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Leçons sur la Parole de Dieu — Tome III, 2ᵉ partie

Volume posthume. Le Discours « La Science de l'Histoire — Existe-t-il un Gouvernement de Dieu ? ». Texte intégral verbatim (139 pages).

Transcription intégrale et verbatim des 139 pages (notice biographique, bibliographie, Vue d'ensemble, Prolégomène, le grand Discours en deux parties §§ I-XXII, Notes I-III — Guizot, Déluge, Sommeil des Morts —, et la page-testament finale), assemblée à partir de 5 relevés page à page. Les versets, l'hébreu/grec et les formules sont reproduits exactement.

Leçons sur la Parole de Dieu — Tome III, Deuxième partie

[Page de titre — scan 00001 / scan 00007]

LEÇONS
SUR
LA PAROLE DE DIEU

par

CHARLES LAGRANGE
Membre de l'Académie Royale des Sciences de Belgique
Professeur émérite de l'Ecole Militaire
Directeur honoraire de l'Observatoire Royal

TOME III
Deuxième partie

BRUXELLES
1948

[page blanche — scan 00002]

[Faux-titre — scan 00003]

LEÇONS
sur
LA PAROLE DE DIEU

[Marque d'imprimeur — scan 00004] : « L'IMPRIMEUR CHERTON — Chauss. de Wavre, 1070 — BRUXELLES ».

[page blanche — scan 00005]

[Frontispice — scan 00006] : portrait en buste, de profil, du Professeur Charles Lagrange (médaillon ovale ; vieil homme à barbe blanche, les bras croisés).

Déclaration de l'auteur

Si ce Discours était publié après ma mort, ma volonté est que (sauf simples retouches éventuelles de rédaction) il soit maintenu dans sa plénière intégrité. Il forme un tout ordonné, dont aucune partie (I à XXII), avec tous ses détails, ne doit être retranchée.

Octobre 1928.

(s.) Ch. LAGRANGE.

Avant-propos

Après un intervalle de vingt ans, nous soumettons aux lecteurs la suite des Leçons sur la Parole de Dieu. Le dernier volume, paru en 1927 (tome II, 1re partie), avait été suivi en 1928 par un extrait de la 2me partie, intitulé Le Temple d'Ezéchiel.

Le Professeur Charles Lagrange, décédé en 1932, nous a laissé ses manuscrits. Nous nous excusons du retard apporté à leur publication : il a fallu réunir ces documents, les classer, puis les coordonner pour faire une suite aux Leçons déjà parues ; enfin la guerre de 1939-1945 a encore retardé l'impression de ces écrits.

Quelques modifications ont dû y être apportées. Ainsi, le livre Le Temple d'Ezéchiel ne paraîtra pas dans ces Leçons : ce serait un double emploi puisque cet ouvrage a été imprimé à part, et ce serait allonger inutilement le présent volume.

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

[Figure : page de titre] LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU, par CHARLES LAGRANGE, Membre de l'Académie Royale des Sciences de Belgique, Professeur émérite de l'École Militaire, Directeur honoraire de l'Observatoire Royal. TOME III, Deuxième partie. — BRUXELLES, 1948.

[Figure : page blanche]

[Figure : faux-titre] LEÇONS sur LA PAROLE DE DIEU

[Figure : page blanche portant, dans le tiers inférieur, la marque (colophon) de l'imprimeur : un médaillon en forme de losange orné d'un feston pointillé, renfermant une vignette stylisée représentant une presse à imprimer (rouleau encreur horizontal et bâti vertical). Sous le médaillon, une paraphe manuscrite illisible se superpose au mot suivant. Légende verbatim, de haut en bas : « L'IMPRIMEUR / CHERTON / Chauss. de Wavre, 1070 / BRUXELLES »]

[Figure : page blanche]

[Figure : Frontispice. Portrait gravé en buste, inscrit dans un médaillon ovale, d'un homme âgé représenté de profil (tourné vers la gauche), au front et au crâne dégarnis, portant une longue barbe blanche fournie couvrant le bas du visage, vêtu d'une veste ou robe sombre, les bras croisés, une main posée contre la poitrine. Aucune légende ni numéro de page imprimés sur le feuillet.]

[Figure : page de titre] LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU, par CHARLES LAGRANGE, Membre de l'Académie Royale des Sciences de Belgique, Professeur émérite de l'Ecole Militaire, Directeur honoraire de l'Observatoire Royal. TOME III, Deuxième partie. BRUXELLES, 1948.

Si ce Discours était publié après ma mort, ma volonté est que (sauf simples retouches éventuelles de rédaction) il soit maintenu dans sa plénière intégrité. Il forme un tout ordonné, dont aucune partie (I à XXII), avec tous ses détails, ne doit être retranchée.

Octobre 1928.

(s.) Ch. LAGRANGE.

Notes biographiques

p. 6

Le Professeur Charles Lagrange est mort le 15 février 1932. Il convient que nous résumions sa longue carrière et que nous rappelions ses nombreux travaux.

Charles Lagrange fut un brillant élève à notre École Militaire, de 1870 à 1874. Il devint sous-lieutenant d'artillerie. Les travaux scientifiques importants qu'il publia dès cette époque appelèrent sur lui l'attention du monde savant. Il donna bientôt sa démission d'officier pour entrer en qualité de commis au Ministère des Travaux Publics. Il fut nommé, en 1878, astronome-adjoint à l'Observatoire, établissement scientifique dont il devint dans la suite le directeur. En 1888, il fut nommé professeur des cours d'astronomie, de géodésie et de calcul des probabilités.

Voici comment s'est exprimé à son sujet, à l'occasion de son décès, le Lieutenant-Général Neefs, commandant l'École Militaire : « Ceux qui ont eu l'honneur d'assister à ses leçons se souviendront comme il savait captiver ses élèves par l'élégante clarté de son exposition, par sa science étendue, et surtout comme il savait leur donner le bel exemple d'un amour enthousiaste des sciences exactes, uni à la préoccupation constante des plus hauts problèmes de l'esprit humain. L'École Militaire gardera le souvenir reconnaissant de la belle intelligence et du noble caractère qu'était

p. 7

Charles Lagrange. L'Observatoire de l'École Militaire portera le nom du regretté disparu. »

Il aimait fraternellement tous ses élèves, et tous ses élèves l'aimaient.

Ses travaux scientifiques sont extrêmement nombreux : mathématiques, physique, mécanique, astronomie. Il a dominé avec une incomparable hauteur de vue tous les sujets qu'il a abordés.

Dans le domaine qu'il a cultivé, de nombreux chercheurs pourront à pleines brassées cueillir la moisson et, à leur tour, la faire fructifier pour leur compte propre.

Toute sa vie fut un témoignage rendu à l'inspiration des Écritures, et les dons qu'il avait reçus, il les employa à la démonstration scientifique de cette inspiration. L'œuvre qu'il laisse constitue un monument important.

Le jour de sa mort, un de ses intimes, le Colonel Hamelryck, était auprès de lui. Pour la première fois notre ami ne s'était pas levé. Dans la matinée ils avaient prié ensemble et, à 13 heures, le 15 février 1932, sans que rien fît prévoir un brusque dénouement, le malade entra sans souffrances dans le repos du Seigneur.

Son père avait été colonel du génie et professeur du cours de fortifications. Sa mère, très distinguée, était une descendante des Laurillard-Fallot, émigrés français en Hollande.

Charles Lagrange fut un très grand savant et un homme de foi, qui pendant plus d'un demi-siècle se livra à des études extrêmement longues à la gloire de Notre-Seigneur. Il y consacra toute sa vie.

p. 8

Voici en quels termes le Général Galet, qui présidait une conférence internationale à Bruxelles (1935) sur l'inspiration de l'Ecriture, parla de l'œuvre de Ch. Lagrange : « ... Il a produit des arguments d'un poids tel qu'ils écrasent les objections. ... Il a rendu intelligibles les parties les plus obscures de la Bible et montré leur haute signification. Il a montré que les écrivains sacrés avaient eu la vision de la même œuvre de salut, s'accomplissant dans le même cadre historique, selon un même plan. »

Le Roi Léopold II, au cours d'une visite à l'Ecole Militaire, lui dit : « Continuez, Monsieur le Professeur, à élever les âmes. »

En 1908 le Prince Albert (de Belgique) lui écrit : « ... paroles ... auxquelles votre haute personnalité me fait attacher un grand prix... ».

En 1923 le Roi Albert lui écrit encore : « Puisse votre santé se maintenir longtemps encore et permettre l'avancement de vos remarquables travaux d'une si haute portée puisqu'ils établissent les certitudes que nous donne l'usage de notre raison et qu'ils tendent à éclairer à la lumière de la parole divine... ».

Puis, en 1925 : « ... vos importants travaux qui jettent une si vive lumière sur les problèmes essentiels de l'humanité ... la supériorité de votre science et le rayonnement d'une foi éclairée... ».

En 1926 : « ... vous pouvez vous imaginer l'intérêt avec lequel j'ai lu... ».

En 1927 : « P. S. — Merci beaucoup pour votre livre avec dédicace. »

Etc., etc.

Bibliographie

Œuvres théologiques du même auteur :

  1. Le Christianisme et la Méthode Expérimentale (1883, 147 pp.) (épuisé).
  2. Sur la Concordance qui existe entre la Loi Historique de Brück, la Chronologie de la Bible et celle de la Grande Pyramide de Chéops (1re édit., 1893, 226 pp. ; 2me édit., 1924, augmentée de sept appendices, 357 pp.).
  3. The Great Pyramid (London, 1894 ; traduction anglaise de la Concordance de 1893, avec appendices) (acheté et détruit par un catholique).
  4. Mathématique de l'Histoire. Lois de Brück. Chronologie géodésique de la Bible (1re édit., 1900, 884 pp.; 2me édit., 1925, augmentée de trois appendices et d'un post-scriptum, 932 pp.).
  5. Sur la Certitude scientifique de la Bible et de son Système prophétique (conférence donnée à l'U. C. J. G., 1909, 31 pp.) (épuisé).
  6. La Bible : un Miracle (1921, 154 pp.) (épuisé).
  7. Leçons sur la Parole de Dieu, précédées d'une Lettre à S.M. Albert, Roi des Belges. Leçons I-XII (1re édit., 1912, 203 + 547 pp., tome I ou 1er volume ; 2me édit., 1922, 202 + 557 pp.).
  8. Leçons sur la Parole de Dieu. Tome II, 1re partie. Leçons XII à XX (1923, 4 + 606 pp., 2me volume).
  9. Leçons sur la Parole de Dieu. Tome II, 2me partie. Leçons XXI à XXV (1923, 972 pp., 3me volume).
p. 10
  1. Leçons sur la Parole de Dieu. Tome III, 1re partie. Leçons XXVI-XXVII (1927, 24 + 405 pp., 4me volume).
  2. Leçons sur la Parole de Dieu. Tome III, 2me partie (1948, sous presse).
  3. Le Temple d'Ezéchiel, suivi d'une note sur le Tabernacle et le Temple de Salomon (1928, 98 pp.).
  4. La Vie Eternelle. Etude de Science externe positive (1924, 71 pp.).
  5. Conférence donnée à Londres, Westminster Hall, au Vme Congrès de la British-Israël World Federation (1924, 23 pp.).
  6. Lettre à Monsieur le Cardinal Mercier (1924, 50 pp.).
  7. Sur les Limites géographiques des Peuples. La Science Politique Rationnelle (1924, 37 pp.).
  8. La Seconde Venue du Seigneur et le Sommeil des Morts. Etude Biblique (1925, 22 p.).
  9. Sur la Genèse d'un système d'idées et sur ses conséquences (1926, 47 pp.).
  10. Les preuves scientifiques de la Vérité du Christianisme et de l'Inspiration littérale et plénière des Saintes Ecritures (1926, 20 pp.).
  11. En collaboration avec M. Raoul VANDENDRIESSCHE, avocat à la Cour d'Appel : La Loi de la Vie des Peuples et la Bible. Ce que la Bible enseigne concernant le Plan historique de la Religion chrétienne et notre destinée après la Mort (1925, 56 pp.).

Etudes similaires :

R.-E. GERARD. — Une Augmentation de la Connaissance humaine réalisée selon le Plan prophétique de la Bible (1922, 283 pp.).

R.-E. GERARD. — Message aux Chercheurs individuels de la Vérité (1922, 31 pp.).

p. 11

Paul GRAEFFE. — La Grande Pyramide d'Egypte (1927, 18 pp.).

A. VINCENT. — Chronologie biblique (11 pp.).

Armand DOTHEY. — Les Lois de la Vie des Peuples (1925, 18 pp.).

Armand DOTHEY. — Les Lois de la Vie Spirituelle de l'Humanité (1947).

Emile LECOMTE. — La Défaite allemande et la Mission de l'Angleterre (1919).

Quelques ouvrages scientifiques du Prof. Ch. LAGRANGE.

Mémoires de l'Académie Royale des Sciences de Belgique :

  1. De l'origine et de l'établissement des Mouvements astronomiques (1877, n° 694, 48 pp.).
  2. De l'origine et de l'établissement des Mouvements astronomiques (1878, n° 695, 70 pp.).
  3. Recherches sur l'influence de la forme des masses dans le cas d'une loi quelconque d'attraction diminuant indéfiniment quand la distance augmente, comme préliminaire de la théorie de la cristallisation (1879, n° 701, 33 pp.).
  4. Exposition critique de la Méthode de Wronski pour la résolution des problèmes de Mécanique céleste (1881, 70 pp.). (Mémoires couronnés.)
  5. Démonstration élémentaire de la Loi suprême de Wronski (1884, n° 716, 8 pp.). (Mémoires couronnés.)
  6. Etude sur le Système des Forces du Monde physique (1889, 728 pp.).
  7. Magnétisme terrestre. La déclinaison d'une boussole, libre et à l'état statique, est-elle indépendante de son moment
p. 12
  1. (suite) magnétique ? Observations de déclinomètres à moments différents (1895. 40 pp.).
  2. Sur la déduction de Principe de la Mécanique rationnelle (1923, 22 pp.).
  3. Remarques sur la Relativité (I) (1923, 51 pp.).
  4. Remarques sur la Relativité (II). Étoiles doubles. Sur une hypothèse concernant la propagation de la lumière proposée dans le travail « Remarques sur la Relativité » (1924, 12 pp.).
  5. Remarques sur la Relativité (III). La Relativité généralisée (non publié).
  6. Sur le principe de la résolution des Équations. Emploi d'un paramètre imaginaire et continuité dans le passage de la réalité à l'imaginarité. Résolution de l'équation algébrique du mme degré (1923, 73 pp.).
  7. Sur le principe de la résolution des Équations (II) (1924, 52 pp.).
  8. Principe général du développement d'une fonction au moyen d'autres fonctions. Démonstration directe de la formule de Taylor (1926, 8 pp.).
  9. Développement des fonctions d'un nombre quelconque de variables indépendantes à l'aide d'autres fonctions de ces mêmes variables (1886). (Mémoires couronnés.)

Quelques articles parus dans les Bulletins de l'Académie Royale de Belgique, Classe des Sciences :

Note contenant la Vérification numérique d'une formule (1888, n° 8).

Note sur une théorie de la variation séculaire du magnétisme terrestre déduite de données expérimentales (1889, n° 3).

Pour la géométrie euclidienne (1899, n° 7, pp. 506 à 521).

Étude du principe de la limite (1901, nos 9 et 10).

(Réclamation de priorité...) Note sur l'infiniment petit absolu (1903, n° 3).

p. 13

Newton et le principe de la limite (1903, n° 7).

La machine à mouvement perpétuel et la question du radium (1903, n° 11).

La question de la tangente (1903, n° 12).

Réponse à une objection d'un de mes confrères concernant l'infiniment petit absolu (1904, pp. 13 à 25).

Sur une démonstration du Postulatum d'Euclide (la Métagéométrie et l'infiniment petit absolu) (1904, pp. 26 à 41).

L'argument du Millionnaire et l'infiniment petit absolu (Réponse à des objections et remarques sur une déclaration de M. Mansion) (1904, n° 2, pp. 102 à 114).

La droite plus courte distance et le carré de l'hypoténuse (Une erreur de méthode dans la géométrie élémentaire; la notion de déduction et sa nécessité) (1904, pp. 458 à 488).

Sur la raison pour laquelle le nombre des dimensions de l'Espace est le nombre 3 (L'Espace est la réalisation des lois de la grandeur abstraite) (1904, pp. 489 à 537).

Note rectificative au sujet d'un travail sur le radium (1904, p. 907).

Résistance des matériaux. L'infiniment petit absolu et le problème de la flexion debout (Un chapitre de science appliquée mis au point par l'infiniment petit fixe) (1904, pp. 907 à 922).

Le principe de la limite conduit, dans des problèmes classiques, aux relations absurdes 1 = 1/2 et 1 = 0 (Ce que serait un traité des probabilités fondé sur le seul principe de la limite) (1904, pp. 923 à 940).

Physique mathématique : sur les équations du champ physique (1896, n° 2, pp. 111 à 136).

Moindres carrés. Démonstration du principe de la moyenne par les probabilités « à posteriori » (juillet 1896).

Calcul des probabilités. Démonstration du théorème de Bernoulli par la formule sommatoire d'Euler (1896, n° 5).

Exposé de principe de la théorie des erreurs fondées sur le

p. 14

théorème « à posteriori » de la moyenne, moyennes récurrentes (juin 1898).

Sur les mouvements continus de circulation d'un fluide par l'action de centres fixes (1899, n° 4).

Notes sur le calcul des probabilités. Théorème de la moyenne. Théorème inverse de celui de Bernoulli (1899, n° 6).

Quelques articles scientifiques parus dans diverses revues :

L'Enseignement mathématique (mai 1902). — Sur l'infiniment petit absolu.

Cinquante ans de Liberté (1880). — Histoire des sciences physiques en Belgique.

Annuaire de l'Observatoire Royal de Bruxelles (1888). — Lois de la circulation électrique diurne et annuelle du Globe.

Idem (t. VII, nouvelle série). — Théorie de mécanisme céleste indépendant de la loi de l'attraction.

Annales de l'Observatoire Royal de Bruxelles (nouvelle série, t. VII). — Solution du problème universel de Wronski et d'un autre problème relatif à l'intégration des équations différentielles.

Ciel & Terre. — Une réflexion au sujet de la conception purement physique de l'Univers (2me série, tome II, 1887).

Ciel & Terre. — Sur quelques données expérimentales concernant la théorie magnétique terrestre (13me & 14me années, n° 3).

Ciel & Terre. — Sur la théorie générale du magnétisme terrestre (1889).

Comptes rendus de la Xme Conférence géodésique internationale. — Sur la corrélation qui existe entre le relief du globe et son système magnétique (Neuchâtel, 1893).

Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris. — Observations de déclinomètres à moments magnétiques différents (1895).

Extrait du tome II, 2me partie, des Leçons sur la Parole de

p. 15

Dieu. — Déduction de principe de la Science de la Grandeur abstraite (1923).

Etc., etc.

Etudes bibliographiques.

R. Brück. — L'Humanité, son développement et sa durée. Etude d'Histoire de politique et de Religioso-philosophie rationnelle (1866, 2 vol., 101 + 1231 pp.).

R. Brück. — Manifeste de Magnétisme du Globe et de l'Humanité (1866, 244 pp.).

R. Brück. — Etude sur la Physique du Globe. Phénomènes atmosphériques (1869, 18 + 150 pp.).

C. Piazzi Smyth. — Life and Work at the Great Pyramid (1867, 3 vol.).

C. Piazzi Smyth. — New Measures of the Great Pyramid by a New Measurer (1884).

C. Piazzi Smyth. — Our Inheritance in the Great Pyramid (5me édit., 1890, 452 pp.).

W.M. Flinders Petrie. — The Pyramids and Temples of Gizeh (1883).

Abbé F. Moigno. — La Grande Pyramide, pharaonique de nom, humanitaire de fait. Ses merveilles, ses mystères et ses enseignements (1875).

Abbé Th. Moreux. — La Science mystérieuse des Pharaons (1923).

Abbé Th. Moreux. — Les Enigmes de la Science (1er vol., 1925).

Dr Fritz Noetling. — Die kosmischen Zahlen der Cheopspyramide (1921).

G. Barbarin. — Le secret de la Grande Pyramide.

L. Borchardt. — Längen und Richtungen der vier Grundkanten der Grossen Pyramide bei Gise.

A. Bost. — Saint Pierre n'a jamais été Pape.

p. 16

P. Caron. — L'Esprit d'adoration et la Communion (dans « La Piété du Réveil », publiée par la Brigade Missionnaire en 1928).

J. Calvin. — Institution de la Religion chrétienne.

Corps. — La théorie de la relativité dépasse les données de l'expérience.

J.H. Cole. — Determination of the Exact Size and Orientation of the Great Pyramid of Giza (1925).

d'Anselme de Puisey. — De l'hébreu comme langue primitive.

D. Davidson. — Talks on the Great Pyramid.

» — The Great Pyramids Prophecy concerning the British Empire and America.

D. Davidson and H. Aldersmith. — The Great Pyramid. Its Divine Message.

Denny. — The case for British-Israël.

de Saussure. — A l'Ecole de Calvin.

Duport. — Critique des Théories einsteiniennes.

Edgar, John. — Où sont les morts ?

Eri. — Irish History.

F.R.A. Glover. — England, the remnant of Juda and the Israel of Ephraïm (2me édit., 1881).

Garnier. — The Great Pyramid. Its Builder ant Its Prophecy (1905).

Gaussen, L. — Theopneustie.

W.H. Guiton. — Le Cri des Pierres (2me édit.).

W.H. Guiton et De Jarnac. — Récentes découvertes archéologiques.

Hine, Edw. — Forty-seven identifications of the British Nation.

Idrisyn, Jones. — Britain's Imperial Destiny.

Jarrold. — Our great Heritage.

Joly, G. — Nouvelle étude physique.

» — Marche des ondes lumineuses.

» — L'inexactitude des bases de la Relativité.

» — Les erreurs philosophiques d'Einstein.

» — La Relativité générale. Théorie des Axes mobiles.

p. 17

Llewellyn, Thomas. — The Restoration of Israël.

Luther. — Traité du Self Arbitre.

C. Malan. — Pourrais-je entrer jamais dans l'Eglise Romaine?...

Marston, Ch. — La Bible a dit vrai.

Neaum. — The Great Pyramid (1928).

Pascoe Goard. — Our Heritage : The Bible.

» — What is British Israël Thruth.

» — The Names of God.

Pritchard. — The Bible and the British Race.

B. Pozzi. — La Terre et le récit biblique.

Roberts. — Druidism in Britain.

Rogers. — The Coronation Stone (1924).

Rodenbach. — La coudée (d'Egypte).

Rutherford. — Où sont les morts ?

C. Schuyten. — Losse Hoofdstukken over de Mathesis der Geschiedkundige wetenschap in verband met den wereldoorlog.

C. Schuyten. — The Mathematics of Historical Science and its connection with the Great War (1919).

M.H. Sulley. — The Temple of Ezekiel's Prophecy (1re édit., 1888; 2me édit., 1892).

Stewart. — The Witness of the Great Pyramid.

» — The Mystery of the Great Pyramid.

Steward. — History of the Great Pyramid.

Sharron Turner. — History of the Anglo-Saxon from the earliest period to the Norman conquest.

Taylor. — The Great Pyramid. Why was it Built and Who Built it (1859).

Spencer Parmer. — The Great Pyramid.

Vulliaud, P. — La Kabbale juive (2 vol.).

Van der Vecht. — De Steenen spreken.

Vyse. — Operation carried on the Great Pyramid of Gizeh in 1837 (1840).

Warnant. — Les théories d'Einstein. Essai de réfutation (1922).

Werner, R. — Le secret de la Pyramide de Chéops (1940).

LAGR. II.A

p. 18

Whitehouse. — David's Imperishable Throne in Britain.

Dick Wilson. — La Haute Critique est-elle scientifique ?

Woddell. — Phoenician Origin of Britons, Scots and Anglo-Saxons.

Bouasse, H. — La question préalable contre la théorie d'Einstein.

Carrels. — La Prière.

La Sainte Bible (versions de : Darby, Osterwald ou Lausanne).

Le Textus Receptus (Elzévir).

Bible hébraïque (Massorétique).

p. 19

PROLEGOMENE

Existe-t-il une Science de l'Histoire ? . . page 33

PREMIERE PARTIE (I—XV)

I. L'Humanité et l'Histoire considérées en tant que fait d'observation pour un observateur physicien placé en dehors du Globe.

On se propose d'examiner, dans ce point de vue, si l'Histoire ne pourrait prendre rang dans l'ordre des connaissances susceptibles de mesure externe . page 38

II. (1) La suite des Sciences de la Mesure, dans leur ordre successif rationnel.

La Science de la Grandeur abstraite, ou la Mathématique. La Science de l'Espace, ou Géométrie. La Mécanique rationnelle. La Physique; son Système de Forces. Chimie; Affinité. Astronomie; les Globes . . page 40

III. Sur un des Globes progressivement formés sous l'action des forces physiques, et dont les mouvements,

(1) Cet article II forme partie essentielle de l'exposé didactique rationnel qui, par sa déduction ordonnée, est la raison d'être même de notre travail; néanmoins, le lecteur peu familiarisé avec les données scientifiques peut, dans une première lecture, passer directement à l'article III.

p. 20

par l'action de ces mêmes forces, se sont établis, se trouve l'Humanité. De ce Globe la surface entière est actuellement connue, et connue la Loi de sa configuration géographique (Loi quadrangulaire du relief de la Terre). Le bloc européen, foyer de la Civilisation, de l'Arménie aux Iles Britanniques, est au centre, et sur l'axe de symétrie, de toute la partie terrestre du Globe.

La conclusion de l'investigation qui précède est tout d'abord que l'étude de l'Humanité et de son développement à la surface de la Terre, ou l'Histoire, occupe une place bien déterminée dans tout l'ensemble des sciences externes. Mais arrivé à ce point, il importe de situer plus précisément et exactement la matière, et c'est ce qu'on fera, conformément à la méthode scientifique, en définissant et classant les causes ou forces qui interviennent ici dans le phénomène qu'on va observer. Ces forces sont deux espèces, savoir :

1° Les forces physiques proprement dites, celles qui régissent le milieu (surface de la Terre) au sein duquel l'Humanité se développe ;

2° En outre, par le fait de l'existence de l'Homme, facteur intégrant, des forces d'une autre nature et non susceptibles de réduction à la forme mathématique, forces que l'Observateur physicien appellera des forces de volonté.

La question est dès lors d'apprécier, en en observant les effets, le rôle et l'influence relatifs que ces deux ordres de causes ou forces occupent et exercent dans

p. 21

le phénomène. Ici se place, par remarque digressive, un parallèle entre l'Historien professionnel, particulièrement et presque uniquement attiré par les forces de volonté ou par l'Homme, et le Physicien, Historien scientifique ; et, dans cette voie de considérations, intervient la mention du fait capital que, au nom de la Science la plus positive, l'Univers n'est nullement « une Horloge », mais bien un système mathématique troublé par des forces d'une autre nature ; c'est-à-dire, en fait, « un Miracle » . . . . . . . . . . page 54

IV. Tout le débat se ramène donc à l'observation externe des effets relatifs des forces de volonté et des forces mathématiques. Si ces derniers se manifestent, ce sera par des Lois d'Espace et de Temps, soit, dans l'espèce, des Lois géométriques, des Lois chronologiques . . . . . . . . . . page 59

V. Documentation scientifique du sujet :

1° Les signes (habitat, modifications du sol, monuments) laissés par les générations passées ;

2° Les signes constitués par les documents écrits, ou livres. La Civilisation. Sa marche marquée par dix Peuples chefs, et un déplacement de l'Est vers l'Ouest. (Concernant la région à l'Orient du Bloc civilisateur, remarques sur les ondulations parallèles des peuples de l'Asie.) . . . . . . . . . . page 60

VI. Examen plus précis du Bloc civilisateur des dix Peuples chefs.

La loi quinquaséculaire (516 ans) de Brück, avec ses cinq Phases propres à chaque période quinquaséculaire . . . . . . . . . . page 63

p. 22

VII. Le facteur religieux. La Civilisation et le Christianisme. La Carte de la Civilisation à la surface du Globe est identique à celle du développement du Christianisme. Examen général de la marche historique du développement externe du Christianisme. Le Pouvoir temporel et religieux de la Papauté. La Réforme ou le Retour aux enseignements authentiques du Christ page 64

VIII. Examen chronologique et historique plus précis du développement externe du Christianisme.

Grands traits et repères de l'Histoire de la Papauté ou du « Huitième Roi » de la Liste des Peuples chefs.

L'Histoire des Anglo-Saxons (représentants de la Réforme ou du Retour à l'Evangile) et leur origine ethnique (Arménie) . . . . . . . . . page 68

IX. Après avoir aperçu les grandes conséquences de l'introduction du Christianisme dans l'Histoire, on va maintenant examiner, dans ses origines, le Christianisme pris en lui-même.

Le Christ, issu du quatrième des Peuples de la Loi historique, ou les Juifs-Phéniciens. Leur Histoire. Leur reconstitution nationale actuelle. Leurs rapports avec les Anglo-Saxons . . . . . . . . . page 71

X. Récapitulation. — L'observateur scientifique vient de classer les grands traits de son objet. Il constate entre eux des liens. Il y pressent même une certaine ordonnance systématique générale. Pour la mieux découvrir et constituer ce qu'on appelle en science une démonstration, il lui faudrait des données et des preu-

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ves indépendantes de toutes les opinions, et, parmi ces données, par excellence des faits mesurables, ceux des Nombres. Or il découvre, et précisément chez ce même quatrième Peuple de la Loi, qui venait d'attirer son attention, l'existence d'un document, la Bible, à la fois Livre d'Histoire et Livre rempli de Nombres de sa première à sa dernière page. Il va donc étudier ce document, tel qu'aujourd'hui il se propose à lui, et voir s'il ne présenterait pas, pris tel quel en lui-même, des caractères externes systématiques — principalement des caractères mathématiques — qui, par-dessus toute la Critique, en établiraient, de fait, l'Autorité.

Examen général de la Bible. Histoire du Monde, de ses origines jusqu'aux derniers temps. La succession des Peuples chefs de la Loi, retrouvée. Un Peuple choisi (Peuple élu) pour être le dépositaire et le gardien des Écritures (Ancien et Nouveau Testaments).

Histoire politique des Israélites sous l'Ancienne Alliance. Les Deux Maisons d'Israël et de Juda. La Descendance israélite des Anglo-Saxons. La continuation de la lignée des Rois de Juda dans celle de la Royauté en Angleterre.

Le Retour des Juifs en Palestine sous l'égide des Anglo-Saxons (la Maison d'Israël) . . . page 75

XI. L'objet suprême de l'Économie historique dans la Bible. Le Messie. La Première Venue. La Seconde Venue. Le Millénium. Entre les deux Venues, un Faux Prophète désigné comme le huitième Peuple de la Loi (Huitième Roi), ou la Papauté. La Grande Babylone

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(Cité de Confusion) des Derniers Temps, formée par la compromission du Peuple élu (British-Israël) avec le Faux Prophète romain . . . . . . . page 79

XII. Le résultat de cette première analyse de la Bible, c'est qu'il existe donc un accord précis entre la vue de l'Économie de l'Histoire enseignée par la Bible, vue qui témoigne, chez ce Livre, d'une connaissance prophétique de l'avenir, et celle qui avait résulté d'abord, pour notre Observateur physicien, de l'observation externe de l'Histoire maintenant écoulée. Et cela assurément est remarquable. Mais, au point de vue critique de l'établissement d'une véritable démonstration de la vérité, cela aussi suscite (en présence des tendances des divers milieux intellectuels du jour) une nouvelle difficulté singulièrement redoutable ; car il nous transporte décidément et forcément dans l'ordre surnaturel ; et, en outre et bien plus, ce surnaturel se trouve lié de la manière la plus concrète à l'existence d'un document écrit, la Bible, qui apparaît ici comme elle-même constituant un véritable Miracle. En d'autres termes, si le débat se précise, son champ tend de plus en plus à s'étrécir, et il devient de plus en plus difficile d'y confiner les adversaires. Mais on va voir que, par un retour admirable, c'est dans cette étroitesse même que réside aussi la vraie et seule possible solution page 81

XIII. Que faudrait-il ici, pour décider ? Rien moins qu'une preuve qui, à la manière d'une force matérielle, convaincrait parce qu'elle vaincrait, c'est-à-dire tout à

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fait indépendante de nous ; soit une preuve scientifique mathématique proprement dite. Or cette preuve existe, et c'est la thèse de toute notre œuvre : La Bible est un Miracle, mais un Miracle MATHÉMATIQUE. La Chronologie littérale de la Bible. La Loi de l'Histoire ; le temps de Daniel, 516, est égal à la période 516 de la Loi de Brück. Toutes les dates, repères et pivots de l'Histoire, reproduites. L'Inspiration est plénière et littérale, et jusqu'à l'égard des mots et des lettres des mots, lesquels construisent mathématiquement le texte page 83

XIV. En outre, deux autres Témoins mathématiques de l'Inspiration plénière de la Bible, savoir :

1° La Grande Pyramide (indiquée par la Bible elle-même ; Esaïe, XIX, 19), monument hébreu et non égyptien ;

2° La Mathématique de l'Histoire.

L'une reproduit tous les nombres de la Bible et trace toute l'Histoire par le diagramme intérieur de ses passages construits dans un plan méridien ; l'autre dessine à la surface de la Terre un diagramme ou réseau géométrique qui a servi de conducteur étroit à la réalisation de l'Histoire sur cette surface.

Ce n'est donc plus la structure chronologique seule du Livre ; ce n'est même plus seulement, et par-dessus cela, le Livre de Pierre immuable de la Pyramide ; c'est la Surface même de la Terre géographiquement organisée, qui, témoin mathématique vivant et actuel, scelle par des lois tangibles, et pour tous contrôlables et me-

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surables, l'Autorité scientifique externe des Ecritures page 87

XV. La conclusion définitive à tirer de cette démonstration positive est celle-ci. Si l'on discute, comme on fait en sciences, les hypothèses admissibles possibles, celle de la science purement mécaniste, conforme aux tendances générales actuelles, ne satisfait pas ici aux FAITS ; elle doit donc être rejetée. L'ordre surnaturel seul satisfait. Donc l'ordre surnaturel est le vrai page 90

Conclusion de la Première Partie. — Il est, par ce qui précède, permis de répondre scientifiquement par l'affirmative à la question qui sert de titre à ce Discours : « Existe-t-il un Gouvernement de Dieu ? » ; et en outre, concernant le Christianisme, facteur déterminant et âme de l'Histoire, on a le droit d'affirmer également qu'une science purement externe, par la manière dont elle en enserre la doctrine, constitue la démonstration mathématique de la vérité du Christianisme orthodoxe . . . . . . . . . page 91

DEUXIEME PARTIE (XVI — XXII)

XVI. Des faits nous ont contraints à les suivre et nous ont conduits à Jésus-Christ. Ayant fait leur œuvre, ils nous laissent maintenant seul à seul avec Lui. Ce n'est plus le phénomène collectif de la vie ou de la mort de l'Humanité qui, actuellement, doit nous occuper : c'est le fait de notre propre vie et de notre propre mort, et l'approche d'une destinée ultérieure, dans le

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sentiment redoutable de la responsabilité morale. Quant à la solution des problèmes d'ordre supérieur qui se posent, elle va désormais se trouver dans l'exploration et les enseignements d'une Parole écrite, préalablement (Première Partie) démontrée vraie dans toutes ses parties. Nous commencerons par passer en revue les bienfaits principaux que nous retirons de cette certitude scientifique d'abord établie . . . . page 93

XVII. PREMIER BIENFAIT. — Connaître exactement par la Bible, en même temps que Ses paroles et Ses actes authentiques, la personne et le caractère de Jésus-Christ. La certitude préalable et plénière était, à cet égard, nécessitée pour deux raisons majeures, savoir :

1° Le caractère surnaturel du sujet (la vie du Christ) ;

2° Le fait que, puisqu'il s'agit d'une relation entre le Fini et l'Infini, entre l'Homme et Dieu, — du fait insondable de l'Amour de l'Être Éternel et tout Puissant, volontairement soumis, pour nous, à la souffrance, — toute erreur, en faussant les idées, assume en quelque sorte elle-même, en une pareille matière, un poids infini.

SECOND BIENFAIT. — Il se rattache précisément à ce que vient de spécifier notre dernière réflexion, et nous en présenterons deux exemples :

a) La question de la Sainte Trinité dont, dans la Création, l'Espace construit sur le Nombre TROIS est un Signe et une Écriture. Les faits démontrent mathématiquement l'erreur de la Critique rationaliste moder-

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ne quand elle se croit autorisée à retrancher de l'Ecriture les passages qui, explicitement cependant, affirment cette insondable Vérité ;

b) La question du Faux Prophétisme catholique romain, prétendûment représentant du Christ et, par le Christ, de Dieu même sur la Terre.

Erreurs flagrantes du Catholicisme explicitement et littéralement condamnées par l'Ecriture. Examen particulier de l'argument fondamental de l'établissement de la Papauté, savoir la prétendue parole « Tu es Pierre, et sur cette pierre j'édifierai mon Eglise ». Cette traduction du texte grec est une erreur grammaticale de fait, qui ruine du coup dans son argument séculaire, en en dévoilant l'Imposture, le formidable système à la fois religieux, temporel, politique, auquel jusqu'ici il a servi d'irrésistible levier. Discussion précise de la question. Sens véritable des mémorables paroles du Seigneur. La Résurrection des Rachetés de Christ. Le véritable sens de la « Primauté de Pierre », Apôtre des Juifs, et représentant de Juda dans le Millénium page 94

XVIII. Après avoir envisagé la nécessité d'une certitude littérale absolue des Ecritures en ce qui concerne : d'une part, la Doctrine théologique ; d'une autre, en particulier, le Faux Prophétisme, il nous reste, comme objet suprême, ne regardant plus qu'à Dieu, et seul devant Lui, à connaître, par sa Parole, au-delà de la Mort, les conditions de notre destinée personnelle page 108

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XIX. Le Travail de Dieu. La notion de la souffrance. Le caractère le plus auguste de l'Amour. La pensée « qui n'était jamais montée au cœur de l'Homme » et qui distingue le Christianisme de toutes les autres Religions. La notion du Péché. L'Ordre et le Désordre. La Vie. Le Père. Le Salut des âmes. Nécessité affirmée par la Raison et par la Conscience, d'un Acte réparateur qui ne peut venir que de Dieu. . . page 109

XX. La résistance à l'acceptation de ces données humaines et immédiates de la Conscience, sincèrement interrogée et suivie, provient en majeure partie, dans les milieux actuels, d'un obstacle intellectuel, savoir : celui qui se présente quand il nous faut passer de la pure conception spirituelle qui précède, à la forme concrète qu'a nécessairement revêtue et y prenant un caractère surnaturel, dans l'ordre fini auquel nous appartenons, l'Acte rédempteur. Cet obstacle, il nous suffit pour l'écarter de savoir dans ce cas encore interroger la Raison, et la suivre : ce qu'on appelle l'Ordre surnaturel, dans ce contact entre l'Infini et le Fini, se confond en effet ici avec le simple ordre rationnel (c'est-à-dire qu'on devait ici rationnellement s'attendre à voir se présenter des faits concrets dont la nature et la raison d'être dépassent notre compréhension finie). L'Incarnation. Le Sacrifice. L'Expiation. L'Effusion du sang. La Résurrection. La Destinée des âmes. La Révolte indéfinie. Le Péché irrémissible. La Régénération (Nouvelle Naissance) en Jésus-Christ.

La nature tripartite de l'Homme : Esprit, Ame et

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Corps. La Mort, désagrégation de cette unité complexe. Le Sommeil des Morts. La Résurrection, victoire sur la Mort, et Œuvre suprême de Jésus-Christ page 111

XXI. La Résurrection des Morts comme Evénement historique. Schéma de l'Economie historique spirituelle. Première Venue. Seconde Venue. Résurrection de l'Eglise ou du Corps d'élite (choisi) formé par les Rachetés de Christ. Le Millénium. Après le Millénium, Résurrection générale de tous les hommes, et Jugement Dernier. Le caractère béni du Millénium; Règne de Christ, sur la Terre physique actuelle telle que nous la connaissons, et où, par la Grâce de Dieu, les Rachetés de Christ, ressuscités dans la lumière, retrouveront en Christ, pour le servir tous ensemble, leurs bien-aimés page 115

XXII. Résumé. — Importance vitale des certitudes que la Science positive — et non point les vaines spéculations d'une philosophie humaine — nous apportent ainsi aujourd'hui concernant les problèmes les plus essentiels qui sollicitent, d'accord avec notre Raison, les appels incessants, et malgré nous plus forts que nous, de la Conscience.

Ceci est donc, d'une part, la réponse affirmative à la question, objet de ce Discours, de l'existence effective d'un étroit Gouvernement de Dieu.

C'est en outre, de manière précise et concrète, la démonstration, sous une forme adaptée aux tableaux noirs de nos Ecoles et Universités, de la vérité effective et absolue du Christianisme orthodoxe.

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Il est difficile de mesurer l'influence profonde que la Science, désormais dépositaire d'un pareil fait, pourrait, par lui, en pénétrant le milieu intellectuel, exercer sur la masse sociale tout entière . . page 119

LA SCIENCE DE L'HISTOIRE

Existe-t-il un Gouvernement de Dieu ?

PROLEGOMENE

Existe-t-il une Science de l'Histoire ?

Dans l'opinion commune, issue d'ailleurs de l'œuvre accomplie jusqu'ici par l'ensemble des Historiens, l'Histoire n'est que le Mémorial purement empirique des événements passés ; ce mémorial, elle l'illustre par l'analyse du caractère des hommes que ces événements ont particulièrement mis en évidence. Quant à ce qu'on appelle l'Histoire philosophique, laquelle consiste proprement dans la considération des causes des événements, dans l'examen des mobiles qui ont sollicité leurs animateurs, la vue des Historiens analystes n'a guère dépassé jusqu'ici, dans cet ordre des causalités, le domaine le plus prochain des tendances personnelles des acteurs du drame, ou les conditions immédiates imposées par leurs milieux. Si, à côté de cela — et sans parler des tendances personnelles des historiens eux-mêmes, — on tient en outre compte du doute jeté par la Critique moderne sur la certitude matérielle des

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faits, on comprend que l'opinion commune dont on parlait glisse de plus en plus aujourd'hui vers un scepticisme extrémiste pratique, et épouse, sans plus, le sentiment aussi dédaigneux qu'en réalité non fondé, de l'un de ses conducteurs qualifiés (Renan), — à savoir que : « l'Histoire n'est qu'une petite science conjecturale ».

Il est vrai que, de nos temps, la Sociologie, née du courant scientifique moderne qui tend à ramener toute la Science à la connaissance de ce qui est susceptible de mesure externe, a, dans ce dernier point de vue, entrepris, sur un nouveau plan, l'étude du phénomène social ; mais ses essais se sont réduits à la compulsion de données statistiques concernant des domaines collectifs locaux et restreints ; et s'il est vrai encore et cependant qu'étendant plus loin cet horizon Quételet, dans sa Physique sociale, a côtoyé une vue synthétique plus générale, et, dans un court passage, émis (d'ailleurs assez timidement) l'opinion que la Vie d'aucun Peuple n'a beaucoup dépassé un millier d'années (1), néanmoins ni ici ni là ne se trouve nettement abordée, et de front, la grande question qui nous préoccupe tous, savoir si, prise dans son entièreté, l'Humanité elle-même, c'est-à-dire l'Histoire, obéit dans son développement à des lois numériquement mesurables.

Ayant — dans des recherches qui comptent maintenant plus d'un demi-siècle et qui sont publiquement,

(1) Nous reviendrons autre part sur la question de priorité de cette idée, en la confrontant, chez Quételet, avec les vues contemporaines si nettes et si précises de Brück.

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sous forme imprimée, à la portée de tout le monde, — tenté la solution de ce problème, nous sommes arrivé à démontrer par des preuves externes proprement scientifiques, c'est-à-dire indépendantes de toutes les opinions, que l'Histoire obéit en effet à des lois mathématiques externes déterminées. De ces lois, une des conséquences les plus essentielles, est, par le cadre étroit où elles assignent leur place à l'action des facteurs historiques politiques et religieux, d'en définir le caractère et la véritable mission ; et, avec une autorité sans appel, puisqu'elles sont indépendantes de nous et au-dessus de nous, d'en sanctionner dès lors ou d'en réprouver les prétentions et la légitimité. Ayant affaire, en somme, à un théorème d'Algèbre et de Géométrie, et pour préciser notre vue, nous préviendrons d'ailleurs dès maintenant que, dans ce Plan de l'Histoire, ainsi construit en dehors de nous, le Christianisme, qui, en tout état de cause, est le facteur proprement dit, créateur de la Civilisation, se découvre être en effet l'élément déterminant et axial ; que le Christ est véritablement le centre unique de l'Histoire et du Monde ; et enfin que les éléments du système mathématique où Lui-même ainsi apparaît, se présentent tellement ordonnés entre eux, que leur ensemble, pris comme fait, est inexplicable dès qu'on prétend n'y faire intervenir que des facteurs purement humains.

Si ce système ordonné constitue ainsi la preuve scientifique de l'existence effective d'un Gouvernement de Dieu sur la Terre et de notre dépendance étroite, tant individuelle que collective, de ce Gouvernement, il est facile de comprendre, en prolongeant encore le

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sujet, que dans cette voie, c'est-à-dire appuyée sur le roc solide d'une connaissance positive, la solution des questions mêmes les plus hautes de notre destinée spirituelle, les problèmes de nos intérêts moraux les plus vitaux, pour tout dire ceux de la Vie et de la Mort, et de ce que le monde appelle l'Au-Delà, se trouvent également du même coup engagés et résolus ; et cet immense résultat, redisons-le, ne repose nullement sur d'incertaines inductions psychologiques ; mais bien sur ce qu'ayant scientifiquement d'abord établi que le Christ est la Personne même de Dieu et Sa Parole, et que la Bible, plénièrement inspirée jusqu'en ses moindres détails, est, dans toute la force de ce terme, un Miracle et vraiment la Parole de Dieu, ces solutions cherchées nous sont ensuite données, avec une certitude scientifique égale à celle des moyens qui nous ont amenés jusque là, par cette Parole écrite elle-même.

On nous concédera qu'au cours de la longue expérience qu'a constituée pour nous notre investigation, nous avons eu l'occasion d'éprouver les esprits, de mesurer les obstacles que rencontre dans le milieu où nous vivons, l'acceptation d'une telle Vérité. Nous avons néanmoins eu l'immense bonheur de voir des hommes, et non des moindres ni par le niveau intellectuel ni par le rang social, amenés ainsi à la Foi chrétienne orthodoxe et consciente ; à cette Foi, dont l'emprise du faux système papal catholique romain qui sévit dans notre pays, en leur faisant mépriser le Christianisme qu'ils ignorent, leur eût toujours, en dehors de cette voie de démonstration positive, interdit l'accès.

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Ainsi déjà encouragé, notre effort actuel a pour but de faire mieux connaître dans le milieu conducteur intellectuel, cet ensemble dominateur de faits maintenant acquis et pleinement démontrés.

Le point de vue nouveau auquel ils conduisent heurte néanmoins dans presque tous les sens tant de préjugés ou d'idées courantes ayant pris force de loi (1), que le premier stade utile et même nécessaire de notre exposé, va consister à montrer clairement que le sujet n'est nullement, dans l'ordre de la recherche, un hors-d'œuvre, une excroissance, une bizarrerie ; qu'il se présente au contraire, et bien à son heure, dans le développement historique de l'investigation scientifiquement ordonnée, comme y ayant sa place d'avance déterminée ; en d'autres termes, comme faisant partie de l'ordre rationnel de nos connaissances les plus positives.

(1) Qu'il nous soit permis, à titre d'enseignement de ce que peut être, dans les milieux dits scientifiques, l'indépendance prétendue des esprits dans la constatation des faits, de mentionner le propos, après lecture attentive de nos ouvrages, d'un de nos très regrettés confrères à l'Académie, esprit éminent à tous autres égards, mais dont le siège était fait d'avance en ce qui concerne toute acceptation de la vérité religieuse : « C'est exact ; mais c'est trop extraordinaire pour être vrai. »

PREMIERE PARTIE (I-XV)

I. Il s'agit de l'Histoire de l'Humanité, et de ses Lois. Qu'est-ce, pour l'observateur physicien, que l'Humanité et son développement ? C'est, en soi, un phénomène qui, dans le point de vue externe propre à cet observateur, est soumis à des conditions d'Espace et de Temps ; conditions d'Espace d'abord, car il a pour siège une sphère de dimensions connues, la Terre ; conditions de Temps ensuite, car, à n'en citer qu'une, aisément compréhensible pour tous, l'espace sur lequel cette Humanité est contrainte de se mouvoir et de se développer étant, en mètres carrés, limité, il en est nécessairement de même, vu la Loi d'accroissement continu de sa population dans le Temps, de la durée possible d'existence d'une telle collectivité prise dans l'état physiologique actuel où nous la connaissons; c'est-à-dire, en termes pratiques, de la durée de ce qu'on appelle l'Histoire (1). C'est donc sur la Terre elle-même, lieu de son objet d'étude (l'Humanité), c'est-à-dire sur un globe dont les mouvements astronomiques périodiques sont aujourd'hui entièrement

(1) On lira avec intérêt, sur ce point, dans les Bull. de l'Académie (Décembre 1896), une étude du Général Brialmont, qui lui avait été inspirée par la lecture de nos ouvrages.

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connus, que cette première et simple, mais capitale constatation, attire nécessairement d'abord l'attention réfléchie de notre observateur. Il est ainsi ramené à un chapitre d'Astronomie. Mais cette science n'est qu'une partie de la science du Monde Physique, et celle-ci même qu'une application des principes les plus abstraits des Mathématiques. Un ordre total possible de déductions rationnelles lui apparaît alors qui, partant des principes les plus simples de la Science de la Grandeur abstraite, s'élèverait progressivement jusqu'à la connaissance de son objet premier, l'Humanité, objet qu'il aperçoit dès lors, comme élément intégral, au sommet du tout. Ce n'est donc pas seulement pour mieux s'instruire, et pour le plaisir de l'esprit, qu'il va être porté ici à se retracer la marche ordonnée des sciences, du simple au composé, des principes aux conséquences. C'est dans le but supérieur d'assurer la mesure dans laquelle la Science de l'Humanité et de l'Histoire, d'abord envisagée, et qui est son véritable objet, pourrait prendre rang elle-même dans l'ordre des connaissances susceptibles de mesure externe, ou se constituer comme science aujourd'hui proprement dite.

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II. (1) Nous allons donc tenter d'esquisser rapidement, à travers les Mathématiques et la Physique, la suite ordonnée de ces connaissances positives.

À la base de tout leur ensemble se trouve la Science de la Grandeur abstraite, ou la Mathématique. Celle-ci est construite, comme nous l'avons montré (2), d'après un plan déterminé, absolu pour notre esprit, et unique ; soit tel que nous ne pouvons le concevoir de deux manières différentes (3). Ceci introduit, dès l'abord, une remarque capitale ; la présence de cet Absolu à la base de toute la Science est tellement une preuve de la Création et de Dieu Lui-même, et le Scepticisme négateur l'a tellement bien senti et compris, que de nos jours, et pour la première fois depuis tous les siècles, on le voit, mais dans un effort nécessairement impuissant, tenter d'en inquiéter la certitude dans les esprits.

Ce qui, après cela, se présente d'emblée, mais ici dans le Monde physique externe, à l'application de la Mesure, est l'Espace, objet de la Géométrie. La Géométrie est la Science de l'Espace. L'Espace, à l'égal

(1) Cet article II fait essentiellement partie de l'exposé didactique qui est la raison d'être même de ce travail, et qui prétend conduire à la Religion par la Science ; néanmoins, le lecteur qu'attireraient moins les notions proprement mathématiques, peut, dans une première lecture, passer directement au § III suivant, p. 54.

(2) Leçons sur la Parole de Dieu, T. II.

(3) Voir pour l'exposé de la Méthode de recherche, l'Étude sur le Système des Forces du Monde physique, Mém. Acad. (T. XLVIII) ; aussi Leçons (T. III, 1re Partie).

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de la Grandeur abstraite, ne peut se concevoir que d'une seule manière, continu, homogène et infini. De cette unique conception possible résultent l'Evidence et le caractère absolu de la Géométrie elle-même. Comme nous l'avons établi depuis longtemps (1), tous les essais que, sous le nom de Métagéométrie, le Scepticisme destructif a de nouveau tentés pour ébranler ce caractère absolu de la Géométrie, sont venus échouer devant un fait primordial connexe, savoir : l'existence

(1) Pour la Géométrie euclidienne, Bull. de l'Académie, (1899, n° 7).

Il nous est utile de rappeler les faits de principe suivants, sur lesquels nous prenions soin d'appuyer dans notre Cours de Calcul des Probabilités (Ecole Militaire, 1888-1904), et que l'on oublie parfois trop facilement, si même ils ne passent pas complètement inaperçus ou ne sont pas entièrement ignorés, dans notre Enseignement officiel :

a) L'Evidence a, en Science, une définition : l'Evidence est le caractère de choses concernant lesquelles se présente à notre esprit une seule possibilité rationnelle ;

b) Faire douter a, en Science, une définition : faire douter (l'étymologie du mot le dit d'elle-même) c'est présenter, concernant un objet, deux (ou plusieurs) possibilités rationnelles admissibles, et entre lesquelles, par conséquent, il y a lieu de choisir. (C'est ici, et seulement, qu'intervient alors, pour décider, l'Expérience.)

Tant qu'on ne parvient à présenter qu'une seule idée possible admissible, on ne fait pas douter. Ainsi, tant qu'on n'aura pas présenté deux définitions également admissibles de l'Espace, on n'aura pas réussi à faire douter de l'Espace classique euclidien.

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d'une définition unique possible de l'Espace (1). Cette évidence et certitude absolue de la Géométrie a d'ailleurs une raison encore plus profonde et qui réside dans un autre fait capital propre au Monde créé ; ce fait, qui définit dans toute sa puissance de principe la véritable Théorie de la Géométrie, consiste en ce que l'Espace, objet de la Géométrie, est, dans le Monde créé, une Écriture des Lois de la Grandeur abstraite. Celles-ci s'y retrouvent en effet tout entières. Par exemple, leur plus grand trait, savoir les trois Espèces de la Grandeur abstraite, donne sa raison d'être au fait (qu'il fallait expliquer) de l'existence des trois dimensions de l'Espace.

Après l'étude de l'Espace, s'offre, dans le monde externe, celle (Physique, Astronomie) des causes ou forces qui donnent lieu aux faits qui paraissent, ou aux phénomènes; et de ces causes, la Théorie, prise dans

(1) Legendre, qui en cela s'est montré encore plus profond géomètre, attribuait l'impossibilité de démontrer le Postulatum, à l'absence d'un principe meilleur de définition de la ligne droite. Or ce principe — et l'erreur de tous les métagéomètres est de ne pas l'avoir aperçu, quoique tous s'en servent implicitement, et sans le savoir — est celui de l'Orientation ou Direction, lequel, dans l'ordre logique, précède celui même de distance ou longueur. En introduisant rationnellement le principe primordial, celui que pressentait Legendre, on démontre très simplement le Postulatum, sans d'ailleurs l'introduction d'aucun procédé de limite ou d'infini. (Voir à la fin du Vol. V des Leçons sur la Parole de Dieu, la Déduction de principe de la Géométrie.)

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toute sa généralité, est tout entière également construite a priori par notre esprit sous le nom de Mécanique rationnelle. Cette dernière science a pour éléments opératoires de principe, l'Espace (la Géométrie) et le Temps.

Les lois possibles concevables des forces ou causes dans l'Espace et dans le Temps sont donc, considéré dans son entièreté, l'objet de cette Mécanique rationnelle, et la Physique n'en est qu'une application. Mais tandis que, pour la Géométrie ou Science de l'Espace, une seule possibilité rationnelle se présentait, de quoi dérivait le caractère unique d'Evidence de cette branche de la Science, pour la Physique (ou étude et examen des Causes existantes), une infinité d'idées possibles, ou, comme on dit, d'Hypothèses, se présentent. L'esprit conçoit plus que ce qui existe (et en soi, c'est une nouvelle preuve de la Création); et pour discerner et établir, entre les possibilités rationnelles, celles qui, en fait, se trouvent réalisées dans le monde externe, il lui faut, en outre de l'Observation, user d'un procédé de sélection, qui est l'Expérience (1).

(1) Voir Etude sur le Système des Forces physiques, Mém. Acad. (T. XLVIII).

L'expérience n'est donc nullement, comme l'a dit un très célèbre mathématicien moderniste, la seule origine de la Science; c'est simplement un procédé pour départager dans notre esprit, lequel conçoit et construit a priori toute la Science possible, ce qui, dans son programme a priori, se trouve réalisé dans le Monde créé. Nous concevons plus que ce qui existe. On aperçoit d'ailleurs très bien que cette possession a priori

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Le résultat de cette discrimination expérimentale est remarquable. Il établit que le Monde externe est construit sur les idées de principe les plus simples (Mathématiques, Géométriques, Cinématiques) que notre esprit, a priori, concevait.

Deux forces fondamentales le régissent : l'Attraction universelle, force de masse (ou volume) en raison inverse des Surfaces des sphères concentriques à un point, c'est-à-dire en raison inverse du carré de la distance, et dont l'intensité est proportionnelle à la masse (soit à un coefficient spécifique); la Répulsion universelle (principe des pressions), force de surface, en raison inverse des volumes des sphères concentriques à un point, c'est-à-dire en raison inverse du cube de la distance, et dont l'intensité est une variable appelée Température absolue. Deux forces dérivées s'adjoignent à ces deux forces fondamentales (résultant de la réaction l'un sur l'autre des deux principes de celles-ci), savoir (nous conservons ici une dénomination admise) : l'Attraction moléculaire, qui est une dépression interne ou force de surface (très probablement en raison inverse du carré des volumes, ou de la 6me puissance de la distance); et la Polarité électrique, due à l'inégalité des forces en regard au contact de deux milieux différents,

(1) était la condition nécessaire pour que la connaissance de ce qui est ou existe du monde externe, ou la science du monde externe, fût par nous atteignable. Comment en effet cela pourrait-il être si cette réalité ne correspondait pas à une des idées qui, d'avance, existent en puissance dans notre esprit.

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et qui apparaît, quelle que soit la nature de celle-ci, chaque fois qu'il y a, de façon ou d'autre, hétérogénéité entre ces deux milieux. La force électrique statique est en raison inverse du carré de la distance ; la force électrique dynamique est fonction des vitesses des points électriques et de leurs variations de charge ou d'action (Induction) (1).

Sans pouvoir retracer l'enchaînement de toutes les parties de la Physique qui se rapportent en particulier aux forces fondamentales que l'on vient d'énumérer, il convient néanmoins, comme objet essentiel, d'attirer l'attention sur la question de la force répulsive ayant pour intensité la température absolue. A notre sens, ce qui s'est passé pour l'Électricité, dont toutes les explications par le mouvement ont dû être abandonnées, et ont contraint d'en revenir à la notion de la substance sui generis (et même aux deux substances + et —), aura lieu pour la théorie de la Chaleur. On sera contraint par les faits — au lieu de l'insoutenable hypothèse de la Chaleur = Force vive, — d'introduire nettement celle du Calorique, en tant que substance sui generis, substance de laquelle émane une force dont l'intensité (température absolue) est fonction du Travail que la force accomplit. Et un second point capital

(1) On verra, dans notre Etude du Système des Forces du Monde physique, que (au nom près) dès 1890 nous avons établi, par l'introduction des atomes d'Ether électrisés, ce qui aujourd'hui joue, en confirmation, un rôle si capital sous les noms plus simples d'électrons et d'ions.

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de notre déduction ordonnée doit également, par digression, être ici mentionné, qu'on pourrait utilement présenter dans l'Enseignement sous le titre : « Le premier chapitre de la Physique ». Voici ce qu'il mettrait en évidence. Alors que, jusqu'aux trois quarts du siècle dernier, une partie fondamentale de la Mécanique rationnelle, ou la Statique, occupait sa place en Physique, sous l'influence des idées de désordre qui actuellement règnent et qui tendent à ne plus faire voir dans tous les phénomènes du monde externe que des effets de mouvement (Dynamique), on en est réduit aujourd'hui dans l'Enseignement, à passer pratiquement sous silence, des ordres entiers de faits physiques qui, pour le sens commun immédiat, d'accord en cela avec une réflexion avertie, relèvent directement de la Mécanique statique, et ne s'expliquent que par elle.

Voyons d'abord à cet égard ce qui concerne les trois états des corps, gazeux, liquide, solide.

Dans l'état gazeux, la force répulsive de surface (dont la correction du co-volume se présente ici comme une confirmation manifeste) est prépondérante.

En réduisant le volume d'une masse de gaz, on arrive à un état d'équilibre instable des molécules soumises à leurs deux forces de répulsion et d'attraction moléculaire (dépression interne) et on passe ainsi à la position d'équilibre stable suivante. Dans celle-ci la masse totale est partagée en deux parties : l'une restant à l'état gazeux ou vapeur, presse sur l'autre, où les distances des centres sont moindres, et qui est à l'état liquide.

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Une pression égale exercée sur le liquide par un corps gazeux différent en nature n'empêche pas la formation de la vapeur du liquide, c'est-à-dire le fait de l'évaporation ; et cela à cause de l'impossibilité générale de l'équilibre moléculaire (à raison des forces de surface) au contact de deux milieux hétérogènes. (Faits connexes : Endosmose ; Exosmose ; Mouvements browniens.)

La liquidité consiste en ce que les mouvements de rotation des molécules autour de leurs centres et leurs roulements les unes sur les autres ne rencontrent pas de résistance; et c'est ici qu'intervient une très belle notion de mécanique rationnelle, capitale en Physique, énoncée par Brück à qui elle appartient (1), savoir celle des Axes d'Attraction. C'est ce principe de mécanique rationnelle qui, en expliquant la solidité, ou non-possibilité du roulement des molécules les unes sur les autres, établit la distinction entre l'état solide et l'état liquide. Il se présente, suivant son influence plus ou moins grande, comme facteur déterminant à travers toute la suite des états des corps, fluidité, liquidité, viscosité, malléabilité, enfin dureté. Il est aisé de mentionner des applications décisives de cette notion saine

(1) Envisagée par Brück dans une lettre (vers 1840 [?]) à M. Steichen, professeur de Mécanique à l'Ecole Militaire, et où il émet également, en passant, l'idée que les Axes principaux d'inertie étant des « lignes de concentration de la matière », ils doivent être des Axes d'attraction. Voir notre travail Sur l'influence de la forme des corps sur leur attraction (Bull. Acad., Juillet 1877).

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et féconde de Mécanique à l'explication de faits particuliers et caractéristiques de la Physique. Tel est, par exemple, celui de la dilatation de l'Eau lors de sa solidification. Les Axes d'Attraction, rendus plus énergiques par l'abaissement de la température (intensité de la force de répulsion), lequel abaissement fait varier la forme de la molécule, tendent à se mettre en coïncidence. Or, par cela même, ils écartent les centres et diminuent ainsi la densité du corps. De même s'expliquent, lors de l'accroissement de la température, les états successifs de plus ou moins grande viscosité du Soufre (fait qui suffirait à démontrer en outre que le Soufre ne peut être un corps simple) ; etc.

Mais la conséquence la plus capitale de ce même principe est le fait de la Cristallisation qui, dans le point de vue des Axes d'Attraction, n'est que la Dureté régularisée. Dans la Cristallisation, deux données régulatrices sont d'ailleurs à considérer, savoir :

A) La distribution des centres avant la formation ;

B) Les Axes d'Action des molécules.

L'élément A se manifeste d'une manière exclusive dans la forme des cristaux quand les molécules n'ont pas d'axes d'action prédominants. La disposition primitive et naturelle des centres est le réseau tétraédrique (pile de boulets), lequel donne lieu également au système cubique, avec des plans qui, dans le réseau géométrique, répondent aux faces physiques de clivage. La raison pour laquelle les cristaux ont des faces planes provient de ce que, dans le réseau, existent des plans de maximum ou de minimum de concentration (dis-

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tance et disposition des éléments), suivant lesquels s'opère la séparation des groupes individuels composant la masse totale.

La combinaison de l'élément B avec le système géométrique du réseau A et ses plans de maximum ou de minimum de concentration, donne lieu aux systèmes cristallographiques axiaux, soit rectangulaires, soit obliques.

La cristallisation directe des gaz ou vapeurs (telle celle de la vapeur d'Iode) met en évidence le fait, et s'explique seulement par le fait de la distribution géométrique initiale, avant la formation, des molécules dans les gaz et vapeurs (1); et cela suffirait comme argument décisif contre la théorie cinétique actuelle des mouvements en désordre absolu des éléments des gaz et vapeurs.

Ce que nous venons d'exposer comme constituant un « Premier chapitre de la Physique », et dont, quand il s'agit de la conception et de l'explication mécanique de ses données les plus élémentaires, on ne trouve cependant nulle trace dans l'Enseignement actuel de cette science, est simplement, on le voit, une application immédiate et autorisée, aux faits généraux les plus évi-

(1) Ce passage direct de la gazéité à la solidité se trouve en plein accord avec la manière de voir, fondée sur la pure observation, de notre illustre compatriote le chimiste Stas ; et, en présence de notre exposé d'idées qui précède, il nous l'avait personnellement confirmée.

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dents des propriétés des corps, d'un très important chapitre aussi de la Mécanique rationnelle.

La conclusion essentielle à dégager, c'est donc, en opposition avec les vues théoriques actuelles d'un désordre absolu propre à la constitution interne des corps, que cette constitution est, au contraire, basée sur l'ordre parfait des conditions géométriques et mécaniques de l'équilibre. L'édifice interne des corps est construit suivant des lignes axiales fixes ; cela en constitue, dans une conception normale, le terme fondamental et de premier ordre. On peut ensuite concevoir rationnellement que, dans chaque élément moléculaire individuel, existent des mouvements de rotation auxquels servent d'armature axiale ses parties fixes de premier ordre ; que la forme d'une partie en rotation variant (force centrifuge) avec la vitesse angulaire, à une série de valeurs déterminées de cette vitesse correspond une série également déterminée de seuls états possibles d'équilibre permanent du système, lesquels sont des états d'équilibre dynamique stable (1) ; etc. L'ordre des faits électrodynamiques (par l'intermédiaire de l'électron ; voir plus haut, p. 45) fait de lui-même intervenir ensuite autant de nouveaux chapitres de la Mécanique. Ce que nous tenons à bien faire considérer,

(1) La notion de cette série d'états d'équilibre dynamique distincts répond, sous forme mécanique définie, à la notion qu'on propose aujourd'hui, mais sans aucune idée mécanique nette, des éléments qu'on verrait « sauter » d'une trajectoire à une autre.

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c'est que ces divers ordres de faits ne sont nullement exclusifs les uns des autres ; qu'il convient d'attribuer à chacun le rang que lui assigne une investigation ordonnée rationnelle ; et que, dans cette recherche progressive, ce sont d'abord les faits généraux de la Mécanique statique, principe de l'ordre, qui se présentent et dont il faut tenir compte.

La composition chimique se distingue du simple mélange des corps par l'Affinité. L'Affinité consiste dans la formation d'une nouvelle molécule au moyen des molécules de deux corps différents. Pour fixer les idées, on peut concevoir qu'autour d'une molécule d'un des corps, et pénétrant dans le volume limité par la surface de cette molécule (1), se groupent, autour de la première, les molécules de l'autre corps. Le fait essentiel qui se produit alors dans l'Affinité, c'est, en général, la disparition d'une quantité de Surface.

Si l'on considère, par exemple, à pression égale p, des volumes égaux d'Hydrogène et d'Oxygène, les surfaces totales de H et de O dans deux volumes égaux sont égales, soit égales à une valeur s. Si on mélange 2 vol. H et 1 vol. O, la surface totale, dans 1 vol., devient s + s/2, et la pression, qui était p, devient p (1 + 1/2). Mais, après la combinaison, laquelle donne

(1) La molécule ou système moléculaire peut être conçue comme ayant une atmosphère composée des fluides d'ordre successifs (jusqu'à celui de l'infiniment petit absolu) que l'on doit rationnellement considérer comme possiblement existants dans la division de l'espace et de la matière à l'infini.

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lieu à 2 vol. de vapeur d'Eau, il a disparu une surface absorbée égale à s(1/2 + 1/2) = s, et la surface et la pression d'un volume de vapeur d'Eau H2O sont de nouveau s et p (1).

La combinaison chimique résulte de la nécessité d'un nouvel état d'équilibre stable provoqué, en outre de la polarité électrique, par la succion (dépression interne) de l'« Attraction moléculaire » (voir plus haut p. 44), force de surface ; ce sont des rapports de surfaces qui déterminent les quantités relatives des corps qui entrent dans la combinaison.

Ce qu'on appelle « Poids atomiques » sont les quantités des corps différents qui offrent les mêmes surfaces totales. C'est la raison pour laquelle, étant donnée la loi de la répulsion (pression), force de surface (en raison inverse du volume), ces « Poids atomiques » ou quantités relatives de composition des corps, correspondent, sous même pression et à température égale (température absolue = intensité de la force de répulsion), à des volumes égaux de ces corps.

Notre explorateur scientifique vient par quelques solides repères de principe, rencontrés dans le champ de la science abstraite de la Grandeur, de la Géométrie, de la Mécanique rationnelle, des faits primordiaux de

(1) Tout se passe comme si les éléments d'Oxygène étaient absorbés par les (c'est-à-dire entraient à l'intérieur des) atmosphères des molécules d'Hydrogène. La molécule H2O a un Axe d'Action prédominant, celui qui apparaît dans la cristallisation hexaédrique de l'Eau.

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la Physique, de fixer ses idées sur le plan constructif des éléments générateurs de l'Univers, et d'envisager par eux, dans ses plus grands traits, la Physique des corps.

A cette Physique des corps succède pour lui, dans l'ordre de l'investigation, celle des Globes, Globes dont les mouvements dépendent (presque exclusivement) de la Loi de l'Attraction universelle.

En partant d'un état de repos initial absolu (le Mouvement étant une conséquence de l'action des causes ou forces dans l'espace et le temps), on peut concevoir l'existence, progressivement établie, d'un ensemble ordonné de mouvements tels que nous les présente actuellement notre Univers astronomique.

Des points matériels étant distribués au repos dans l'Espace d'une manière déterminée, y constituent des groupes ; ces groupes ont des masses totales et des formes. A raison des lois de l'Influence de la Forme des corps sur leur Attraction, chacun de ces groupes, en même temps que, par sa propre attraction sur lui-même, il tend à prendre la forme sphérique, est soumis, par l'attraction de tous les autres, à un moment de rotation, dépendant de sa forme, et qui lui imprime une rotation autour d'un axe.

Par le Principe des Aires, la vitesse de rotation, quelque faible qu'elle soit initialement, peut indéfiniment croître à mesure de la condensation du groupe sur lui-même. Pour une forme symétrique idéale atteinte, et où intervient la force centrifuge, le moment de rotation tend vers zéro, et il ne peut plus subsister que des mou-

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vements de « Marée » d'ordre inférieur. Les conséquences de Mécanique rationnelle qu'amène cette vue, conduisent à l'existence des formes organisées et bien connues des groupes (nébuleuses) qu'actuellement nous observons, ainsi qu'ultérieurement à celle des globes eux-mêmes et de leurs trajectoires : soit par la formation d'anneaux successifs lors de la condensation d'un groupe ; soit par le mouvement en spirale (observé aussi bien dans les formations des groupes eux-mêmes) qui peut résulter, pour un point matériel très éloigné d'un groupe en rotation, à la fois de l'attraction centrale de ce groupe et de la force déviatrice de « Marée » normale au rayon vecteur du point.

Toute la force vive des mouvements de l'Univers astronomique peut dès lors être conçue comme l'équivalence d'un Potentiel initial de position, défini et mesuré par la distribution initiale, au repos absolu, des points matériels de cet Univers.

III. Nous venons, en partant des notions les plus abstraites de la grandeur mesurable, d'envisager, avec le système ordonné des forces mathématiques qui le régissent, l'Univers au sein duquel nous sommes placés, et la manière dont peut se concevoir l'établissement des mouvements des Globes qui, dans l'Espace infini, y attirent nos yeux ; et cette marche progressive à travers diverses sciences pour atteindre enfin, comme on vient de le faire, l'Astronomie, a été caractérisée par le fait que, dans tout cet Univers, nous n'avons jusqu'ici rencontré que des forces et éléments essentielle-

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ments mathématiques, c'est à dire mesurables. En poursuivant cette analyse intégrale du sujet, nous allons bientôt voir apparaître l'existence de forces d'une nature différente, c'est-à-dire non réductible à la forme mathématique, et c'est vers quoi nous allons maintenant nous acheminer. Mais continuons pour le moment, sans plus, notre exploration, en partant du point où elle venait déjà de nous conduire, savoir la formation et la constitution du système des Globes du ciel astronomique.

Sur un de ces Globes, nous nous trouvons placés ; et d'ailleurs, en terme de premier ordre, (ce qui, dès à présent est essentiellement pour nous digne de remarque) au centre de tout le système géométrique ordonné que constitue (pour notre science la plus avancée actuelle) l'ensemble de tous les groupes des globes primitifs de l'Univers (Voie Lactée, Amas d'Etoiles, Nébuleuses).

De ce globe, qui est notre habitation, la forme et les mouvements les plus infimes de translation et de rotation sont aujourd'hui calculés, et connus avec une entière précision pour un espace de temps qui s'étend de — 100.000 ans avant à + 100.000 ans après notre Ere chrétienne.

Nous avons aussi, à l'époque actuelle, exploré ce globe dans l'étendue entière, peut-on dire, de sa surface; nous en connaissons la Géographie, c'est-à-dire avec la mesure géométrique de la séparation des terres et des eaux, celle, dans ses termes de premier ordre comme dans ses termes inférieurs, des lignes directrices

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de son relief. Cet examen nous a montré qu'ici, comme dans tous les domaines antérieurement envisagés, un ordre mathématique se présente, et des lois générales.

Le relief du Globe, en effet, est construit, d'après une Loi quadrangulaire, suivant deux plans ou axes méridiens à angles droits; savoir : l'Axe Européen-Africain, à 90 degrés de longitude de part et d'autre des centres (Isthme de Panama, Détroit de la Sonde) des deux S Méridiens Américain et Asiatique-Australien. A l'opposite de l'Axe Européen-Africain et délimitée par les contours symétriques de l'Amérique et de l'Asie, se trouve l'immense étendue du Pacifique. Il résulte de ce fait, que toute la partie terrestre du Globe, — c'est-à-dire, si l'on entrevoit, en prolongeant dès maintenant la suite des idées, le monde habitable qui doit constituer le domaine de l'Humanité, — que cette partie terrestre a pour axe central de symétrie le bloc Européen proprement dit, foyer de la Civilisation. Celui-ci s'étend en longitude des régions primitives de l'Arménie et du Golfe persique, jusqu'aux limites occidentales de notre continent.

Repassons d'un coup dans notre esprit l'analyse que nous venons de faire de l'ordonnance logique de la connaissance. On présentira, par ce dernier trait, que l'étude de l'Humanité et de son développement à la surface de la Terre, ou l'Histoire, va occuper, en tant que science, une place déterminée dans tout l'ensemble des sciences externes.

C'est un premier résultat. Mais, arrivés à ce point, il nous importe d'autant plus, d'accord avec un avertis-

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sement déjà donné plus haut (p. 54), de préciser étroitement la nature des causes ou forces qui vont intervenir dans le phénomène à observer. Ces forces sont en effet de deux espèces, savoir :

Les forces physiques proprement dites, celles qui régissent le milieu (surface de la Terre) au sein duquel l'Humanité se développe ;

2° Résultant du fait de l'existence de l'Homme, facteur intégrant, des forces d'une autre nature et non susceptibles de réduction à la forme mathématique, forces que l'Observateur physicien appellera des Forces de Volonté.

La question est dès lors d'apprécier, en en observant les effets, le rôle et l'influence relatifs que ces deux ordres de causes ou forces s'attribuent et exercent. Et, par une digression nécessaire, s'établit alors par lui-même, suivant qu'on tend vers l'un ou vers l'autre de ces deux ordres, un parallèle entre l'Historien professionnel, particulièrement et presque uniquement attiré par les forces de volonté, ou par l'Homme, et le Physicien, ou Historien proprement scientifique. Il y a, quant à la situation critique, une immense différence entre ce dernier observateur, celui qui en réalité est le véritable historien, puisqu'il possède d'avance la connaissance du cadre et des conditions étroites du milieu où son objet va se développer, et son antagoniste, pour lequel, par un étrange hiatus intellectuel et une suggestion tout à fait arbitraire, l'Histoire finit souvent par constituer un domaine imaginatif entièrement à part, ne relevant que

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d'un concept purement philosophique et débarrassée de toutes importunes notions physiques étriquées et restrictives de nombre, de temps, de lieu.

Nous reconnaissons d'ailleurs qu'une telle sujétion d'esprit a sa grandeur, et qui procède de la fascination d'un élément à certain égard ici dominateur, savoir l'âme humaine et sa profondeur morale, l'Esprit humain et son pouvoir directif et libre de modification, même matérielle, du milieu au sein duquel il est placé. Abondant dans ce sens, il importerait même, en toute équité, de proclamer hautement un fait scientifique général qui, tout en opposition qu'il soit avec les tendances courantes des esprits de nos jours, est parfaitement démontré, et que pourrait justement invoquer en principe la vue supra-réaliste dont nous faisons ici le procès. Il consiste en ce que l'Univers tout entier lui-même (l'Univers Physique matériel) n'est nullement un système mathématique calculable, ou, pour introduire le mot classique, « une horloge ». C'est un système mathématique sans doute, mais que troublent des forces d'une autre nature, forces de Volonté, qu'il est impossible, à raison même de cette nature, de soumettre dans leurs conséquences à un calcul mathématique. Ainsi par exemple, et en s'appuyant sur ce que la Science positive a de mieux établi aujourd'hui (les lois de l'Attraction universelle), il n'est pas une de nos pensées, pas un de nos gestes, qui ne déplace effectivement le Soleil et les Etoiles (et dans tel sens déterminé que nous voudrons); qui ne fasse varier, avec l'axe de rotation de la Terre, la position du pôle; et si, des indivi-

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dus, on passait aux collectivités, il serait aisé d'illustrer un pareil sujet en signalant de grands mouvements historiques humains (ici envisagés matériellement) liés à des perturbations astronomiques correspondantes, ceux-là étant la cause immédiate de celles-ci. C'est dire encore, les mots ayant leur éloquence, que si le mot d'Horloge définissait exactement la vue abusive et inexacte d'un Univers absolument mathématique, l'ordre naturel et la vue rationnelle et exacte de l'Univers sont, dans la réalité la plus positive, ceux d'un Univers mathématique incessamment troublé par des forces non mathématiques. En d'autres termes, l'ordre naturel et exact est proprement un incessant « Miracle ».

IV. Telle est donc la vérité objective en présence de laquelle se trouve le Physicien lui-même. Mais, cela étant dit et reconnu, toute la question — et c'est ici que ce Physicien reprend ses droits et recommence à faire la loi — est de savoir dans quelle MESURE les nouvelles forces, forces de Volonté, en présence desquelles on se trouve, si elles commandent et modifient en partie le milieu, sont elles-mêmes, dans l'ordonnance de leur action, asservies par ce milieu à des Lois mathématiques.

Pour découvrir celles-ci, si elles existent — ce qui comblerait en partie l'hiatus apparemment radical entre les Sciences physiques, les Sciences sociales et surtout l'Histoire, — on est alors ramené — faisant d'abord complètement abstraction de l'Homme intérieur, moral et spirituel — à envisager, à titre de phénomène purement matériel, et dans la vue froide et posi-

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tive d'un Observateur placé en dehors du Globe, le développement de l'Humanité à la surface de ce Globe. Si ce développement obéit à des lois, ce seront des Lois d'Espace et de Temps, c'est-à-dire, dans l'espèce, des Lois géographiques, des Lois chronologiques.

V. Examinons tout d'abord ce qui, pour nous, constitue à cet égard la documentation scientifique. Le champ géométrique, l'espace bien délimité, la surface de la Terre, est présent et connu. Quant aux faits successifs du développement de l'Humanité sur cet espace dans le Temps, voici ce qui peut nous les faire connaître.

Ils sont, au cours des âges écoulés : soit 1°, repérés par les signes (habitat, modifications du sol, monuments) qu'y ont laissé subsister les générations passées; soit 2°, connus par ces autres signes que constituent les documents écrits ou livres (1).

De l'ensemble de ces données, des résultats généraux tout d'abord se dégagent, qui sont universellement admis et se résument pratiquement, et de fait, dans notre enseignement public. Ce qu'on appelle la Civilisation, et qui est l'acquis progressif réalisé, à travers

(1) Si d'ailleurs, on voulait s'attarder à creuser ici le sujet, on pourrait utilement faire observer que cette méthode d'enseignement par signes matériels, laquelle est, dans le sens générique de ce mot, une Écriture, est aussi, dans la réalité la plus profonde, le procédé de principe, et l'unique, de la communication entre eux, et tout actuelle, des esprits.

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les temps, par les Peuples européens, résulte d'une filiation par transmission successive (1), qui prenant origine dans la région du Tigre et de l'Euphrate avec les Chaldéens, puis les Assyriens, et progressant lentement de l'Est vers l'Ouest, a atteint finalement le confin occidental océanique du continent. La civilisation de l'Amérique n'est ensuite que la conséquence d'un rapide mouvement d'expansion colonisatrice. C'est là un premier fait notoire et connu. Mais un autre grand fait géographique est resté jusqu'ici non observé, quelque capital qu'il soit dans la synthèse du sujet. Il s'agit de ce que ce bloc de peuples qui s'est ainsi progressivement constitué de l'Arménie aux Iles Britanniques, et qui comprend dix peuples chefs, dépositaires successifs de la puissance du monde, savoir :

1. Chaldéens,
2. Assyriens,
3. Egyptiens,
4. Juifs-Phéniciens,
5. Grecs,
6. Romains,
7. Francs,
8. Papauté,
9. France,
10. Angleterre;

(1) Voir Note 1, en annexe : observation de Guizot en rapport avec la même idée.

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il s'agit, disons-nous, de ce que le foyer civilisateur que caractérise et définit cette série de constituants, a pour lieu géographique précisément la zone, remarquée plus haut au sujet de la Loi quadrangulaire du Relief, qui, s'étendant elle aussi en longitude de l'Arménie à la Grande-Bretagne, se trouve au centre du système géométrique de la Terre habitable.

A l'Orient de ce bloc historique vital — dont la réalité effective serait d'elle-même prouvée par le seul fait qu'en dehors de toute opinion préconçue il constitue, dans l'Enseignement du monde civilisé, la substance nécessaire et suffisante de ce qu'on y appelle l'Histoire générale, — et remontant, dans le temps, aux mêmes origines chronologiques, les Peuples de l'Asie proprement dite (Hindou, Chinois, Japonais) sont restés isolés, et étrangers au travail civilisateur de ce foyer européen du monde ; et c'est seulement de nos jours que, par le contact plus intime, une pénétration et quelque résurrection s'y accomplissent. On observe néanmoins (1), en y regardant de plus près, qu'au cours des temps — et comme par transmission physique, — les fluctuations des phases historiques, très marquées au sein du bloc vital civilisateur européen, se retrouvent, atténuées mais presque concomitantes, dans cet autre milieu asiatique. On dirait qu'une vie animatrice commune, malgré l'isolement et la séparation, a été propre à tout l'ensemble.

(1) Voir Grousset, Histoire de l'Asie (Paris, 1922).

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VI. La situation du sujet et sa documentation étant ainsi fixées, la méthode d'analyse rationnelle va évidemment consister à en étudier, comme déterminant, le terme de premier ordre, celui d'ailleurs pour lequel les données sont à la fois les plus complètes et les plus précises : notre Histoire générale, ou celle du Bloc civilisateur.

Ici se présente dans la découverte, et constituant un trait de génie, le fait le plus capital, estimons-nous, de cette matière, savoir : La Loi Chronologique de la Vie des Peuples, de Brück. Cette Loi est un fait mathématique qui, en dépit de l'hostilité du milieu, est dès à présent assez connu pour qu'il nous suffise de le rappeler très brièvement.

L'Histoire est, géographiquement et chronologiquement, jalonnée par une série de Peuples, conducteurs du mouvement civilisateur, ou Peuples chefs, — ceux dont nous venons de présenter la liste. Les Apogées de puissance de ces peuples successifs sont à distance chronologique les uns des autres d'un peu plus de cinq siècles. La période fixée par Brück est de 516 ans.

Chaque période se subdivise d'ailleurs en cinq phases, qui se correspondent également à 516 ans de distance, et chacune d'environ un siècle :

1. Constitution ;
2. Préorganisation ;
3. Organisation ;
4. Apogée ;
5. Décadence.
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Cette Loi qui, répétons-le, est un simple fait d'observation, étant réduite en tableaux, devrait être enseignée dans toutes nos Écoles, depuis, compris, l'École primaire. La vue géographique s'y trouvant adjointe, en quelques mots elle enseignerait et ferait retenir aux élèves toute leur Histoire générale. Il serait aisé d'appuyer dès à présent, et très utilement, sur ce point de vue pratique. Mais ne nous écartons pas de notre ligne d'argumentation générale (savoir : le conflit des influences de milieu et des forces de Volonté). Ce qui se dégage immédiatement de cette première donnée de fait, et qui en fera d'emblée apprécier au lecteur, quant à ses conséquences, avec la gravité, le caractère à quelque égard redoutable, c'est la conclusion suivante :

L'Histoire a des Lois mathématiques : donc l'Homme ne fait pas l'Histoire. Il vit en réalité dans un milieu dont il subit étroitement les lois.

La suite des événements obéit à un plan prédéterminé. Il y a donc un Gouvernement des choses, auquel nos volontés sont asservies.

Une révolte de l'âme et l'orgueil de l'esprit, s'ils ne sont contenus par la puissance de la Raison, viendront se heurter à ceci. Mais que faire à l'encontre d'un fait — non d'une idéologie, — et qu'on peut et devrait, redisons-le, exposer au tableau noir dans nos Universités ?

VII. Voici assurément une part très large assignée, dans le sujet, au point de vue mathématique, point de vue que domine le fait, mathématique aussi, de la

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superposition de l'Histoire générale et de ce grand bloc d'espace et de temps qui, prenant origine chronologique à l'époque du dernier cataclysme géologique qui a parachevé le système du relief de la Terre, c'est-à-dire le Déluge, se trouve au centre de symétrie de tout l'ensemble du relief quadrangulaire (1).

Mais voyons d'autre part ce que notre Observateur total, qui n'est pas seulement un géomètre, mais aussi bien un homme, s'il explorait le pur domaine de l'Esprit, ou la transmission de l'acquis intellectuel de l'Humanité à travers ce même ensemble d'événements, y pourrait découvrir également quant aux traces d'une ordonnance systématique.

L'élément immédiat qui, dans une vue de ce nouvel ordre, se présente est — en coupant court aux paradoxes — celui que nous avions déjà dès l'abord envisagé, et qu'on appelle la Civilisation ; et la question première est de voir où, en quels points déterminés, on observe aujourd'hui celle-ci sur la surface de la Terre.

Or il suffit pour cela, prenant cette Civilisation pour argument, d'en tracer la Carte. Et du même coup, succédant à la Loi de l'Histoire, un second très grand résultat se met alors en évidence.

En appelant Religions (ce qui n'engage en rien les opinions de personne) des Doctrines qui servent de règle à la vie morale intérieure, et par suite à la vie

(1) Voir au sujet du Déluge au point de vue scientifique la Note II.

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collective ou sociale d'un groupe d'individus, le fait dont il s'agit, tellement patent dans son exclusivité qu'il épargne de longs commentaires, c'est que la Carte de la Civilisation coïncide avec celle des lieux d'établissement de la Religion chrétienne. Cette Religion a pour origine et pour base les enseignements, scellés par une mort héroïque, d'un homme, le Christ, dont l'apparition dans le monde repère, pour les milieux chrétiens — aujourd'hui par la Science, conducteurs du monde, — l'Ere historique d'où se comptent, tant pour eux que pratiquement pour le monde entier, les temps du Passé et de l'Avenir.

La conclusion à tirer de cette constatation externe, c'est que le Christianisme est le Principe de la Civilisation.

Si ce grand fait commande dans son ensemble l'attention réfléchie de notre observateur, il ne le fait pas moins ensuite par d'autres traits plus particuliers qui — dans le cadre déjà étroit de l'Histoire antérieurement imposé — y repèrent, au cours du temps, le progrès historique de cette influence du Christianisme, transformatrice de l'état social du monde.

Considérons les siècles écoulés, de la Venue du Christ jusqu'aux temps actuels. Ce qui se manifeste en premier lieu concernant la Religion chrétienne, c'est l'existence qui s'y rencontre d'un Pouvoir mandataire puissant, à la fois politique et religieux. Avec une insistance forte de l'admiration immanente du monde, ce Pouvoir proclame qu'institué par le Christ Lui-même, il en est le Représentant unique et attitré ; bien plus,

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que seul est véritablement chrétien qui le reconnaît et se soumet, acte et pensée, sans autre appel, à ses décisions.

Un autre trait intimement connexe ensuite se présente. L'Analyste constate que, depuis cinq siècles environ, une dissidence marquée s'est manifestée qui rejette l'Autorité du Pouvoir dont il s'agit. A ce Pouvoir, tout d'abord dans le domaine interne, celui de la Raison et de la Conscience, ensuite et par une naturelle conséquence, dans le milieu social et politique externe lui-même, cette réaction dissidente a enlevé plus de moitié de ses adhérents ; et dans le parallèle du Christianisme et de la Civilisation, ce qui le frappe surtout en tant qu'homme de science, c'est que, formant unique traînée de lumière, — Wiclef, Jean Huss, Luther, Calvin, Kepler, Pascal, Newton, pour ne citer que ceux-là, — les témoins, les martyrs, les défenseurs héroïques des véritables enseignements du Christ se trouvent immédiatement suivis des découvreurs et fondateurs de la Science mathématique de l'Univers, comme si les premiers avaient engendré les seconds.

Sous la seule Autorité de la Conscience (Connaissance de soi) et de la Raison (Mesure des choses), une unique filiation apparaît en effet ici, tant dans l'ordre moral que dans l'ordre intellectuel. Le Christ, Créateur de la Civilisation, s'y révèle aussi bien comme le promoteur et le Maître en puissance de la Science elle-même.

Dans le conflit entre les deux parties, c'est-à-dire entre le Pouvoir représentant du Christ et ses dissidents,

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le trait critique est l'attitude démesurément violente et irréductible du premier à l'égard des seconds. Au lieu de chercher, en l'occurrence, à s'éclairer lui-même, de respecter pour le moins un mouvement qui, en faisant connaître au monde les enseignements vrais et originaux de Jésus-Christ, en en révélant dans tous les ordres de la connaissance le caractère dominateur, ne peut que concourir à la gloire de Jésus-Christ, ce Pouvoir a cherché et, par le fer et par le feu, réussi en partie à étouffer cette aspiration désintéressée vers la vérité. Autrefois, c'était dans le sang ; c'est, de nos jours, par une sourde persécution et par la calomnie. Le résultat logique en est de conduire l'observateur, comme hypothèse possible, à la solution extrême que ce Pouvoir, bien loin d'être légitime, comme il le prétend dogmatiquement et sans quoi il ne pourrait subsister, est peut-être une immense Imposture qui se réclame du nom et du prestige du Christ pour dominer temporellement et spirituellement sur le monde. Néanmoins, et comme il le doit à son caractère scientifique, cet observateur réserve son jugement ; mais avec le ferme propos d'explorer à fond la question.

VIII. Une première donnée positive de vérification lui est, dans cet état des choses, offerte alors d'emblée par la Loi de Brück. Le Pouvoir envisagé occupe un rang déterminé (c'est le n° 8) dans la suite des Peuples chefs ou puissances directrices ; il a donc le caractère essentiellement temporaire de celles-ci quant à la do-

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mination matérielle du monde. De plus, ses repères chronologiques sont nettement marqués et, ce qui est avantageux pour l'examen, d'avance, dans l'Histoire, connus de tout le monde.

Ainsi la fondation de la Papauté temporelle effective date du commencement du quatrième siècle (325-329), quand Constantin, transportant le siège de l'Empire à Constantinople, met virtuellement Rome entre les mains de l'Evêque de Rome. Cinq siècles plus tard, le partage (843) de l'Empire de Charlemagne inaugure les cinq siècles de domination du monde par cette même Papauté, connus sous le nom de Moyen Age ; et ceux-ci ont pour terme le commencement du quatorzième siècle, époque non moins reconnue de tous comme étant l'origine de constitution de l'Europe moderne, et particulièrement marquée par la Première chute du Pouvoir temporel.

De ce Pouvoir, une Seconde chute (1870) s'est produite de nos jours, après les cinq siècles qu'a occupés la période de domination de la France comme Peuple chef ; et ces cinq siècles avaient aussi été inaugurés, à cette même origine mémorable du quatorzième siècle, par le mouvement de la Réforme (Wiclef), ou du Retour à l'Evangile primitif et authentique du Christ.

Voilà ce qui s'observe, quant à la marche de la Civilisation en rapport avec le Christianisme, dans l'ensemble de l'Histoire et de son bloc de dix Peuples dès l'abord découvert.

A côté de ces grands traits, on ne peut non plus laisser passer, sans, tout au moins par provision, lui

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réserver une place, un fait encore, qui, fortement négligé dans les errements actuels de notre enseignement, a cependant, de la manière la plus indépendante, été établi par les historiens dès la fin du dix-huitième siècle (notamment par Sharon Turner, « History of the Anglo-Saxons »). Ce fait a pour notre sujet une importance de premier ordre, en ce qu'il tend à confirmer, comme réalité systématique, l'existence du bloc historique de dix Peuples chefs qui constitue toute l'Histoire, et cela en établissant un lien entre le commencement de ce bloc et sa fin. Il consiste en ce que le dixième et dernier des dix peuples, savoir l'Angleterre (ou les Anglo-Saxons), peuple dont la période de domination quinquaséculaire, commençant en 1870, a succédé à celle de la France, prend, comme race son origine aux lieux mêmes (l'Arménie) où, géographiquement, le bloc historique commence.

Un tel lien de descendance, étant en effet reconnu, bouclerait en quelque sorte tout l'ensemble, et en démontrerait l'intentionnelle unité.

Les Saxons, originaires de l'Arménie — point initial du bloc historique, — contournant la Mer Noire, suivant les vallées du Danube et de l'Elbe, unis par la suite aux Angles dans la région de base du Danemark, ont de là, au cours du huitième siècle, passé dans les Iles Britanniques ; et ce grand fait ethnique, par l'importance qu'il leur assigne, est d'autant plus intéressant que, dans le conflit entre les deux facteurs antagonistes de l'Histoire du Christianisme qui viennent plus haut d'attirer notre attention, ce sont précisément les Anglo-

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Saxons, ou le dixième et dernier peuple de la série, qui représentent temporellement le facteur évangélique, et qui ont jusqu'ici fait échec au Pouvoir de la Papauté.

IX. Nous venons de passer en revue de grands traits qu'on décèle en regardant avec une attention suffisante le sujet ; mais sans qu'à la vérité il soit possible de les raccorder les uns aux autres d'une manière assez serrée pour concevoir clairement un plan où ils interviendraient, et dont on commence seulement à soupçonner l'existence.

En tout état de cause, et concernant le fait général du progrès civilisateur, ce qui logiquement s'impose, après avoir aperçu les grandes conséquences de l'introduction du Christianisme dans l'Histoire, c'est d'examiner maintenant, dans ses origines, le Christianisme pris en lui-même. D'où venait, à quel milieu appartenait ce Christ qui a captivé l'attention du monde, au point d'en transformer radicalement la constitution sociale et d'y imposer à tous les esprits, par l'insufflation d'une vie nouvelle, une nouvelle direction dans tous les ordres de la pensée ?

Ici encore, grâce à la Loi de Brück, les éléments sont d'avance préparés et mis en ordre pour le travail de l'observateur.

Le Christ appartient au quatrième des Peuples chefs de la Loi, savoir les Juifs-(Phéniciens). — Or, on ne peut s'empêcher d'immédiatement noter que, tant par son union intime avec les Phéniciens que par ses propres hardis navigateurs de la Tribu de Dan, qui éten-

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daient leurs explorations et leur commerce jusqu'aux Iles Britanniques, ce quatrième Peuple de la Loi se trouve relié d'une certaine manière au dixième ; que, par cela même, il le fait donc ici de nouveau apparaître ; et cette observation, telle quelle, prend ensuite consistance par une autre, de nature plus haute et plus profonde. Ce dixième Peuple est, par la Réforme, si nous adoptons la terminologie chrétienne, le représentant de la Nouvelle Alliance. Or le quatrième Peuple représente l'Ancienne Alliance. Les deux viennent de se présenter en relation géographique et historique. Dès lors un schéma géométrique singulier de l'Histoire s'esquisse.

L'axe classique de l'Histoire générale étant jalonné par les peuples latins, qui la conduisent jusqu'à nous, il se trouve que les Anglo-Saxons, puisqu'ils proviennent de l'Arménie (§ VIII), décrivent au Nord de cet Axe une trajectoire parallèle, de l'Est à l'Ouest ; que les Juifs-Phéniciens, d'autre part, par le bassin de la Méditerranée, en décrivent une autre au Sud de l'Axe, tous deux se rejoignant dans les Iles Britanniques ; et, puisqu'ils correspondent aux deux termes de toute la dispensation chrétienne (Ancienne et Nouvelle Alliance), il se peut que, dans un ensemble ordonné, le fait géométrique et géographique dont il s'agit soit reconnu plus tard être en rapport intentionnel avec le développement du facteur chrétien dans le plan de l'Histoire. Pour le moment, ce n'est sans doute qu'une induction, mais elle a tout au moins droit scientifique à être notée.

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Par contre un fait plus positif, et tout à fait notoire, concerne le quatrième Peuple dont nous nous occupons, et le distingue de tous les autres. C'est, dès ses origines, l'attente d'un Libérateur ou Messie sorti de son sein, et qui doit lui acquérir la domination du monde. Au temps des Romains, dont les Juifs subissaient le joug, un grand homme est apparu chez eux, se disant être le Messie annoncé, — et nous connaissons, par ce qui s'est passé depuis, la nature de l'action universelle que cet homme a exercée sur le monde. Mais ce n'était pas un Dominateur terrestre. Les Juifs l'ont donc rejeté ; et depuis ce moment, de nouveau et plus encore peut-être, ils ont offert dans l'Histoire un spectacle unique : celui d'un peuple qui, dispersé parmi tous les autres, de toutes manières honni et persécuté — et au premier titre par le Pouvoir temporel et spirituel du prétendu représentant et missionnaire du Christ sur la Terre, — subsiste aujourd'hui, après deux mille ans, aussi vivant qu'aux jours anciens ; détenteur d'ailleurs d'une part imposante de la fortune matérielle du Monde, et en place directrice par son acquis intellectuel — artistique, littéraire ou scientifique. Fait unique également : ce peuple, après tant de siècles écoulés, revient aujourd'hui s'établir sur le sol même qui avait jadis servi d'habitat à ses pères, et que, poussé par un mystérieux idéal, il n'a jamais perdu l'espoir de recouvrer ; et enfin, et s'accusant derechef, mais cette fois d'une manière tellement positive que l'on n'en peut plus douter, le lien de destination, jusqu'ici seulement entrevu et soupçonné entre ce quatrième Peuple de la Loi et le dixième

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et dernier, s'affirme et prend une étonnante consistance. C'est, en effet, non par les seuls efforts des Juifs, mais essentiellement sous l'égide de ce dernier peuple ou des Anglo-Saxons, que la restitution dont il s'agit vient, sous nos yeux, de s'accomplir. Ces Anglo-Saxons, en outre et pour leur propre compte, en occupant du Nil à l'Euphrate, de l'Egypte à la Mésopotamie, toute l'étendue de l'antique monde prophétique, réalisent les promesses faites, il y a plus de quatre mille ans, aux patriarches ; c'est-à-dire aux ancêtres de ces Juifs dispersés, desquels et pour lesquels, en pleine conscience d'ailleurs de cette mission prédestinée, ils viennent de reconquérir le sol.

L'observateur remarque également que si les Anglo-Saxons, Représentants politiques et religieux de la Réforme et du Retour à l'Evangile, sont ainsi les protecteurs puissants des Juifs, le Pouvoir Papal catholique romain, soi-disant représentant attitré du Christ, combat, lui, de toutes manières ce mouvement de reconstitution nationale du peuple élu. Tous ces grands traits, purs faits d'observation, concourent donc de plus en plus, en lui débrouillant l'Histoire, à lui en faire pressentir un plan déterminé ; à lui confirmer, en tout état de cause, la réalité effective du bloc historique total des dix Peuples chefs, qui a dès l'abord constitué son champ et la matière de son examen. Il note en particulier ici, à titre significatif, qu'à l'époque troublée mais essentiellement mémorable que nous traversons, ce bloc total réapparaît tout entier et d'une manière en quelque sorte objective, dans le fait de la résurrection

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simultanée (jusqu'à la Mésopotamie, qui a maintenant un Roi, et tout récemment de la Papauté elle-même en tant que pouvoir temporel) des dix Peuples de la série.

X. Un progrès notable est donc dès à présent réalisé par l'observateur. Il a classé les grands traits de son objet ; constaté entre eux des liens ; pressenti même une certaine ordonnance systématique générale. — Néanmoins ces vues, qui dépendent de la vue qu'on a et qui, suivant les tendances personnelles des individus sont, dans une mesure variable, de nature à les impressionner, ne constituent encore, il est contraint de le reconnaître, prises en elles-mêmes, qu'une découverte fort incomplète ; en aucune manière, ni pour les autres ni pour lui-même, elles ne donnent ce que ce mathématicien pourrait proprement appeler, en science, concernant ce qu'ici il soupçonne, une démonstration, — soit une preuve plus forte que toutes les opinions et que toutes les vues parce qu'elle en serait totalement indépendante.

Il possède déjà la Loi de Brück. Pour poursuivre, il lui faudrait d'autres éléments de nombres encore. Or il est naturellement porté à les chercher dans la direction et au point où venait de se concentrer pour lui l'intérêt du sujet : et il ne tarde pas alors à connaître que, précisément chez ce même quatrième Peuple qui a si vivement attiré son attention, exclusivement chez ce Peuple-là et d'une manière qui, une fois de plus, le distingue radicalement de tous les autres, un document écrit, un Livre existe, dont ce peuple se considère comme le dépositaire sacré. Ce livre est un livre d'His-

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toire ; il présente une chronologie suivie et unique (d'ailleurs, il est rempli de nombres de sa première à sa dernière page). Prenant pour argument cette chronologie, il retrace en détail l'Histoire du monde depuis ses origines ; et il la continue jusqu'aux temps mêmes où nous sommes, par l'instrument de ses écrivains prophètes.

La succession des Peuples chefs de la Loi y est tout d'abord, depuis le Déluge, définie et suivie : Chaldéens ou Noachides, Assyriens, Egyptiens, Juifs-Phéniciens, Grecs, Romains (au temps du Christ), lesquels Romains sont ainsi la sixième des puissances, ou le sixième Roi de la série. Après celui-ci, et continuant vers l'Avenir les temps à partir du Christ, le document en annonce un septième (les Francs) ; puis un huitième, qu'il désigne sous le nom de Faux Prophète, c'est-à-dire d'un imposteur qui s'empare de la Doctrine du Christ pour dominer matériellement et spirituellement sur le monde. Ce Faux Prophète n'est donc, dans le parallélisme, que le Catholicisme papal romain, ou le Pouvoir qui, d'emblée, avait aussi d'abord attiré notre attention ; et comme il est déclaré que ce Pouvoir étendra en recouvrant les temps de la fin de l'Histoire, son influence dominatrice sur trois rangs de la série des Peuples — lesquels sont dès lors le huitième, le neuvième et le dixième, — il s'ensuit que nous retrouvons ici constituée la série du bloc des dix que nous connaissons déjà.

Cette série, hâtons-nous de le dire, est d'ailleurs aussi, et indépendamment de cette première vue, explicitement mesurée dans le document par ce même nombre

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canonique dix. Ainsi de toute manière s'établit un premier grand fait : le bloc de dix Peuples chefs, constitutif de l'Histoire générale, est également l'organe constitutif capital du livre que nous analysons — ou du Livre par excellence : « la Bible ».

Reprenons maintenant le récit historique proprement dit de ce livre. Nous venons d'identifier le Faux Prophétisme qu'il annonçait. Mais suivons de plus près l'histoire du quatrième Peuple, gardien et dépositaire du Livre. Détruisant le mirage d'idées traditionnelles fausses qui, dans le plan historique, y anéantissent les Juifs dès qu'il s'agit du Christ et des chrétiens, il nous faut tout d'abord présenter au lecteur ce Peuple comme le gardien tant du Nouveau que de l'Ancien Testament, puisque les écrivains de l'un comme de l'autre sont tous des Juifs israélites, et que ce qu'on appelle l'Eglise chrétienne, ou l'ensemble externe des disciples du Christ juif, a pour fondateurs des Juifs, et est en propre leur œuvre.

Sous l'Ancienne Alliance, l'Histoire politique des Israélites, considérée dans ses lignes maîtresses, offre un schéma très simple. D'abord réunis et formant un ensemble de douze Tribus, ils se partagent ensuite en deux groupes : l'un, de deux Tribus, dont Juda, et qui forme la Maison de Juda et ses Rois, ou les Juifs proprement dits ; l'autre, des dix autres Tribus, formant la Maison d'Israël. Ce second groupe, dans la suite, est déporté en Arménie, d'où, franchissant le Caucase et contournant la Mer Noire, il gagne la région du Danube ; et l'on peut naturellement induire qu'ultérieu-

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rement, remontant ce fleuve, il a gagné les régions de l'Europe centrale ou occidentale. Quant au premier groupe, lors de la Captivité de Babylone et de la fin de ses Rois, les données textuelles de la Bible, d'accord avec les traditions et les documents historiques les plus anciens de l'Europe (ceux de l'Irlande), concourent pour indiquer comme seule solution possible de la destinée du reste de la lignée royale de Juda, son transfert dans les Iles Britanniques, grâce aux relations commerciales qui, depuis une durée séculaire, s'étaient établies, par la voie maritime, entre la Palestine, l'Egypte, et ces confins occidentaux de l'Europe.

Cela veut dire — sans pouvoir ici s'étendre plus sur les détails justificatifs — que d'emblée se retrouvent dans la Bible les deux liens si remarquables entre l'Orient et l'Occident, entre l'origine et la fin du bloc historique des dix Peuples, que l'observation générale de la matière avait déjà antérieurement vus se dessiner : l'un au Nord, l'autre au Sud de l'axe de filiation historique du monde latin ; tous deux convergeant, pour s'y rencontrer, dans les Iles Britanniques. En outre, la nature particulière, la définition de chacun de ces liens se précisent ici ; ils ressortissent à un même peuple, le quatrième de la série, celui dont la destinée est l'axe instrumental même du Christianisme ; et le résultat concret et tangible de leur existence se traduit, en conclusion, par deux faits qu'ils enseignent, savoir :

1° Le fait de la descendance israélite des Anglo-Saxons ;

2° Le fait (conforme à tout ce qu'établit ensuite une

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analyse plus approfondie du sujet) de la continuation de la lignée des Rois de Juda dans celle de la Royauté en Angleterre (1).

S'il en est ainsi, on voit immédiatement que le Retour des Juifs en Palestine, sous l'égide de l'Angleterre, c'est-à-dire le mouvement historique caractéristique auquel de nos jours nous assistons, n'est autre chose que l'accomplissement d'un fait annoncé par la Bible dans le Livre du Prophète Jérémie :

« La Maison d'Israël et la Maison de Juda reviendront ensemble des pays du Nord dans la Palestine » (Jér., III, 18).

Par ces données nouvelles de la Bible, le plan déjà pressenti de l'Histoire s'éclaircit donc, et de plus près se définit. Nous connaissons déjà la suite des Peuples chefs et leur loi normale de succession. Nous savons de plus maintenant que, parmi ces peuples, un, le quatrième, est choisi, dont la destinée, traversant l'ensemble organique de tous les autres, est, par le Christianisme qu'il porte, l'axe et l'âme de la Civilisation.

XI. Mais, ce premier chaînon d'une vue nouvelle étant ainsi introduit, l'Histoire, par la Bible, se définit

(1) Il est notoire, en accord avec ce fait basé sur des documents positifs, que la croyance en existe d'une manière populaire chez une grande partie du peuple anglais, et qu'elle est même professée publiquement par des membres éminents de la famille royale d'Angleterre.

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sous un autre aspect encore, à la fois singulièrement plus profond et plus général.

Après avoir présenté, à la suite de la formation ordonnée et progressive de la surface terrestre, l'histoire de l'homme, de son origine jusqu'au Déluge, elle aborde, à partir de ce dernier cataclysme tellurique, parachèvement du relief systématique du Globe (1), l'histoire ordonnée aussi, de la succession des Peuples chefs ; mais elle en prend pour ligne directrice la vie du Peuple choisi (Peuple élu), dont nous venons de reconnaître l'existence, et qui est le dépositaire de la Loi morale. Au sein de ce peuple doit paraître le Messie ; celui qui révélera, dans toute sa profondeur, la Loi spirituelle qui établit un lien entre l'Homme et Dieu. Ce Missionnaire, à sa Première Venue, a scellé son Apostolat de son sang. Cette Première Venue est celle que nous connaissons. Elle établit, dans le Livre, le point de séparation entre ses deux parties fondamentales, l'Ancien et le Nouveau Testament. Mais la Bible enseigne en outre, en limitant ainsi tous les temps de l'Histoire, une Seconde Venue du Christ, Venue que nous attendons maintenant. Il apparaîtra alors, non plus comme Sacrificateur, mais comme Roi, à la fois Juge des Nations et bienfaisant Instituteur d'un Règne de Paix et de Prospérité. Ce Règne est le Millénium.

(1) Voir ici la Note II à laquelle il est renvoyé à la page 65. Le Déluge est en quelque sorte écrit à la surface du Globe par le tracé géométrique de son relief (grands S méridiens).

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Tel est le dessin général qui, dans la Bible, trace, encadre et limite la vie présente de l'Humanité. Quant aux agissements des Peuples au cours de cet enfantement à un état nouveau et meilleur, issu de la lutte du Bien contre le Mal dans l'espace séculaire qui sépare les deux Venues ; quant à leur incompréhension aussi, due au Péché, du véritable état dans lequel ils se trouvent, la Bible dénonce comme dominant toute cette période une Grande Imposture temporelle et spirituelle qui, s'emparant de l'Autorité du Christ, prétendra établir dès maintenant, par substitution, Son Règne sur la Terre. De cette Imposture les progrès, par l'impiété et l'aveuglement des hommes, doivent aller en croissant jusqu'à la fin de l'Histoire ; bien plus, ils seront favorisés par la compromission sacrilège, avec le Faux Prophète soi-disant chrétien, du Peuple Elu lui-même retrouvé dans le dixième et dernier Peuple chef de la Loi. C'est cette compromission que la Bible annonce sous le nom de la Grande Babylone, ou Grande « Cité de confusion », des derniers temps. Ce fait historique de perversion se manifeste dès maintenant, et de jour en jour nous en constatons les progrès.

XII. Un tel accord de la Bible avec tout l'ensemble des données précédemment observées, la précision qu'elle leur acquiert, constituent certes un appoint considérable au sujet. Et cependant, et en dépit de tout cela, il nous faut encore regarder de très près où nous en sommes réellement quant à une véritable démonstration. Assurément nous croyons que, pour plusieurs, cet

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ensemble systématique ainsi révélé possède déjà force de loi ; qu'il démontre même, pour qui sait voir, l'existence d'un plan voulu. Mais c'est précisément à ce dernier égard qu'au point de vue critique, si l'on a l'esprit suffisamment averti, va maintenant se présenter le plus grand des obstacles à l'acceptation, étant donné le courant des idées dans le milieu auquel nous avons affaire ; obstacle si accusé qu'il constitue, au fond, le cœur du débat. Expliquons-nous. Nous avons pu jusqu'ici contenir celui-ci dans les limites, les lisières admissibles d'un conflit à observer entre l'imposition d'un milieu physique donné et l'action modificatrice possible de forces d'un autre ordre, les forces humaines de Volonté. Mais, dans l'espèce, ce que le résultat de notre observation contraint maintenant et essentiellement d'admettre, d'après les caractères particuliers qui dans ce conflit se manifestent, c'est non plus la seule action de forces humaines, mais l'existence d'une force de Volonté directrice, institutrice du système total observé lui-même, y comprises les Lois qui le régissent. Cela veut dire, par un mot qui pour tout le monde résumera et dira tout, que ce système observé devient, par un fait, la preuve externe manifeste de l'existence de Dieu ; ou encore, en adoptant la terminologie scientifique actuelle, qu'il nous transporte forcément de l'ordre naturel dans l'ordre surnaturel. Il y a beaucoup plus encore. La difficulté s'accroît, elle devient pour beaucoup redoutable, à raison du lien organique intime qui, pénétrant cet ensemble, le rend solidaire d'un document écrit, la Bible, d'un Livre qui, non seulement

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d'une manière générale, mais par ses traits de détail les plus particuliers, consacre et incessamment affirme la réalité de cet ordre surnaturel, ou du Miracle, et dont cependant on ne peut rejeter aucune partie sans du coup rejeter aussi le facteur qui en est l'âme et le centre, c'est-à-dire la personne du Christ, et l'autorité de Sa Parole.

Il en résulte donc que le champ du débat, celui-ci changeant de nature, tend aussi à singulièrement s'étrécir. Ce ne sont plus des largeurs qui s'offrent, et où l'esprit pouvait encore s'étendre à l'aise ; c'est une voie étroite, un espace de plus en plus clos et restreint, un point où, en dernière analyse, viennent s'affronter, en y concentrant leurs forces : d'une part, l'irréductible négation professionnelle de la science d'aujourd'hui ; d'une autre, forte de la simple et indépendante constatation positive de faits, la thèse que nous défendons. Tel est le véritable état de la question. On va voir cependant que, par un retour admirable, c'est dans cette étroitesse même que réside aussi la véritable et seule possible solution.

XIII. Dans une telle conjoncture, en effet, il faudrait, pour décider, rien moins qu'une preuve qui, à la manière d'une force matérielle, convaincrait parce qu'elle vaincrait, c'est-à-dire — pour en revenir au pur mathématicien, jusqu'ici tranquille et impassible témoin de toutes ces fluctuations d'idées — une preuve scientifique mathématique proprement dite. Mais une telle preuve — nous ne pouvons plus rien changer à

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nos documents, et ils sont les seuls — ne pourrait-elle être fournie par ce même Livre qui, déjà reconnu doué d'une connaissance en quelque sorte surhumaine de l'Histoire, est aussi (dès le commencement nous l'avions remarqué) enseigneur de nombres dans toutes ses pages ? Or il en est bien ainsi ; et c'est à la démonstration de quoi notre mathématicien, heureux de se retrouver enfin dans son vrai domaine, reçoit en dernière analyse mission de se consacrer.

Passant outre aux commentaires des critiques et théologiens qui, tous à côté de la solution scientifique immédiate et simple, proposent plus de deux cents systèmes chronologiques différents et également autorisés, dont la seule discordance prouve l'erreur, — qui, bien plus, actuellement, après tant de déceptions, déclarent officiellement qu'il est impossible d'établir la chronologie de la Bible, même que celle-ci n'existe pas, — le mathématicien s'empare du document ; à la manière d'un écolier il en additionne tels quels les nombres ; et comme Diogène, contre ceux qui le niaient, prouvait le Mouvement en marchant, il établit ainsi qu'il existe une, et une seule chronologie : la chronologie littérale de la Bible.

En outre, d'emblée il découvre aussi le caractère mathématique remarquable de cette Chronologie littérale. Celle-ci témoigne chez son auteur, quel qu'il soit, d'une évidente intention constructive fondée sur les propriétés des nombres. Son premier soin, après cela, est de voir ; puisque la Bible est un livre d'Histoire — et bien plus, puisqu'elle parle ouvertement de la succession

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des Peuples, très justement comparés par elle à des organismes animaux, et qu'elle assigne à ces Peuples une vie limitée mesurée par une période qu'elle appelle Temps, — si, dans ce parallèle avec la Loi de l'Histoire, elle ne nous renseignerait pas, avec une précision arithmétique, sur la durée qu'elle attribue à cette période historique. Or c'est ce que le Livre fait en effet connaître avec une entière rigueur. Il fixe la valeur de sa période, ou Temps, à 1 temps = 516 ans (1).

La Bible connaissait donc il y a près de vingt-cinq siècles, donc avant son accomplissement, cette Loi de l'Histoire que, l'Histoire s'écoulant, nous avons seulement de nos jours été en mesure d'observer. Ce qui se trouve écrit dans le Livre de Daniel, c'est que la vue géniale de Brück, et sans que celui-ci ait jamais rien su de cette formidable concordance, a aperçu en analysant après coup le long mouvement historique accompli.

En écrivant ses nombres, Daniel déclare d'ailleurs qu'il ne les comprend pas. Il lui est alors dit de fermer et de cacheter son livre ; qu'au temps marqué, celui-ci sera ouvert et lu par plusieurs, et que la science alors sera augmentée. Or l'époque indiquée par ces nombres de Daniel est précisément celle de la découverte de la Loi de l'Histoire avec sa période de 516 ans (Brück), et de l'admirable mouvement de connaissance scientifique de la Bible qui l'a suivi.

(1) Voir plus haut, page 63.

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Engagée dans cette voie et appuyée sur de pareilles constatations, qui décident évidemment déjà quant à l'Inspiration de l'Ecriture, l'investigation mathématique se poursuit ensuite de proche en proche avec une lumière sans cesse croissante ; et, de vérifications en vérifications absolues, elle voit progressivement tous les nombres dont les pages du Livre sont parsemées, pointer avec rigueur les événements historiques qu'il rappelle ou qu'il annonce, sur la chronologie littérale que dès l'abord il avait constituée. Il enseigne et reproduit ainsi les dates universellement connues de l'Histoire générale. Telles sont, pour n'en citer qu'un seul exemple capital, les dates fondamentales qui concernent le Faux Prophétisme romain : + 325, + 330 (Constantin) ; + 843 (Charlemagne, Traité de Verdun).

C'est donc un fait que toute la matière historique et prophétique de la Bible, de son premier à son dernier feuillet, est enserrée dans l'armature d'un étroit système mathématique rigoureusement défini. Mais il y a plus encore. En poursuivant, et examinant de plus près le document dans sa structure matérielle externe elle-même, l'observateur découvre ensuite que cette structure, que l'on sait en Livres, Chapitres, Versets, elle s'est constituée au cours du temps pour nous être finalement offerte sous le nom de Texte reçu au temps de la Réforme et du Retour du monde civilisé à l'Evangile, forme en outre aussi un tout mathématique lié jusqu'en ses plus infimes parties, et même, conformément à ce qu'avait déclaré le Christ (Matth., V, 18) jusque dans les lettres qui en composent les mots. Cela veut dire,

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puisqu'il s'agit ici d'un objet matériel, mis sous nos yeux, que la Bible est, dans toute la force du terme, et à tous égards, un véritable Signe ou Miracle.

XIV. Si l'on aperçoit la portée d'un pareil fait, scientifiquement établi, on ne s'étonnera pas de la conclusion d'ensemble définitive que nous allons formuler tout à l'heure (voir § XV) et dont nous accentuerons encore la force en mentionnant au préalable deux autres grands éléments prophétiques (la Grande Pyramide et la Mathématique de l'Histoire), qui sont en connexion intime avec ce même sujet. La preuve mathématique, déjà si forte par ce qui précède, l'est par ces nouveaux Témoins, encore beaucoup plus qu'on ne pourrait le supposer.

LA GRANDE PYRAMIDE.

La Bible — en vue, sans doute, des objections d'un scepticisme paradoxal, qui dirait qu'au cours des temps le livre a été modifié et échafaudé de manière à présenter le caractère systématique qu'il nous offre aujourd'hui — nous enseigne en Esaïe, XIX, 19, l'existence matérielle d'un autre Signe ou Miracle, aujourd'hui d'ailleurs connu de tous quoiqu'il n'en soit pas compris, et complètement indépendant du Livre lui-même. Ce signe, elle l'indique en tant que preuve écrasante de l'entière et absolue vérité de tout ce qu'elle-même déjà enseignait. Il s'agit de la Grande Pyramide d'Egypte.

Si d'une part, en Esaïe, XIX, 19, la Bible appelle en effet par une mention géographique directe notre attention sur l'existence de ce Monument séculaire, c'est,

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d'autre part, une des conquêtes de notre propre temps que la connaissance scientifique de ce même Monument. De l'aveu de tous — favorables ou non au Christianisme, — c'est un édifice mathématique et astronomique, au niveau, par l'exactitude de ses données théoriques et constructives, de notre science moderne la plus avancée. Les étudiants de la Bible savent, en outre, que le tracé géométrique interne ou diagramme de ses passages, dans un plan méridien, n'est rien moins, au moyen d'une unité de mesure empruntée au Globe terrestre ellipsoïdal, qu'une figuration, en mesure chronologique précise, de tout le système historique et chronologique littéral de la Révélation. Celui-ci s'y retrouve exactement tout entier. Ils estiment en particulier éminemment remarquable d'y voir ostensiblement mise en évidence la période de 516 ans de Daniel-Brück ; et bien plus, dans cette période, visiblement mesurées les cinq phases dans lesquelles la Loi de Brück la décomposait, situées, sur l'échelle chronologique, aux dates chronologiques absolues que celles-ci occupent effectivement dans le terme quinquaséculaire du dixième et dernier Peuple chef de la Loi (c'est-à-dire du Peuple Élu [l'Israël Anglo-Saxon], dépositaire de la Révélation).

La Pyramide existait deux mille ans avant l'ère chrétienne ; son royal constructeur, son histoire sont connus ; par sa nature, elle est restée immuable à travers les siècles qu'elle a vus passer, et qu'elle avait écrits avant qu'ils fussent nés. C'est donc ici un nouveau témoin miraculeux irrécusable.

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LA MATHÉMATIQUE DE L'HISTOIRE.

Ce témoignage de la Grande Pyramide, monument d'ailleurs hébreu et non égyptien, assied, disons-nous, avec une force inébranlable la certitude de ce que d'abord nous enseignait la Bible. Mais, par dessus tout cela, dans l'admirable sujet qui nous occupe et qui nous concerne, dans son entièreté, les origines, la vie, et la fin de l'Humanité, il nous reste à signaler un second fait mathématique d'un ordre plus général et plus impressionnant encore peut-être. Il s'agit de la Mathématique de l'Histoire. Celle-ci ressort directement de la vue physique de la surface même de la Terre. Elle se définit en ce que, dans toute la réalité des choses, le développement de l'Humanité et la succession d'événements particuliers qu'on appelle l'Histoire se sont opérés, sur la surface terrestre, d'après un diagramme géométrique et cinématique entièrement défini d'espace et de temps. Ce diagramme présente des points d'action déterminés (capitales, centres d'action des peuples) ; les périodes de la succession historique y sont figurées et mesurées par la révolution de méridiens tournant autour de l'axe des pôles ; il est traversé par le grand cercle régulateur connexe de l'Arc historique, c'est-à-dire le grand cercle que déterminent sur la Terre les deux points Jérusalem et Londres, et qui concerne en particulier la destinée du Peuple Élu. Le mathématicien observateur a d'ailleurs approfondi et, avec le même soin que pour tout le reste, poursuivi dans ses détails l'étude de ce dernier sujet ; et la conclusion, victorieuse pour la thèse de l'inspiration biblique jusqu'ici affirmée, qui résume son

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travail, et sans commentaires dit tout, est celle-ci :

« L'Histoire s'est développée à la surface de la Terre suivant un diagramme géométrique et cinématique déterminé, dont les mouvements sont réglés par une fonction du temps que définit la Chronologie littérale de la Bible. »

Ainsi ce n'est plus la structure chronologique seule du Livre, ce n'est même plus seulement, et en outre, le Livre de Pierre immuable de la Pyramide, c'est la surface elle-même du Globe organisé, témoin mathématique vivant et actuel, qui scelle par des lois tangibles, et pour tous contrôlables et mesurables, l'Autorité scientifique externe des Écritures.

XV. Ces faits miraculeux non révocables résolvent de manière décisive le dilemme où, en confrontation directe avec la Science purement mécaniste actuelle, nous avait conduits et réduits les faits antérieurs. Le point de vue de cette Science, admis d'abord au bénéfice d'Hypothèse possible, doit être rejeté, puisqu'il ne satisfait pas à ces faits. C'est donc l'Hypothèse opposée qui seule est recevable ; et cela signifie, en d'autres termes, qu'appuyé sur les données de la Science la plus positive, c'est l'Ordre surnaturel qui est le vrai.

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE

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Il ne nous reste, dans le point de vue purement scientifique — mais en élevant plus encore notre vue, — qu'à définir maintenant la véritable portée utile d'un pareil sujet d'études.

Tout ce qui précède — en dehors du Principe de Foi en l'Autorité sans appel de la Raison, qui a une haute signification morale et qui est l'âme de la méthode scientifique — pourrait sembler à beaucoup ne constituer que des résultats de l'ordre purement intellectuel, et n'être, comme tels, qu'une satisfaction pour l'esprit.

Or ce qu'il nous importe tout au contraire de bien faire comprendre et de bien mettre en évidence, c'est que cette méthode scientifique, ainsi appliquée à des objets du monde purement externe, et qui n'offre d'abord en effet à notre esprit, dans son ardente recherche de la vérité, que des certitudes externes, déjà lui apporte cependant du même coup, dans l'ordre moral et spirituel lui-même, et avec une force égale, des certitudes que jamais il n'aurait d'abord pensé pouvoir atteindre par une voie de cette nature, la seule qui, dans l'état actuel de nos milieux, puisse constituer, pour ceux-ci, ce qu'on y appelle une Démonstration.

Retraçons en effet rapidement le long chemin que nous venons de parcourir. Nous conformant à l'usage courant de nos formules d'école, nous sommes arrivés à établir que les faits constatés (c'est-à-dire cette économie qui, commandant aux volontés, suppose, avec le

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pouvoir de réaliser, la connaissance absolue de l'Avenir) sont inexplicables dans l'hypothèse de simples forces et influences de l'ordre humain ; ce qui équivaut, si l'on écarte les paradoxes, à présenter une démonstration scientifique de l'Existence de Dieu. Et cela nous permet dès maintenant de répondre par l'affirmative à la question qui sert de titre à ce Discours : Existe-t-il un Gouvernement de Dieu ?

Mais en outre, dans cette voie ainsi introduite, ces faits serrent leur objet d'une manière concrète tellement étroite, qu'ils définissent avec netteté un lien spirituel et moral particulier qu'à travers l'Histoire on voit s'instituer entre l'esprit de Dieu et l'esprit de l'Homme. Ce lien s'établit par Jésus-Christ, qui est l'âme et le centre de ce système externe et miraculeux ; et enfin, l'instrument de ce lien par Sa Parole, la Bible, à l'Autorité absolue de laquelle Il rend sans cesse témoignage, que les mêmes faits démontrent d'Inspiration plénière jusqu'en ses plus infimes parties et en soi, un Miracle tangible que voient nos yeux et touchent nos mains.

Il est donc bien certain qu'une science purement externe, par la manière dont elle enserre une doctrine spirituelle, peut constituer la démonstration mathématique de la vérité absolue de cette doctrine, soit ici, dans l'espèce, du Christianisme orthodoxe ; et par conséquent, comme va le faire la seconde partie de notre étude déterminer avec une entière certitude pour chacun de nous, mis en présence de sa responsabilité morale, les sanctions qui s'ensuivent au regard de la Justice de Dieu.

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DEUXIÈME PARTIE
(XVI – XXII)

XVI. Notre tâche n'est donc pas terminée, et notre exploration du sujet est incomplète, si nous envisageons comme terme suprême, et dans son entièreté, la nature de l'homme.

Redisons-le : des faits nous ont contraints à les suivre et, que nous le voulions ou non, nous ont conduits à Jésus-Christ. Mais c'est aussi là qu'ayant ainsi fait leur œuvre, maintenant ils nous abandonnent et, nous livrant désormais à la seule vue de notre être intérieur, tous les recours de l'esprit ayant disparu, nous laissent seul à seul avec Lui.

Or, dans ce nouvel état, ce n'est plus la vie et la mort de l'Humanité, la mort ou la vie de telles collectivités ou de tels individus que nous avons à froidement considérer, mais le fait de notre propre vie et de notre propre mort, et l'approche d'une destinée ultérieure, dans le sentiment redoutable de la responsabilité morale.

De nouveaux problèmes concrets, en même temps, à cet égard se proposent et nous sollicitent ; mais leur solution, d'après l'ordre établi que nous venons de découvrir (Première Partie), ne va plus se trouver dans une observation externe du Monde : elle résidera dans l'exploration et les enseignements d'une Parole écrite, préalablement démontrée vraie dans toutes ses parties.

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XVII. A) Un des premiers bienfaits que nous recevons de cette certitude scientifique préalable, c'est de connaître par la Bible, en même temps que Ses paroles et Ses actes authentiques, la personne et le caractère de Jésus-Christ — si étrangement déformés par l'imagination des hommes ou les dogmes traditionnels de certaines Eglises.

La Bible est à cet égard le document unique. Pour cette mission décisive il fallait, on vient de le dire, qu'elle fût d'abord, et à un degré absolu comme elle l'est maintenant, démontrée vraie. Mais, sous le point de vue de nos réflexions actuelles, cela était particulièrement nécessaire pour deux raisons spécifiques qui touchent au cœur de notre sujet, savoir :

1° Parce que si, dans les biographies des hommes en général, la vraisemblance des faits d'ordre normal qu'elles nous proposent suffit, à raison de cette nature normale, pour que nous les admettions comme vrais, il en est tout différemment pour une vie telle que celle du Christ, dont les plus grands traits directeurs eux-mêmes appartiennent à une Economie qui dépasse l'ordre habituel de la nature ;

2° Parce que si, dans les biographies ordinaires, des erreurs peuvent n'avoir qu'un poids négligeable, ici, à raison même de cette Economie supérieure nouvelle, qui établit une relation entre le Fini et l'Infini, entre l'Homme et Dieu, qui nous révèle le fait insondable de l'Amour de l'Etre Eternel et Tout Puissant volontairement soumis pour nous à la souffrance, toute

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erreur, en faussant les idées, s'attribue elle-même un poids infini.

B) Un second bienfait, démonstratif de la nécessité d'une authentique exactitude de la Bible, relève précisément de cette dernière observation, c'est-à-dire du poids qui s'attache ici, dans l'ordre de la connaissance, à tout écart en dehors de la Vérité ; et nous en présenterons deux exemples.

a) Le premier touche à l'un des objets les plus capitaux de l'ordre caché, et pour nous incompréhensible, de la nature de Dieu, dont nous venions d'abord de parler, et qui est le mystère de la Sainte Trinité ; mystère dont l'Espace, dans le Monde créé, construit sur le Nombre Trois, est un Signe et une Ecriture, et qui dans la Bible (1) est d'ailleurs explicitement enseigné : il l'est tout d'abord dans l'Ancien Testament en Esaïe (VI, I), et dans le Nouveau, par les paroles précises de Jésus-Christ (Matth., XXVIII, 19).

La Critique moderne, méconnaissant le fait que le texte exact de la Parole est le Texte Reçu (2), formé au cours du temps et constitué par la Réforme ou le Retour à l'Evangile, s'autorise à retrancher de ce Texte

(1) Sans parler du premier verset de la Genèse et de toute la Révélation, et de son Pluriel Elohim, TROISIEME mot de ce verset de SEPT mots.

(2) Texte Reçu : « Textus qui dicitur Receptus », ex prima editione Elzeviriana (Lugduni Batavorum anno 1624 impressa) (Réimprimé à Cologne en 1871).

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la déclaration absolue et définitive du passage concernant la Sainte Trinité de I Jean (V, 7-8).

Or, la construction mathématique de la Bible démontre que ces versets de I Jean (sans lesquels d'ailleurs le contexte, ce qui serait à soi seul leur justification déjà suffisante, n'a plus de mesure ni de sens) font partie intégrante géométrique de tout l'ensemble de l'Écriture plénièrement et littéralement inspirée ; supprimés, ils entraîneraient la désagrégation mathématique du tout. Voici donc un cas où une démonstration mathématique, en soi indestructible, est nécessaire pour nous éclairer avec une entière certitude sur un des points les plus profonds de la Foi (1).

b) Un autre exemple nous sera fourni, et plus utilement encore à certains égards, par un des objets qui intéressent au plus près aussi le catholicisme romain

(1) Dans ce verset, « trois » et « les trois » sont au masculin dans le texte grec : τρεις οι μαρτυρουντες, και οι τρεις ; tandis que les mots : esprit, eau et sang, auxquels ils se rapportent, sont tous neutres (il eût fallu dire : τρια τα μαρτυρουντα). Cette irrégularité, appelée en grammaire « le principe d'attraction », se justifie pleinement si le passage demeure dans son entier ; il devient inexplicable si l'on omet les paroles contestées. D'autre part, les mots : l'un (το εν) n'ont de signification que si l'on a déjà parlé de cet un dans les paroles précédentes ; il faut donc ajouter le passage au complet, comme il se trouve dans le Texte Reçu. Il est en effet impossible de concevoir comment ces mots « cet un » peuvent se concilier avec le retranchement des paroles précédentes. (P. Graeffe.)

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et le Pape, prétendûment représentant du Christ et, par le Christ, de Dieu même sur la Terre.

Au nom de l'Autorité plénière démontrée de l'Ecriture, nous pouvons juger ce système. Le Pape se fait appeler Saint-Père, alors que Christ a dit : « N'appelez personne sur la Terre votre Père, car vous n'avez qu'un Père qui est dans les Cieux ».

Les prêtres sont appelés Maîtres et Docteurs, alors que nous lisons dans l'Ecriture : « Ne vous faites appeler ni maîtres ni docteurs, car vous n'avez qu'un Maître et qu'un Docteur, qui est le Christ ». Aussi : « Que personne ne domine sur votre foi ».

L'Ecriture enseigne : « Il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes, savoir Jésus-Christ homme ». Comment admettre l'existence de centaines de médiateurs : la Vierge et les Saints ?

Nous lisons que « Christ a été offert une seule fois, après quoi il ne reste plus d'oblation pour les péchés ». Comment dès lors justifier l'institution de la messe, qui répète des milliers et des milliers de fois chaque jour, en tant que réalité effective, le sacrifice de Jésus-Christ destiné à racheter les fidèles de leurs péchés ? Mentionnons aussi les messes destinées à libérer à prix d'argent les âmes des morts séjournant au Purgatoire, séjour dont ne parle d'ailleurs pas l'Ecriture.

Pour légitimer ses prétentions au rôle d'Eglise de Christ, dont le chef est le représentant de Dieu sur la Terre, les catholiques romains invoquent comme témoignage de Christ les paroles (latines) inscrites à la base de la Coupole de Saint-Pierre de Rome, paroles prises,

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disent-ils, dans les Ecritures et qui, par la bouche du Christ, consacreraient leur domination légitime des âmes : « Tu es Pierre (1), et sur cette pierre j'édifierai mon Eglise ».

Nous allons démontrer que le passage capital, sur lequel reposent ainsi depuis des siècles les prétentions du catholicisme romain, a été mal traduit et que le texte grec original a une tout autre signification.

Ces paroles de Christ, qui sont présentées au monde par le système religieux que nous examinons comme la confirmation victorieuse de son pouvoir temporel et spirituel, ont un sens et une portée d'un ordre tout à fait supérieur et radicalement différents de l'interprétation habituelle. Elles constituent en réalité et strictement : 1° la définition, faite par le Christ, de la manière dont Il choisit et consacre Ses vrais disciples (Ses Elus), en leur conférant, par Sa Parole, une nouvelle naissance ; 2° la déclaration que cette Election personnelle par la puissance de Sa Parole (telle qu'Il en donne au même moment l'exemple en l'opérant sur Simon), est le moyen par lequel Il constituera (au futur, donc à une époque qui n'est pas encore venue) un Corps d'Elus qu'Il appelle proprement Son Assemblée (Ἐκκλησία) ou, d'après ce mot grec, Son Eglise. Il leur fait ensuite, 3° la déclaration capitale que ces Elus, ainsi choisis et consacrés par

(1) Simon Pierre, qu'ils affirment, en dépit de l'Histoire et de l'Ecriture, avoir été leur premier Pape et le fondateur de l'Eglise de Rome.

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Lui, échapperont (au futur, donc aussi plus tard) aux liens de la Mort (à la puissance du Hadès, lieu d'emprisonnement des âmes après la mort) ; c'est-à-dire qu'Il promet à ce groupe d'Elus, ou à l'Eglise, la Résurrection d'entre les morts (laquelle aura lieu à son Retour ou second Avènement).

Précisons dans quelles circonstances cela s'est passé.

Un homme appelé Simon, fils de Iona (1) (et non Pierre, ce qui d'ailleurs en grec n'était pas un nom ou prénom d'homme), vient de déclarer que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus prend alors la parole et lui dit :

« Tu es bien heureux, Simon, fils de Iona, car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et Moi aussi (Moi aussi, c'est-à-dire : Moi, le Fils de Dieu, après le Père, te parle à son tour aussi), je dis à toi que tu es une pierre (πέτρος), et de cette roche (πέτρα) (2) ou substance pierreuse dont je viens de t'extraire (roche qui est la PUISSANCE CRÉATRICE de ma Parole : JE DIS) je construirai mon Assemblée (Eglise, groupe organisé des Elus). »

L'Eglise romaine traduit inexactement (à tous égards, même grammaticalement comme nous allons

(1) Iona signifie en hébreu « Colombe » et désigne donc ici le Saint-Esprit ; sa mention, suivie de celle du Père et du Fils, dont il va être question, fait ainsi apparaître, dans les paroles de Christ, la définition de la Sainte-Trinité.

(2) Επι ταυτη τη πετρα : de cette chose-ci, la roche.

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le voir) ainsi : Un homme, Simon, déjà appelé avant cela Pierre (1) et connu comme ayant ce nom, dit à Jésus qu'Il est le Christ. Jésus lui répond : « Tu me dis que je suis le Christ ; eh bien, puisqu'il en est ainsi, je te dis (pour attirer l'attention de tous sur l'homme connu appelé Pierre) que toi tu es le nommé Pierre (ainsi ton nom, ordinaire jusqu'ici, va, par mon témoignage, devenir important ; je te confère ainsi un titre de noblesse), et (jouant sur le mot) je te dis que SUR cette pierre (c'est-à-dire sur toi comme homme) je construirai, j'édifierai mon Eglise (l'Eglise romaine) ».

Or, en envisageant le seul point de vue grammatical, mais qui, en tout état de cause, ici domine tout, cette traduction est, disons-nous, radicalement fausse. Quand la préposition grecque ἐπί, que l'on traduit ici par sur (dans le sens physique d'un objet reposant sur un autre), a cette acception, le mot qu'elle régit (ici la roche, πετρα) (2) est à l'Accusatif ; or, dans le texte grec, c'est-à-dire dans les paroles de Jésus rapportées

(1) Le passage Jean I, 42, constitue en outre la preuve certaine que (pétros) pierre (le nom que Jésus donne à Simon) signifie bien « une pierre » ; ce passage est, en effet : « Tu es Simon, le fils de Iona ; tu seras appelé Képhas, ce qui signifie UNE PIERRE » (pétros).

(2) « Roche » ou « substance pierreuse » — (si l'on voulait, en français, conserver le rapprochement, non d'ailleurs l'identité, qui n'existe pas, de πετρος (masc.) (une pierre) et de πετρα (fém.) (la roche).

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par l'Apôtre Matthieu, reproduction qui fait foi, le mot régi, roche, πετρα (επι ταυτη τη πετρα) est au DATIF, cas pour lequel επι ne signifie nullement sur, mais bien : moyennant, selon, conformément à, au moyen de, avec, de, et les sens connexes, et par exception simple indication de lieu sans idée d'appui (1) (ce qui est d'accord avec notre interprétation du sens de ce passage, donnée ci-dessus, et qui peut nettement et simplement se formuler comme suit : « Tu es une pierre, et de la même roche dont je viens de t'extraire, je construirai mon Eglise »).

L'Ecriture, qui pour cet objet comme pour tout le reste se suffit à elle-même, nous offre d'ailleurs un argument certain en faveur de notre interprétation.

Cet argument consiste simplement, puisque le passage Matth., XVI, 18, appartient à l'Evangile de Saint Matthieu, à noter dans toute l'étendue de cet Evangile la règle qu'il adopte à l'égard de la préposition επι et des cas qu'elle régit.

Or cette règle est rigoureusement d'accord avec notre interprétation, et un seul exemple typique, sans nul doute à cet égard institué par le texte inspiré, et qui

(1) Dans le cas présent, ce n'est pas la question ubi (où), c'est-à-dire avec désignation de lieu qui se pose. On ne dit pas que Pierre est le lieu où l'Eglise sera bâtie, mais qu'il est le fondement SUR lequel elle sera bâtie en s'appuyant sur lui ; et dans ce second cas, le sens en question, ce n'est pas le génitif (ou par exception le datif) qu'il faut employer, mais l'accusatif.

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dispenserait de tous les autres, suffit sans plus à le démontrer.

Reprenons le passage de Matth., XVI, 18 :

(I) Επι ταυτη τη πετρα οικοδομησω μου την εκκλησιαν.

L'Église romaine traduit :

(II) Sur ce roc je bâtirai mon Église.

Mais en Matth., VII, 24, il est enseigné, par la bouche du Seigneur Lui-même, comment devrait se traduire en grec cette dernière idée (II) de l'Église romaine. Matth., VII, 24, écrit en effet (et avec les mêmes mots, substantif et verbe, que (I) et (II), πετρα et οικοδομεω) :

(III) Il a bâti sa maison sur le roc.

Ωκοδομησε την οικιαν αυτου επι πετραν.

Si la prétendue traduction (II) de (I) était exacte, il faudrait donc que (I), au lieu de ce qu'il écrit (avec le datif πετρα), il eût écrit (avec l'accusatif πετραν) :

(I) Επι ταυτην την πετραν οικοδομησω μου την εκκλησιαν.

La traduction romaine (II) est donc erronée d'après l'Autorité sans appel de l'Écriture.

S'agit-il, au contraire, d'une idée où επι ne peut avoir que le sens επι = de, moyennant, etc., sens que nous attribuons à (I), soit, par exemple, en Matth., IV, 4 :

(IV) L'homme ne vivra pas de pain seulement.

Ουκ επ' αρτω μονω ζησεται ανθρωπος,

le texte sacré écrit (IV) avec le datif (αρτω) comme il écrit (I) avec le datif (πετρα).

L'Écriture enseigne donc, par (IV), le sens qu'il faut donner à (I).

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Le commentaire et l'argument peuvent dès lors ici être brefs : il est clair, par une simple constatation de fait grammatical, que la traduction romaine est erronée ; et qu'ainsi, ce petit mot « SUR » étant reconnu erroné, toute l'immense thèse s'écroule.

À la suite de l'erreur que nous venons de constater, une autre se présente en outre, dont la portée dogmatique n'est pas moins considérable.

Si la préposition ἐπί, sur laquelle tout ce qui précédait repose, a été faussement traduite, il en est de même — et ceci dérobe un second objet doctrinal essentiel — de la phrase qui suit les premières et mémorables paroles du Christ. Cette phrase, les théologiens catholiques la traduisent :

« Et les portes de l'Enfer ne prévaudront point contre elle »

(contre l'Eglise romaine), en voulant entendre par les mots Portes de l'Enfer : les puissances terrestres du Mal, liguées contre l'Eglise catholique romaine. Or voici ce que le texte dit en réalité : « Et les portes du Hadès (c'est-à-dire du lieu où sont les âmes après la mort, en attendant la Résurrection) ne prévaudront point contre elle » (contre Son Eglise, contre le groupe des Elus de Christ) ; par quoi, en réalité, il annonce que les liens de la Mort ne seront pas assez puissants pour empêcher la Résurrection des Elus, emprisonnés dans le Hadès, et retenus par ses Portes. Il s'agit donc en réalité ici, pour l'Eglise de Jésus-Christ, de l'objet qui est toute son espérance, savoir la Résur-

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rection des Morts lors du Second Avènement du Seigneur (1).

Le passage célèbre dont nous venons de parler démontre donc bien, et par sa notoriété mieux que tout autre peut-être, l'importance vitale que peuvent avoir les moindres détails de la Parole écrite, et par conséquent la nécessité d'une certitude scientifique préalable de leur authenticité. Nous estimons que ce passage capital et prééminent de l'Ecriture devrait, non seulement à raison de sa puissance décisive à l'encontre des prétentions spirituelles et temporelles de la fausse Eglise (l'Eglise catholique romaine), mais encore, mais surtout à cause de l'enseignement spirituel et des espérances essentielles qu'il apporte aux rachetés de Jésus-Christ, servir d'une manière constante, tant d'arme de combat que d'instrument puissant d'édification, aux Eglises évangéliques (2). Bien loin qu'il en soit ainsi, on semble en général dans ces

(1) On lira avec intérêt, au sujet de la question vitale dont nous venons de nous occuper, une communication adressée à la Mission Intérieure Evangélique de Montpellier, placée en Note III.

(2) L'argument, d'ailleurs, dans la prédication, est pour elles facile et peut se formuler comme suit : L'édification ou construction de Son Eglise est l'œuvre de Christ. Pour construire l'Edifice, il faut des pierres, lesquelles sont les Elus. Ces pierres sont tirées d'une roche. Quelle est cette Roche ? Mais on le sait précisément par l'exemple de l'Elu Simon, lequel est une des pierres, et que Jésus vient de faire tel (une pierre) par la puissance créatrice de Sa Parole : je te dis. La Roche, c'est donc

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Eglises redouter d'attirer de trop près l'attention sur ce passage. Cela vient évidemment de ce qu'en général, et sans doute par le fait de l'emprise séculaire du milieu catholique romain, sa véritable et primordiale signification reste encore, pour presque tous, complètement inaperçue.

Ceux que la force du fait de l'erreur grammaticale atteindrait moins seront, on doit l'espérer, suffisamment retenus par celui des « Portes du Hadès », annonce de la Résurrection des Morts. Ce dernier fait, à lui seul, devrait emporter le tout et démontrer à tous que le texte authentique, lorsqu'on interprète les « Portes de l'Enfer » en tant que puissances du Mal, est, contre toute raison, grossièrement tronqué par la théologie romaine.

Il nous est impossible d'abandonner cette discussion sans aborder, en y appuyant, un dernier trait.

(1) cette puissance créatrice de la Parole de Christ ; c'est d'Elle que sont tirés tous les Elus individuellement, c'est-à-dire toutes les pierres vivantes constructives de l'Eglise.

On voit aussi par là combien sont fausses, parce que dénuées de sens rationnel, les tentatives d'interprétation du Texte qui, brouillant en réalité tout, disent par exemple que la Roche est la confession de Simon. Simon est une des pierres, c'est-à-dire un Elu, mais sa confession du nom de Christ ne donne pas à Christ de nouveaux Elus, c'est-à-dire d'autres pierres pour construire son Eglise ou Assemblée des Elus. En d'autres termes, de cette confession de Simon, Jésus ne peut pas tirer de nouveaux Elus. Ce n'est donc pas cette confession qui est la Roche.

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intentionnel dans le texte et, comme tout le reste, incompris jusqu'ici ; d'autant plus important cependant que sur lui essentiellement repose, comme argument populaire, la thèse de nos adversaires, c'est-à-dire du rapprochement euphonique (pétros, pétra) entre la pierre (pétros, πέτρος), qui va désormais désigner Simon-Pierre, et la roche (pétra, πέτρα), ou la substance spirituelle de laquelle il est tiré par l'Acte créateur de la Parole de Christ. De ce rapprochement euphonique, on pourrait assurément trouver quelque justification dans cette dernière idée, mystique elle-même, d'une extraction spirituelle ; mais d'autre part, il serait contraire à la Raison et au sens commun de nier que, dans l'ordre terrestre et humain du sujet, une désignation aussi caractéristique, directement formulée par le Christ, ne s'adresse pas d'une certaine manière à la personne même de l'homme qu'ainsi Il choisit, qu'elle ne concerne pas une mission particulière assignée à Simon — disons le mot, qu'elle n'atteste pas, dans l'esprit de Jésus, l'intention de conférer à Pierre une Primauté entre les Apôtres. Or il suffit encore une fois, pour comprendre le sens de cette particularité, de lire avec fidélité la Parole écrite tout entière. Cette Primauté existe en effet. Elle consiste, et très explicitement, en ce que Pierre est choisi entre tous pour être l'Apôtre des Juifs, c'est-à-dire de Juda (dépositaire des Écritures). De même que Juda avait entre les douze Tribus une Primauté venant de ce qu'il était le porte-parole de Dieu, semblablement Simon-Pierre a, entre les douze Apôtres, une Primauté

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en ce qu'il est l'Apôtre des Juifs, c'est-à-dire, dans le plan spirituel de l'Eglise, le représentant de Juda ; mais (ainsi que l'indique le futur dans les paroles de Jésus) cette Primauté ne se manifestera sur la Terre, dans la Régénération de toutes choses, que lorsque, à la Seconde Venue de Christ, et dans le Millénium, « les douze Apôtres seront assis sur douze Trônes, jugeant les douze Tribus d'Israël ». Et c'est pourquoi alors aussi, c'est-à-dire après que les Portes du Hadès, lors de la Résurrection, auront été brisées par l'Eglise, dans l'ordre nouveau qui s'établira entre le Ciel et la Terre, les Portes du Royaume des Cieux seront ouvertes par les Clefs de ces Portes, Clefs qui seront alors remises à Pierre, Apôtre de la Tribu de Juda.

On voit dans quelle mesure la dénaturation des paroles exactes du Christ, dont nous venons de nous occuper, a faussé en toutes directions l'interprétation et la connaissance du véritable plan de Dieu ; et il est effrayant de penser aux ravages spirituels que, durant tant de siècles, a ainsi engendrés et entretenus une erreur de fait inscrite, pour sans cesse s'affirmer au Monde, sur la couronne d'un temple.

L'observateur scientifique externe, de qui nous épousons le point de vue, ne doit d'ailleurs nullement s'en étonner. Cela même était annoncé par l'Ecriture dont il a d'abord découvert et démontré la certitude, et devait arriver. Cela procède de l'esprit de mensonge, explicitement prédit, qui traverse comme élément générique toute l'Histoire du Faux Prophète ; et ceci va, pour tous les observateurs indépendants, rejoindre.

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dans cette Histoire, les applications du même esprit de fausseté qu'on y retrouve, pour ne citer que ces seuls exemples (et sans parler, en fait de falsification, de la falsification de la Morale elle-même par les Jésuites), dans la fausse Donation de Constantin, les fausses Constitutions des Apôtres, les fausses Décrétales, et jusque dans les faux Commandements de Dieu Lui-même, œuvre du Concile de Trente.

XVIII. Récapitulons maintenant notre vue du sujet. La nécessité préalable de l'Autorité littérale et absolue de la Bible s'est mise en évidence, d'abord, pour l'objet suprême et primordial de la connaissance de la personne même et du caractère du Christ; ensuite, pour nous dégager des erreurs que sèment sur notre route la Critique négatrice, d'une part ; d'une autre, l'Hérésie, au Livre noir de laquelle, toujours d'après l'Ecriture qui nous le désigne, figure en première place, sous le nom de Faux Prophète, le Catholicisme romain.

Libérés désormais de ce dernier débat, pénible peut-être à certains égards, mais assurément nécessaire, un troisième et dernier point de vue s'offre, par lequel nous terminerons notre examen et qui, plus que tout autre, est de nature à contraindre notre attention. Il s'agit, en regardant plus au-delà de Dieu, et seul devant Lui, de connaître, par Sa Parole, au delà de la Mort, les conditions de notre destinée personnelle.

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XIX. Il est impossible à un esprit réfléchi qui a compris dans sa profondeur la doctrine de la Bible, de n'y pas reconnaître, par-dessus tout l'ensemble concret de faits qu'elle nous présente, une idée de Principe directrice, insondable dans son essence, mais cependant de l'ordre de la Raison, celle de l'union du Fini et de l'Infini; et ensuite, dans cet ensemble concret lui-même, la définition d'une œuvre nécessaire à cet objet supérieur, et qui constitue, dans la souffrance, un travail effectif, très réel et très difficile, de Dieu. Cette notion, intellectuellement insondable disons-nous, de la souffrance de l'Etre des Etres, et que sanctionnent cependant tant la Raison que la Conscience dès qu'elles envisagent dans l'Etre parfait le caractère le plus auguste de l'Amour (la souffrance), est la pensée qui « n'était jamais montée au cœur de l'Homme » et qui, essence du Christianisme, le sépare de toutes les autres religions.

Et il en est de même d'une autre notion encore qui, dans la Conscience de l'homme, est le plus puissant levier de cette Doctrine, savoir celle du Péché.

Le fait même de notre existence, de l'existence d'êtres d'un ordre différent du Sien (êtres finis) auxquels Dieu a donné l'Etre, est en soi un acte d'Amour. Il nous a donné en cela, non de ce qui est à Lui, mais Lui-même. C'est l'idée du Père. Or étant ainsi de sa race (1) et doués par son Esprit de sa puis-

(1) Il suit de là une conséquence immédiate : c'est qu'étant donc de sa race, un moyen que nous avons de mieux connaître la nature de Dieu consiste à nous observer nous-mêmes, et la

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sance, non pour répondre à Dieu par l'Amour — ce qui serait l'Ordre, — mais par une tentative à l'égalité, quel est l'homme qui songe à égaler Dieu ? A le méconnaître ou à lui désobéir, oui. Or la désobéissance, qui est la révolte, produit le Désordre et engendre la Mort.

C'est dans cet état de désordre, et par là de souffrance et de malheur, que se trouve actuellement, ceci à titre de fait d'observation positive, l'Homme, c'est-à-dire chacun de nous pris individuellement, et tellement tenaillé par la voix de la Conscience, à mesure que nous avons le courage de la mieux écouter, qu'au nom de la Raison qui nous contraint ici de regarder cette réalité de fait, toutes les difficultés intellectuelles qui s'élèvent en un pareil sujet s'effacent en quelque manière et passent au second plan.

Cela étant, supposons que, maintenus dans cet ordre supérieur de la pensée et en dehors de toute contin-

première vérification qu'à cet égard nous faisons est de reconnaître en effet d'emblée en nous, comme elle est en Dieu, une faculté d'Aimer qui, si elle s'adresse à Dieu Lui-même, s'y présente comme le principe générique de l'Ordre. De même, nous découvrons ensuite en nous que le caractère essentiel et supérieur de ce principe d'Amour qui s'y trouve, consiste à se donner, et qu'il ne revêt toute la plénitude de sa grandeur que dans le Sacrifice, inséparable de la souffrance. Ce caractère auguste se transporte alors de lui-même dans nos âmes, de nous-mêmes à Dieu qui, dans la perfection de son Etre moral, infiniment nous surpasse. Et il en résulte que, sans livres, il nous suffirait de nous regarder avec attention et sincérité, pour qu'au point de vue de la Raison nous soyons naturellement chrétiens.

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gence, c'est-à-dire uniquement portés par le flot puissant d'une certitude de fait interne indiscutable, nous reconnaissions la Justice de Dieu dans le jugement que nous sommes personnellement obligés de porter sur nous-mêmes. Il est certain qu'au point de vue de la Raison, nous devrons accepter avec joie, de toute la puissance de notre âme, l'annonce d'une Réparation qui, en nous délivrant de nos souillures, nous élève, par la paix et l'ordre, jusqu'au niveau de véritables enfants de Dieu.

Si à ce moment, notre faiblesse et nos imperfections nous empêchaient de goûter dans la joie de vivre l'attrait de ces biens supérieurs, l'éducateur suprême qu'est la souffrance interviendrait pour nous rapprocher de Dieu, et nous nous rappellerions la parole venue de Lui : « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ».

Il n'y a nul doute, disons-nous, qu'au point de vue même de la Raison, ces sentiments à la fois humains et divins soient faits pour conquérir le cœur de l'homme normal mais déchu, pour servir désormais, dans une nouvelle naissance de son être, d'éléments directeurs à son intelligence et à sa volonté.

XX. Mais si nul obstacle ne semble en effet pouvoir à cet égard se présenter tant que l'on se maintient dans le pur domaine de la pensée abstraite, il n'en est pas de même, l'expérience le prouve, lorsque de cette région supérieure on descend dans l'ordre réel des contingences finies.

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L'acte réparateur et libérateur de l'Amour de Dieu, que nous concevions et acceptions naturellement sous l'irrésistible contrainte de l'obligation morale, vient se heurter, dans la majorité des esprits de notre temps, au fait cependant inévitable que, puisque cet acte s'adresse à nous, la forme nécessaire de sa réalisation doit revêtir les conditions étroites de notre nature finie, en même temps que, venant de Dieu, des faits particuliers concrets et d'un ordre qui nous dépasse peuvent ici se présenter.

Pour faire taire ici les difficultés de notre raison, et sans dévier d'un pas de l'ordre de notre argumentation, nous dirons donc encore et comme toujours : c'est la Raison consultée qui doit redevenir notre Maître ; il lui faut savoir tenir compte, d'après ce qu'on vient de dire, de cette condition du problème. Or elle n'aperçoit que trop alors, mais bienheureusement et une fois de plus, à quel point était nécessaire dans ce contact entre le Fini et l'Infini, la certitude mathématique préalablement acquise de tous les enseignements d'ordre concret qu'elle va, pour cet objet suprême, recevoir maintenant de l'Écriture. Au premier rang de ces enseignements se trouvent : le fait de l'Incarnation, ou Dieu venu en Chair; celui du Sacrifice et de l'Expiation sanglante sur la Croix, avec la déclaration formelle que, sans effusion de sang, il n'y a pas de rémission des péchés; et enfin la Résurrection du Christ, sans laquelle, si cette Résurrection n'est pas un fait physique

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vrai, déclare encore la Parole, notre foi et notre espérance sont vaines.

Et enfin il est d'autant moins permis à cette Raison de se détacher de ces faits concrets, que s'y trouve indissolublement lié l'objet particulier et essentiel qu'elle poursuit, origine de tout son examen, savoir la Destinée des âmes.

Etant, comme nous l'avons dit, de la race de Dieu, et pouvant puiser dans la perversion du redoutable pouvoir que cette origine confère, celui de résister à Ses Lois, il nous est logiquement enseigné d'abord que, la Révolte engendrant le Désordre et comme conséquence le Malheur, la persévérance indéfinie dans cette voie conduit ceux qui la pratiquent à un éternel état de malheur et de perdition dont ils sont et seront, et non pas Dieu lui-même, les uniques artisans. Le principe d'un tel avenir est essentiellement le Péché contre l'Esprit, c'est-à-dire la résistance froide, consciente et voulue, à la Vérité ; à ce Péché, au nom même de la Raison, il est impossible qu'il soit pardonné, puisque la Vérité ne peut se désavouer elle-même.

Le long et difficile travail de Dieu à travers l'Histoire (« Mon Père et Moi travaillons à cette heure ») est, dans la direction inverse, l'enfantement des âmes normales à la Vérité ; et cette vue, en nous arrachant aux abîmes de la révolte, nous porte dans la lumière de Jésus-Christ. Celle-ci appelle et rassemble tous ceux qui, assoiffés de la Justice de Dieu, c'est-à-dire se con-

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damnant eux-mêmes, aspirent à la régénération dans une vie meilleure.

Or on peut être assuré que, dans le plan de Dieu, ce désir légitime ne sera satisfait qu'en accord rationnel avec les conditions que Sa Sagesse avait dès l'abord assignées à notre être. Il n'est pas venu pour abolir, mais pour accomplir.

La nature de l'homme, esprit, âme et corps, fondée sur le nombre mystérieux de la Trinité, est une unité harmonique complexe.

La Mort est la désagrégation de cette unité. Le corps retourne à la Terre. La partie immatérielle, qui constitue proprement notre personnalité, affecte un état que l'Ecriture définit et désigne par le nom de Sommeil. Les morts dorment, et demeurent tels jusqu'au jour de leur Résurrection, car tous ressusciteront.

La Résurrection, c'est, avec la reformation du corps et la réunion des trois éléments de l'être, la restitution de l'unité qui nous constitue. C'est donc la victoire sur la Mort. Le triomphe de Jésus-Christ est d'avoir, par une œuvre et un effort surhumains, vaincu la Mort, et de cette Victoire Il a donné au monde la certitude par une preuve de fait, savoir par Sa propre Résurrection.

Quelle est donc dès lors notre attente ? C'est, dans la bienheureuse assurance que d'avance nous possédons maintenant de l'accomplissement de toute la Parole de Dieu, au lieu de la consommation définitive de la destruction de notre être par la Mort, la glorieuse

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certitude du retour à la Vie de cet être tout entier, par sa Résurrection.

Si — en présence de la Mort qui est ici le grand Educateur, et du besoin de vivre qui est notre tout — nous nous rendons compte de ce qu'est l'acquisition d'un pareil bien, qui sans le Sacrifice de Jésus-Christ nous eût toujours été refusé, notre reconnaissance ne pourra pas mesurer l'Amour que, pour un tel et suprême bienfait, nous devons à Notre Sauveur (1).

XXI. Nous venons de dire ce que la Parole, seule Autorité de Dieu, nous fait très nettement connaître en principe quant à la destinée des âmes.

Il nous reste maintenant à spécifier, toujours d'après cette même Parole, la place qu'occupe dans l'Economie historique des faits externes, celui même de la Résurrection des Morts — intimement lié, comme on le sait, à l'événement capital qui limite l'Histoire proprement dite : la Seconde Venue du Christ.

(1) Rien aussi ne met mieux en évidence que cette bienheureuse certitude, qui transforme pour nous l'angoisse de notre fin en une consolante et reposante espérance, la perversion des systèmes religieux qui la dérobent aux âmes et y substituent, concernant la question de l'Au-Delà, l'introduction des dogmes mensongers (tel le Purgatoire) inventés pour servir leurs intérêts temporels terrestres ; bien plus, qui, par ces faux dogmes, ravissent au Christ Lui-même, dans sa plénitude la gloire de son Œuvre rédemptrice.

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Toute l'Histoire peut se définir par le schéma suivant (1), savoir :

I.    Les temps avant la Première Venue, d'Adam à
      Jésus-Christ ;
II.   Les temps entre la Première et la Seconde Venue,
      caractérisés par une Imposture qui, sous le nom
      du Christ, dominera le monde, et qui procède du
      Tentateur (Satan) ;
III.  Les temps après la Seconde Venue, caractérisés
      par un Règne de paix qui est le Millénium, et
      dont le divin dominateur est Christ, non plus
      comme Sacrificateur (Première Venue), mais
      comme Roi des Rois.

Or c'est en accord immédiat avec ce cadre historique qu'est aussi ordonnée l'économie du fait spirituel supérieur de la Résurrection.

De cette résurrection des morts, celle du Christ Lui-même, en l'an +34 de notre Ere, au temps des Romains et de la Première Venue, s'est d'abord offerte comme les prémices.

La résurrection des hommes ne se présentera que plus tard, aux temps de la Seconde Venue. Elle n'y concerna d'ailleurs alors, sous le nom de Première et Bienheureuse Résurrection, qu'un corps d'élite, formé des élus ou rachetés de Jésus-Christ, et destiné

(1) Ce schéma, depuis l'école primaire, devrait, aussi bien que la Loi de Brück, figurer en tableau, à tous les degrés de notre enseignement public.

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à Lui servir d'instrument pendant Son Règne, c'est-à-dire pendant le Millénium.

Ce corps d'élite, ou choisi par Christ, c'est Son Assemblée, Son Eglise. D'après les données chronologiques précises que nous donne à cet égard la Bible, la Première Résurrection dont il s'agit a lieu lors de la première phase de la Seconde Venue, en +2180 (1). Ensuite vient, dans ce cours des événements externes, le Millénium, dont la date caractéristique d'établissement (deuxième phase de la Seconde Venue) est +2283 ; et après le Millénium enfin, a lieu (à l'exception de l'Eglise déjà ressuscitée) la Résurrection générale de tous les hommes, lesquels, dans un Jugement dernier, seront jugés d'après leurs œuvres. De ce Jugement, il nous est déclaré que les décisions seront par nous-mêmes, c'est-à-dire par notre raison, reconnus justes.

(1) Il est essentiel de signaler ici la confusion d'idées qui, basée sur les paroles « Nul ne connaît ni le jour ni l'heure », porte tant de chrétiens à nier la possibilité d'une détermination du Second Avènement comme fait historique. Ces paroles, adressées à tous les hommes individuellement (« Ce que je vous dis, je le dis à tous, veillez »), concernent un fait qui, effectivement, est et reste totalement inconnu de chacun de nous, savoir : l'instant de notre mort, fait connu du Père seul et qui nous est personnellement et en cet instant immédiat révélé du Seigneur au Jugement de Dieu. (Le temps du sommeil entre la mort et la résurrection est pour nous, à raison même de cet état de sommeil, égal à zéro.) (Voir notre travail : La Seconde Venue du Seigneur et le Sommeil des morts ; et également la Note III.)

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Telles sont les certitudes positives que nous apporte, sur la question suprême que nous venons d'analyser, l'immuable Parole de Dieu, certitudes dont le caractère essentiel et régénérateur est — en opposition avec le vague énervant et déprimant des vues traditionnelles de fausses églises — de nous révéler la vie supérieure à laquelle, par l'infinie bonté de Dieu, nous sommes ainsi appelés, sous l'aspect physique tangible d'une activité conforme à notre nature actuelle, et telle que notre état présent, quant à la puissance et à la netteté de nos relations externes avec l'Univers qui nous entoure et que nous reverrons, n'en doit être considéré par nous que comme un pâle reflet.

Le Millénium lui-même, dans cet ordre essentiellement tangible, bien loin d'attirer nos regards vers le vide éthéré d'inaccessibles régions, les porte au contraire vers la Terre dont nos pieds aujourd'hui foulent le sol, vers ce Globe dont la configuration géographique actuelle continuera de servir d'habitat à l'Humanité, de siège à l'activité, dans l'ordre, des peuples régénérés. La connaissance de Dieu, maintenant entravée par la méchanceté des hommes, remplira progressivement, dans un merveilleux travail d'évangélisation, toute la Terre ; et dans l'économie nouvelle qui sera établie alors entre elle et le Ciel, les rachetés du Christ, ses Élus, seront, dans la lumière et par la science, les instruments des ordres de Dieu.

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XXII. C'est avec la solution de cette question, d'un ordre suprême puisque, en vue de la Mort, elle concerne notre tout, que nous terminerons cette étude.

L'œuvre dont nous venons de retracer l'ensemble, et qu'au cours de plus d'un demi-siècle il nous a été donné d'accomplir en dépit des obstacles et des difficultés propres à toute existence, est la réalisation d'une pensée de notre jeunesse. Attiré d'abord vers le christianisme par des preuves internes, et par elles convaincu de sa Vérité, il nous a paru impossible, c'est-à-dire contraire à la Raison, que si une pareille doctrine spirituelle et morale était vraie, l'ordre externe auquel elle est indissolublement liée et qui lui sert en quelque sorte d'armature, et que définit la Bible, ne pût être reconnu vrai également.

Nous nous sommes alors trouvé, dans l'ordre purement intellectuel où ce nouveau point de vue nous situait, aux prises avec nos propres préjugés, c'est-à-dire avec les préjugés, en apparence d'abord pour nous irréductibles, du milieu scientifique, celui auquel nous appartenons ; pour sortir du labyrinthe et trouver un fil conducteur, un seul moyen finalement s'est présenté : faire table rase et, nous efforçant de nous mettre constamment en la seule présence de la Vérité — c'est-à-dire de Dieu ou, ce qui dans notre ordre était équi-

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valent, de la Raison, — tâcher d'en suivre étroitement les indications progressives.

Or la voie était ici tracée par la Méthode scientifique normale elle-même, plus grande clarté qui dans nos ténèbres nous soit accordée, et il suffisait donc simplement pour réussir, si la chose était possible, de ne pas s'écarter de ses Lois.

C'est alors cette exploration que nous avons tentée ; le résultat en est, conformément aux grands traits présentés dans cet Exposé, qu'effectivement un enchaînement de preuves, toutes susceptibles de Mesure, donc proprement dites scientifiques, existe, qui conduit, en traversant d'une manière ordonnée toutes les branches de la connaissance positive, et en lui donnant une certitude mathématique, à la solution du Problème de la Religion lui-même.

Sous une forme plus concrète, c'est — et non par de vaines exhortations philosophiques, d'ailleurs inopérantes en ce milieu — la démonstration, qu'on pourrait exposer au tableau noir de nos Écoles et Universités, de la vérité effective et absolue du Christianisme orthodoxe.

D'un point de vue plus général, et comme matière d'édification, c'est, avec la même solidité, la réponse affirmative à la question, objet de ce Discours, de l'existence effective d'un étroit Gouvernement de Dieu. Il

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est difficile de mesurer l'influence profonde que la Science, désormais dépositaire responsable d'une pareille certitude, pourrait, par elle, en pénétrant le milieu intellectuel, exercer sur la masse sociale tout entière.

Le présent volume est sans doute le dernier qu'il nous sera donné de publier ; et, arrivé nous-même au terme, il ne nous reste qu'à remercier Dieu qui, par sa Grâce, nous a permis de mener à bien ce travail.

11 octobre 1928.

Ch. LAGRANGE.


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NOTES

NOTE I. — Histoire générale de la Civilisation, par Guizot (1840).

« La civilisation est un fait comme un autre, fait susceptible, comme tout autre, d'être étudié, décrit, raconté.
» On peut se demander si c'est un fait universel, s'il y a une civilisation universelle du genre humain, une destinée de l'humanité, si les peuples se sont transmis de siècle en siècle quelque chose qui ne soit pas perdu, qui doive s'accroître, passer comme un dépôt et arriver ainsi jusqu'à la fin des siècles. Pour mon compte, je suis convaincu qu'il y a, en effet, une destinée générale de l'humanité, une transmission du dépôt de la civilisation, et, par conséquent, une histoire universelle de la civilisation à écrire... Cette histoire est la plus grande de toutes ; elle comprend toutes les autres. »

* *

NOTE II. — Sur le Déluge universel comme dernier cataclysme tellurique ayant parachevé le système actuel du relief du Globe.

Conformément à ce que nous disons dans le texte (p. 65), tout l'ensemble surnaturel de faits maintenant établi, en démontrant l'exactitude absolue de la Bible, document révélé, démontre à priori, quelle qu'en puisse être ultérieurement pour

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nous l'explication physique, la réalité historique du Déluge universel, rapporté aux chapitres VI à VIII de la Genèse. Tel est, dans l'ordre rationnel, le procès d'idées par lequel nous sommes assurés d'avance, et en en prenant tous les détails dans la Bible, du fait historique du Déluge, fait auquel la Chronologie biblique assigne la date —2528. Mais ceci spécifié, il convient évidemment de mentionner, en dehors de cette voie d'accès immédiate, les arguments qui, bien loin d'infirmer la réalité de ce grand événement, seuil de l'Histoire, concourent au contraire à l'affirmer de la façon la plus démonstrative.

Dans notre ordre d'investigation, il en est particulièrement un qui, en tant que fait tellurique, nous présente un signe confirmatif évident. Il s'agit du caractère systématique de la Loi du relief du Globe terrestre, c'est-à-dire de la Loi quadrangulaire de ce relief, caractérisé par ses grands S méridiens, Asiatique et Américain, S dont les centres sont à 180° l'un de l'autre en longitude, leur plan méridien se trouvant à angle droit sur l'axe Européen-Africain (1).

La dissymétrie systématique des deux hémisphères, si marquée par la dépression arctique et le soulèvement antarctique des pôles, est, jointe à cela, aussi bien un signe certain de l'existence d'un ensemble systématique ayant mécaniquement présidé d'un coup à l'organisation de la terre habitable, lieu du développement ultérieur de l'Humanité.

Or, dans l'espèce et la nature du sujet, le simple rapprochement d'un tel fait et de celui du Déluge, s'en présente de lui-même comme une attestation : nous voulons dire que la Loi du relief, en signalant, aux origines de l'Humanité, l'existence d'un cataclysme régulateur des terres et des eaux, écrit en quel-

(1) On peut remarquer que, d'une manière moins accusée mais néanmoins très réelle, le soulèvement méridien Européen-Africain, opposé à l'axe du Pacifique, présente également par ses traits orographiques cette même forme caractéristique du relief de soulèvement en forme de S.

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que sorte sur la surface de la Terre la réalité aussi du cataclysme du Déluge universel.

La science actuelle se trouve par cet ensemble en présence d'un fait positif non récusable, et il lui importe d'en rendre compte au point de vue mécanique, en l'étudiant tout d'abord dans ses traits les plus généraux. L'objet qui à cet égard s'impose à sa recherche est tout particulièrement la forme caractéristique en S des grands soulèvements méridiens.

Dans notre Étude sur le Système des Forces du Monde physique, nous avons pour notre part depuis longtemps signalé et défini la cause qui mécaniquement se présente comme seule capable de rendre compte d'une aussi remarquable disposition géométrique du relief.

Il y a donc en principe de l'idée d'une circulation d'un fluide matériel, fluide que, dans ce travail, nous désignions sous le nom d'« éther matériel électrisé », et dont la notion est identique en fait à celle plus moderne des électrons. Un courant méridien de cette nature, parcourant la couche superficielle du Globe en marchant du pôle Nord au pôle Sud, en vertu du théorème de Coriolis (force centrifuge composée), dévié précisément vers l'Ouest dans l'hémisphère Nord, vers l'Est dans l'hémisphère Sud, et il réalise ainsi les S méridiens qui effectivement s'observent (1).

En fait de données connexes intéressant l'appréciation physique du fait, il convient de rappeler : 1° que d'après le récit biblique, et d'accord avec les diverses traditions des peuples, les eaux du Déluge sont à la fois endogènes et exogènes; 2° en rapport avec le caractère tellurique universel du phénomène, que d'après le texte de la Genèse, les conditions physiques à la surface de la Terre, tant au point de vue météorologique qu'à l'égard même du développement organique de la vie, se sont

(1) Ce courant est le « souffle » (rouach = רוח) (vent, souffle) de Genèse VIII, I.

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radicalement modifiées en passant des temps antédiluviens aux temps postdiluviens; 3° enfin, concernant le caractère brusque du Déluge, et à l'encontre de la tendance actuelle des esprits vers la conception exclusive des lents progrès évolutionnistes indéfinis dans le temps, que, dans la réalité des faits, c'est la discontinuité bien plus qu'une continuité régulatrice qui se révèle à la surface des globes (exemples : rapides variations, tache rouge, etc., à la surface de Jupiter; récentes observations de la Nova Pictoris).

Des aspects d'une autre nature concernent encore notre sujet.

Si l'on revient à la Terre et à l'Humanité historiques, pour en explorer les traditions universelles et concordantes liées au souvenir du grand fait du Déluge, il convient par exemple d'appuyer, quant au caractère rapproché de cet événement, sur la tendance, qui s'accuse aujourd'hui chez à peu près tous les historiens, à raccourcir de plus en plus la chronologie des temps reculés de l'Humanité, de manière à la faire rentrer de fait (Chine, Assyrie, Égypte) dans les limites mêmes de la Chronologie littérale de la Bible. Dans le même ordre, on peut donc s'attendre à ce que l'observation réellement indépendante de tous les faits éclaire, en la redressant singulièrement, la tendance moyenne et mal avertie de ceux qui s'asservissent sans critique personnelle aux doctrines temporaires de la science du jour, et qu'on voit, par exemple, couramment formuler des déclarations apparemment définitives telles que celle-ci : « La date biblique du Déluge est en désaccord avec toutes les connaissances scientifiques et historiques du jour » ; ou encore : « Nul professeur, catholique, protestant ou autre, n'oserait plus enseigner que la planète a reçu sa dernière façon lors d'un déluge universel, qui se serait produit (suivant la Chronologie littérale de la Bible) 2528 ans avant notre ère ».

Enfin, si l'on veut bien accorder quelque poids à des témoignages autorisés qui, loin d'encourager l'opinion moyenne dont nous venons de parler, sont au contraire de nature à lui conseiller la prudence, il n'est pas moins aisé de lui en proposer de très nombreux, essentiellement d'accord avec la thèse que nous

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défendons. Nous nous contenterons, vu l'étendue restreinte de cette Note, d'en mentionner trois d'une particulière compétence et manifestement suffisante.

Alfred Maury, érudit français (1817-1892) ; extrait d'un article : « Les nouvelles théories sur le Déluge », « Revue des Deux Mondes » (1er août 1860, pp. 636 et suiv.) :

« La tradition du déluge est si ancienne, si universelle, elle a été consacrée par des autorités si respectables, qu'il paraît difficile de n'y voir qu'une invention de la crédulité naïve des premiers âges... Non seulement la Genèse, mais les mythologies de l'Inde, de la Chaldée, de la Perse, de la Grèce, les annales de la Chine, les poèmes de l'Edda, les traditions des populations d'origine celtique, font mention d'un déluge ; mais on a rencontré chez la plupart des tribus du Nouveau-Monde et chez presque tous les insulaires de la Polynésie le souvenir d'un cataclysme qui aurait anéanti le genre humain, à l'exception d'un petit nombre d'individus... La multiplicité de ces récits, et surtout la ressemblance qu'offrent entre eux les mythes qui s'y rattachent, prouvent cependant qu'il s'agit ici d'une seule et même catastrophe... Il ne semble donc ni raisonnable ni légitime de repousser l'authenticité du déluge, et le récit de la Bible est un témoignage sérieux qui fait partie des plus vieilles archives de l'humanité...
» Sans doute on peut s'expliquer la formation de quelques lacs par les eaux des fleuves qui s'y versent ; mais pourquoi en existe-t-il, comme le lac Soun, le lac Tchan, le lac Oubinsk, qui n'ont pas d'affluents ? Pourquoi certains lacs, comme le grand lac salé d'Utah, sont-ils situés à une altitude de plus de 1.200 mètres ? Si ces lacs ne sont simplement à la suite d'un ancien déluge, s'ils sont nés simplement à la suite d'un soulèvement violent, comment leurs eaux ne se sont-elles pas évaporées ? En outre, leur salure si fréquente n'est-elle pas un nouvel indice d'une origine marine ? La salure des sables du Sahara et du Gobi, des sables et du limon de la mer Caspienne, de la mer Morte, les efflorescences salines des plaines de l'Euphrate et
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des immenses llanos et pampas de l'Amérique du Sud, viennent encore à l'appui du séjour récent des mers dans notre hémisphère ou dans les parties émergées de l'hémisphère opposé. »

Cuvier, « Discours sur les révolutions de la Surface du Globe », 1825 :

« La preuve que les révolutions terrestres ont été subites est donnée par la dernière catastrophe; elle a laissé, dans les pays du Nord, des cadavres de grands quadrupèdes que la glace a saisis; s'ils n'eussent été gelés aussitôt que tués, la putréfaction les aurait décomposés, car ils sont conservés avec leur peau, leur poil, leur chair.
» En examinant bien ce qui s'est passé à la surface du globe, depuis qu'elle a été mise à sec pour la dernière fois, et que les continents ont pris leur forme actuelle au moins dans leurs parties un peu élevées,... l'établissement des sociétés actuelles ne peut pas être très ancien. C'est un des résultats les mieux prouvés de la saine géologie, et d'autant plus précieux qu'il lie d'une chaîne non interrompue l'histoire naturelle et l'histoire civile...
» En mesurant les effets produits dans un temps donné par les causes aujourd'hui agissantes, et en les comparant avec ceux qu'elles ont produits depuis qu'elles ont commencé d'agir, l'on parvient à déterminer à peu près l'instant où leur action a commencé, lequel est nécessairement le même que celui où nos continents ont pris leur forme actuelle, ou que celui de la dernière retraite subite des eaux...
» C'est en effet à compter de cette retraite que nos escarpements actuels ont commencé à s'ébouler, à former à leur pied des collines de débris; que nos fleuves actuels ont commencé à couler et à déposer leurs alluvions; que notre végétation actuelle a commencé à s'étendre et à produire du terreau, que nos falaises actuelles ont commencé à être rongées par la mer; que nos dunes actuelles ont commencé à être rejetées par le vent; tout comme c'est à cette même époque que des colonies humai-
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nes ont commencé ou recommencé à se répandre, et à faire des établissements dans les lieux dont la nature l'a permis...
» Je pense donc, avec MM. Deluc et Dolomieu, que, s'il y a quelque chose de constaté en géologie, c'est que la surface de notre globe a été victime d'une grande et subite révolution dont la date ne peut remonter beaucoup au delà de six mille ans; que cette révolution a enfoncé et fait disparaître les pays qu'habitaient auparavant les hommes et les espèces des animaux aujourd'hui les plus connus;... que c'est depuis cette révolution que le petit nombre des individus épargnés par elle se sont répandus et propagés sur les terrains nouvellement mis à sec, et par conséquent que c'est depuis cette époque seulement que les sociétés ont repris une marche progressive, qu'elles ont formé des établissements, élevé des monuments, recueilli des faits naturels, et combiné des systèmes scientifiques. »

Beudant; « Cours élémentaire d'histoire naturelle », par Milne-Edwards, A. De Jussieu et F. S. Beudant; « Minéralogie-Géologie », par F. S. Beudant, membre de l'Institut, inspecteur général de l'Instruction publique (13e édition, 1872; Géologie, pp. 330 et 331) :

« Si l'on ne peut guère attribuer cette grande catastrophe (Déluge) au système de soulèvement du Ténare, qui, en disloquant les dépôts où se trouvent déjà des traces de l'industrie humaine, n'a cependant produit que de faibles résultats, peut-être en trouverait-on la cause dans l'apparition des Andes et de la chaîne volcanique de l'Asie centrale, qui, avec un développement colossal, présente des caractères assez frappants de nouveauté relative. »

Cette dernière citation est particulièrement remarquable par la connexion étroite qu'elle supporte, et la confirmation directe qu'elle donne, de notre interprétation théorique du cataclysme diluvien en rapport avec les deux S méridiens opposés, Asiatique et Américain, c'est-à-dire avec la Loi quadrangulaire du relief du Globe.

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NOTE III. — Extrait d'une lettre adressée par M. P. Graeffe à la Mission Intérieure Évangélique de Montpellier — au sujet d'une brochure intitulée : « Que dit le Christ ? » — concernant le Sommeil des Morts.

Le mot « enfer » n'a pas dans la Bible la signification que l'auteur semble lui donner, et à cet égard il est essentiel de savoir que la phrase que l'on traduit à propos de l'Église : « Les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle », a en réalité trait à la résurrection des rachetés de Jésus-Christ, c'est-à-dire de l'Église. La vraie traduction est : « Les portes du HADES (lieu où l'Église est emprisonnée dans le sommeil de la mort) ne sont pas assez fortes pour empêcher cette résurrection ; les liens de la mort seront brisés ».

Le mot Hadès, qu'on traduit par « enfer », ne doit pas se confondre avec la géhenne (γεεννα) ou l'enfer populaire, comme lieu de tourments ; le mot que l'on traduit par « enfer » est en grec Hadès (Ἀδης), c'est-à-dire : « lieu où séjournent les âmes séparées du corps après la mort », « lieu où dorment les morts ».

Le Hadès des Grecs est le Schéol (שׁאול) des Hébreux, qui n'a pas le sens du mot « enfer » actuel. Le « Schéol » est le lieu où sont les morts, ainsi que nous le dit par exemple Jacob (Genèse, XXXVII, 35) : « Je descendrai en deuil vers mon fils au Schéol » ; ou (Gen., XLII, 38, et XLIV, 29) : « Vous feriez descendre mes cheveux blancs avec douleur au Schéol ». Job, XVII, 13, n'attend plus pour demeure que le Schéol. Il va jusqu'à demander à être caché dans le Schéol (XIV, 13).

L'Ancien Testament nous dit toujours que ceux qui meurent dorment. Job, III, 11-13, 16-19, dit : « Pourquoi ne suis-je mort... je dormirais, je reposerais » ; ou Job, XIV, 12 : « Ainsi l'homme se couche et ne se relèvera plus, il ne se réveillera pas p. 131 tan; que les cieux subsisteront, il ne sortira pas de son sommeil » ; ou encore en Daniel, XII, 2 : « Et beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre et une infamie éternelle » ; et Daniel, XII, 13 : « Mais toi, va vers ta fin ; tu reposeras, et tu seras debout pour ton lot, à la fin des jours » ; et le Psaume 13, 4 : « ...éclaire mes yeux, de peur que je ne m'endorme du sommeil de la mort ».

Les rois dans l'Ancien Testament, après la mort, dorment ; David lui-même « s'endormit avec ses pères » (I, Rois, II, 10)(1).

Dans le Nouveau Testament les morts dorment. Voyez : I. Thessal., IV, 13 : « Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui dorment » ; Matth., XXVII. 52 : « ...les sépulcres s'ouvrirent et plusieurs corps des saints qui étaient endormis ressuscitèrent » ; dans les Actes, VII, 60 (la mort d'Étienne) : « Puis s'étant mis à genoux, il s'écria d'une voix forte ; Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et après ces paroles il s'endormit ».

Le verset 13, Apocalypse, XIV, ne dit pas que les morts vont au ciel, mais qu'ils se reposent de leurs travaux, tout comme Daniel, qui se repose (Dan., XII, 2 et 13).

Comment d'ailleurs concevoir la Résurrection des morts et leur sortie de leurs tombes, s'ils sont au ciel ou en enfer ?

Toute la Bible nous enseigne que c'est à la résurrection que va l'espérance de l'homme. Les justes comme les injustes ressusciteront pour le jugement. L'auteur dit que le jugement est immédiat. En réalité il ne l'est pas, mais tout se passe pour les individus comme si le jugement suivait immédiatement leur mort, attendu que, pour chacun d'eux, le temps écoulé entre la mort et la résurrection, se passant dans le sommeil de la mort, ne compte pas, et qu'ainsi l'instant de la mort se confond avec celui du jugement.

(1) Voyez Act. II, 34 : « Car David n'est point monté dans les cieux ».

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Rappelons les versets de la Bible qui confirment cette idée : les morts étant inconscients, ils ne savent rien (Eccl., IX, 5-6) : ils ne peuvent ni agir ni penser (Eccl., IX, 10) ; ils n'ont plus le souvenir de l'Éternel (Ps. 6, 5-6) ; c'est le lieu du silence (Ps. 115, 17) ; leurs desseins sont anéantis (Ps. 146, 3-4). Ceci du reste explique la déclaration de Jésus au brigand : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis ». En effet, pour le brigand le jour de sa mort se confond, comme nous venons de le voir, avec le jour de sa résurrection, bien que celle-ci, historiquement, doive avoir lieu plus tard pour nous vivants; car sinon, comment expliquer que Jésus, trois jours après, dit à Marie-Magdeleine : « ...ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon père » (Jean, XX, 17) ?

Ce n'est qu'à la Seconde Venue du Christ, à son Avènement, que ceux qui se sont endormis en Lui seront réunis avec Lui (II, Thess., II, 1). Le Christ dit lui-même : « Je vais vous préparer une place, et lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai (au futur) et je vous prendrai avec moi afin que là où je suis vous y soyez aussi ». Jean, III, 13, nous dit : « Aussi personne n'est monté au ciel que celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel » ; ou en Actes, II, 34 : « Car David n'est point monté au ciel ».

Il faut, en outre, soigneusement distinguer la Première et bienheureuse résurrection (celle qui précède le Millénium, celle des élus, de ceux qui ne sont pas jugés et qui font partie de l'Église de Christ — de cette Église invisible dont Il a dit que « les portes du Hadès ne prévaudront pas contre Elle ») de la Résurrection générale, celle des justes et des injustes, qui seront tous jugés selon leurs œuvres, et cela après le Millénium.

Le point capital est donc pour nous la Résurrection d'entre les morts; car l'œuvre de Christ qui a vaincu la mort et qui a été en fait les prémices de cette Résurrection (I, Corinth., XV, 20-21); comme nous le voyons dans Jean, VI, 39 : « Et c'est ici la volonté du Père qui m'a envoyé, que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite AU DER-

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NIER JOUR ». (Voyez aussi les versets suivants, 40, 44 et 54).

Paul lui-même met toute son espérance dans la Résurrection (Actes, XXIV, 14-15-16, 21), c'est-à-dire en la Première bienheureuse Résurrection; car notre espérance, notre joie ou notre couronne de gloire est en présence de notre Seigneur Jésus-Christ à son Avènement (I, Thess., II, 19).

P. Gr.

LE TÉMOIGNAGE D'UN HOMME DE SCIENCE

I Cor., II, 3 : « Christ en qui sont cachés tous les trésors de la Philosophie et de la Science ».

… Eh bien, oui. Pourquoi j'aime Jésus, mon divin Frère ; pourquoi j'aime Notre Père, qui m'a donné l'être, qui est en Lui, et qui est venu à moi, misérable fils pécheur ? Je L'aime à cause de ce qu'Il m'aime, a pris mes misères, a souffert dans Son corps et dans Son âme pour moi, mais je L'aime aussi de toute mon âme pour les trésors merveilleux de Sa Création ; je L'aime pour la Géométrie et ses Lois éternelles ; je L'aime de tout mon esprit et de toute mon âme pour ce Calcul infinitésimal qui me permet de sonder l'Infini et de prédire l'avenir du Ciel et de la Terre ; je L'aime pour ces profondes lois génératrices de la Grandeur abstraite, ou les Mathématiques.

Si je L'aime pour l'Esprit qu'Il a mis en moi, et qui, en me permettant de me scruter impitoyablement, me donne aussi de me juger et de m'anéantir devant Lui dans la connaissance de l'abîme du Péché qui m'en avait séparé ; si je L'aime à cause de Son caractère, révélé en Jésus-Christ, que j'aime et que j'adore à l'égal du Père commun qui L'a envoyé et en qui Il est, et si ma corruption me détourne et tend sans cesse à m'écarter indignement de cet amour, je suis continuellement aussi ramené à cet amour par la bonté victorieuse et surabondante du trésor de la Science qu'Il a, dans son Amour, mis libéralement entre nos mains.

Attachons-nous donc hardiment à la Science, et faisons de toute notre âme et de tout notre esprit, de la Science, la Glorification de Dieu. Vengeons-nous ainsi de nous-mêmes ; brûlons ainsi au fer rouge, en la consumant par notre connaissance, notre corruption.

Charles LAGRANGE.