusqu'à 100 ans.