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Sur la Genèse d'un système d'idées
et sur ses conséquences
Sur la Genèse d'un système d'idées et sur ses conséquences
p. 5 Mesdames, Messieurs,
Au cours des cinquante années qui viennent de s'écouler, une suite progressive de recherches, lesquelles ont finalement constitué un ensemble unique, a permis d'établir :
1°) qu'il existe un plan bien défini de l'Histoire, une Loi chronologique bien définie de la vie de l'Humanité ;
2°) que la Bible et sa Chronologie sont en connexion intime avec ce plan et cette loi, et que le Livre sacré se trouve par cela même démontré inspiré jusque dans ses plus infimes parties.
Enfin 3°) le développement Historique de l'Humanité, si on le considère à la surface du Globe à la manière d'un phénomène physique, se trouve également réglé sur cette surface terrestre par p. 6 d'étroites lois mathématiques qui empruntent leurs éléments aux dimensions géographiques du Globe. C'est ce qu'on appelle la Mathématique de l'Histoire.
Et 4°) un objet, particulier par sa nature, mais dont la portée dans cette ordonnance est capitale, consiste en ce que les facteurs précédents, c'est à dire la Loi de l'Histoire, la Chronologie de la Bible, la Mathématique de l'Histoire se trouvent synthétisés et géométriquement mesurés par le diagramme des passages intérieurs d'un Monument, la Grande Pyramide de Chéops, située près du Caire, en Égypte, à la pointe du Delta du Nil.
De tout cela est résulté quelque lumière, nouvelle et importante, nous le pensons, concernant la véritable situation de l'Homme sur la Terre, c'est à dire concernant le problème de notre propre destinée, et c'est de quoi nous pourrons dire quelques mots en terminant cette causerie.
Mais d'ailleurs, l'objet qui va solliciter ici pour quelques instants votre attention, n'est pas l'exposé didactique proprement dit d'une conception de l'Histoire de l'Humanité. Son ambition n'est point aussi haute. Ce que d'abord je voudrais faire connaître, c'est la manière dont les données, à première vue fort éloignées les unes des autres, qui ont contribué à l'édification d'une telle conception se sont, au cours du temps (il s'agit d'un ensemble de recherches qui s'étend sur près d'un p. 7 demi-siècle), progressivement rapprochées, et finalement d'elles-mêmes révélées éléments constituants d'une synthèse unique.
Des esprits à notre sens mal avertis pourraient en effet supposer, même prétendre, que des données aussi disparates à première vue que celles dont il va être question (la Loi de Brück ; la Grande Pyramide ; la Bible ; l'Ordonnance géographique et politique de la Surface du Globe) ne sauraient être redevables de leurs traits de concordance qu'au Hasard, ou à la fertilité d'imagination de celui qui, les ayant d'abord eu toutes ensemble sous les yeux, s'ingénierait péniblement à en échafauder l'accord.
Il est donc très utile de montrer que tout au contraire, les données de la théorie se sont historiquement, dans un ordre déterminé et comme autant de témoins entièrement indépendants, successivement présentées, se confirmant, se vérifiant les unes par les autres, et affirmant finalement une unique vérité.
Avant d'y procéder, je tiens à faire une observation. Un exposé de cet ordre offre pour celui qui le présente un écueil dont plus que personne j'apprécie le caractère fâcheux. Ce que je vais dire est en effet, et en somme, le tracé historique d'une recherche scientifique personnelle. Il me sera dès lors impossible en en parlant, d'éviter toujours le p. 8 moi haïssable ; tout ce que je puis faire, c'est donc de vous demander d'ignorer celui-ci chaque fois qu'il se présentera, pour n'envisager que l'intérêt, je le pense, très réel, des faits.
La Loi de l'Histoire (Loi de Brück)
Le Major du Génie R. Brück est mort en février 1870, à la veille d'une guerre qui, à 44 ans de distance, premier jalon déterminant de l'Histoire générale contemporaine, devait précéder la Grande Guerre ; et c'est à cette époque [1] que j'ai eu connaissance de l'Œuvre de Brück.
La Loi historique de Brück est, en fait, une chose très simple. Pour la mettre en évidence, bien loin de solliciter l'Histoire il faut au contraire prendre celle-ci telle qu'elle est, et enseignée dans nos cours de l'Enseignement moyen ; et sans la changer, savoir la regarder. Cela se réduit alors à remarquer que les Apogées de puissance des différents peuples qui se sont trouvés successivement comme Peuples Chefs à la tête du mouvement civilisateur, Apogées que l'Histoire a d'elle-même consacrés par des termes connus de tous, — tels p. 9
- Le Siècle de Louis XIV ;
- La Puissance temporelle des Papes (Moyen-Age) ;
- La Centralisation des Francs ;
- L'Age d'Or de l'Empire romain ;
- Le Siècle de Périclès ;
- La Puissance de Salomon et des Phéniciens ;
- Le Siècle des Ramsès ;
- L'Époque assyrienne de Ninus et de Sémiramis ;
sont distants les uns des autres d'un espace constant d'un peu plus de 5 siècles. Le nombre de la Loi de Brück est 516 ans.
Ainsi, ce que Brück a découvert c'est qu'il existe une loi mathématique de l'Histoire ; les Peuples Chefs se succèdent par périodes quinquaséculaires. D'ailleurs, chacune de ces périodes de domination du monde par un Peuple Chef se subdivise en 5 phases, chacune d'environ un siècle (1. Constitution ; 2. Préorganisation ; 3. Organisation ; 4. Apogée ; 5. Décadence).
Comme, dès 1880, je l'ai dit dans l'ouvrage Cinquante ans de liberté ; comme j'y ai de nouveau insisté en 1893 dans le livre de la Concordance, une telle loi introduite dans nos Écoles dès l'Enseignement moyen, apprendrait en quelques lignes aux élèves, et leur ferait retrouver d'emblée, toute la Chronologie, ce véritable cadre fondamental de l'Histoire. Depuis lors, aucune occasion n'a de même été perdue par moi de p. 10 signaler l'importance capitale de cette Loi Historique ; et si je me fais un honneur d'avoir été le premier à attirer sur elle l'attention, c'est qu'en effet, personnellement, depuis le moment (1870) où je l'ai connue, la certitude ne m'a jamais abandonné qu'elle constituait une découverte de génie, incalculable dans ses conséquences, et qu'un jour viendrait, dont je ne pouvais alors préciser l'échéance, où elle porterait ses fruits.
La Grande Pyramide de Chéops
En 1882 eut lieu l'Expédition scientifique belge pour la détermination de la parallaxe solaire (distance de la Terre au Soleil) [2]. C'est à cette époque qu'en cours de route, au retour de cette expédition [3], d'une manière tout à fait fortuite, et pour la première fois, j'ai eu connaissance des recherches scientifiques sur la Grande Pyramide de Chéops. J'en trouvai l'indication dans un ouvrage p. 11 de vulgarisation scientifique de l'Abbé Moigno (Les splendeurs de la Foi), où mon attention fut attirée par la mention qu'il faisait des mesures de la Grande Pyramide effectuées en 1865-66 par Piazzi Smyth, Astronome royal pour l'Écosse et Directeur de l'Observatoire d'Édimbourg. De ces mesures il semblait résulter que la Grande Pyramide (c'est d'ailleurs, remarquons-le, l'opinion qui aujourd'hui, après un demi-siècle de critique tend de plus en plus à s'affirmer), loin d'être un simple tombeau de Pharaon, est au contraire un Monument géométrique et astronomique construit d'après un plan bien déterminé. Une propriété, par exemple, est hors de doute. L'angle de pente des faces est tel que la hauteur de la Pyramide est le rayon d'une circonférence égale au périmètre de la base carrée.
Ces résultats me parurent profondément intéressants ; mais comme ils n'offraient d'eux-mêmes aucun lien avec les idées historiques qui jusque là m'avaient préoccupé, je ne fus pas porté pour le moment à m'y attacher davantage.
C'est en feuilletant quelques années plus tard dans la Bibliothèque de notre Observatoire un livre de l'Astronome anglais Proctor sur diverses curiosités scientifiques, que mon attention fut ramenée vers cet objet, à la différence près que l'Auteur tournait ici en dérision les « Pyramida-p. 12listes ». Comme néanmoins les nombres que lui-même citait, semblaient, en fait, plutôt confirmer les résultats, je fus ainsi amené à reprendre la question par moi-même. Je me convainquis que c'était le point de vue de Piazzi Smyth et de son commentateur Moigno qui devait être le vrai. Mis en relations à partir de cette époque avec le vénéré Piazzi Smyth, je pris connaissance de son grand ouvrage en 3 volumes Life and Work at the Great Pyramid, 1865-66, ainsi que de l'admirable travail de Flinders Petrie (1881-82), The Pyramids and Temples of Gizeh. Ce dernier travail offre une mensuration précise du Monument, faite sous les auspices de la Société royale de Londres, et d'autant plus précieuse en la matière, qu'entreprise dans un esprit hostile aux vues de Piazzi Smyth, elle constitue par sa parfaite concordance avec celle de Piazzi Smyth lui-même le plus autorisé comme le plus impartial des témoins.
C'est ainsi que, par une investigation entièrement indépendante et personnelle, je pus finalement m'assurer, sans aucun doute, de la validité de la thèse qui voit dans la Grande Pyramide un monument scientifique géométrique et astronomique, d'accord avec les données de la science moderne la plus avancée.
[Un seul point à cet égard pourrait définir tout l'état des choses : l'unité de mesure employée p. 13 par le Constructeur de la Pyramide, ou le pouce pyramidal, est égal à 1/250.000.000 du demi-axe polaire de la Terre (c'est d'ailleurs à 0,001 près la valeur du pouce anglais. 1 p. pyr. = 1,001 p. a.) ; or, une pareille détermination de mesure ne pourrait être faite aujourd'hui que par les procédés les plus précis de notre Géodésie.]
Tout cela était bien remarquable ; et néanmoins, comme aucun lien direct ne le rattachait encore pour moi à des idées antérieures, il est probable que je n'aurais pas poussé plus avant la question, sans l'existence d'un point de vue connexe et, comme on va le voir, d'une portée tout autrement impressive, qui s'était fait jour au temps même (1865-66) où Piazzi Smyth mesurait dans les sables du Caire la Grande Pyramide de Gizeh.
Pour le bien comprendre, il faut savoir que ce qui avait initialement porté Piazzi Smyth à entreprendre la mesure précise de la Pyramide, était la lecture du livre d'un érudit, John Taylor, où l'auteur, comparant les unités de mesure hébraïques et égyptiennes, induisait que la Grande Pyramide devait être non pas un monument égyptien mais bien un monument hébreu ; et son opinion se corroborait d'ailleurs de la détermination que Newton, dès le XVIIe siècle, avait tenté de faire de la coudée sacrée des Hébreux. Newton en évaluait la mesure à 25,025 p. a. L'idée qu'un p. 14 certain lien pouvait exister entre la construction de la Pyramide et les rapports historiques connus des Hébreux et des Égyptiens, préexistait donc au moment du travail technique entrepris par Piazzi Smyth ; mais cette idée n'avait pris aucune forme concrète et précise.
Celui qui devait formuler une vue de cet ordre, et d'une manière aussi nouvelle qu'inattendue, fut un jeune marin d'Édimbourg, Robert Menzies. Piazzi Smyth ne le connut d'ailleurs jamais que par la lettre qu'il en reçut pendant qu'il procédait en Égypte à ses mesures. « Si, disait dans cette lettre R. Menzies, la Pyramide est un monument hébreu et non égyptien, il faut que le diagramme géométrique formé par les passages intérieurs dans un plan méridien, soit une représentation symbolique de la dispensation mosaïque et chrétienne. Le Passage descendant qui conduit à la Chambre souterraine représente la chute progressive de l'Humanité ; à la Loi apportée par Moïse correspond l'origine du Passage ascendant ; et, au cours de celui-ci, l'origine de la Grande Galerie qui mène au système supérieur des Chambres, désigne l'Ère chrétienne, ou la Naissance du Sauveur. »
C'est cette remarque de Robert Menzies qui devait, en lui donnant une ampleur insoupçonnée, fournir à la recherche une nouvelle direction, car, on l'aperçoit immédiatement, la caractéristique en p. 15 était d'introduire dans le système de la Pyramide une vue de l'Histoire.
Mais reprenons notre exposé. Tel était, mais maintenant revêtu d'un incalculable intérêt par cette vue nouvelle, l'état de la question au moment où il me fut donné d'en prendre intégralement connaissance. Pour continuer la recherche, c'était évidemment cette dernière vue qu'il fallait approfondir. Elle ouvrait dans l'ordre le plus général de la connaissance un horizon inespéré. Mais... si cet horizon était engageant, un obstacle en apparence insurmontable se présentait.
La Chronologie de la Bible
Quel était en effet le problème ? En entrant dans la voie proposée il s'agissait évidemment de comparer le diagramme géométrique des Passages, considéré comme une échelle chronologique où 1 p. pyr. mesurerait une année, à la Chronologie de la Bible, celle-ci étant établie d'autre part, et pour son compte, d'une manière complètement indépendante ; et de voir si, comme le supposait R. Menzies, les deux témoins indépendants s'accorderaient. Or c'était — c'est encore aujourd'hui — une vérité courante universellement admise par tous les critiques, théologiens ou autres, qu'il p. 16 n'existe pas de Chronologie ferme de la Bible.
J'avais pour ma part, bien antérieurement à tout ceci, déjà tenté d'établir la Chronologie de la Bible en me référant comme tout le monde l'a fait jusqu'ici, à l'accord supposé de la Bible et de diverses chronologies de l'Histoire profane, et dû constater, en procédant ainsi, l'impossibilité d'un résultat viable certain. Il existe dans cette voie plus de 200 systèmes différents et également autorisés. Piazzi Smyth lui-même avait fâcheusement constaté cette incertitude. Tout en admettant l'idée symbolique générale de R. Menzies il se trouvait hors d'état de déterminer par exemple si l'Entrée du Passage descendant y désignerait soit le Déluge, soit peut-être la Dispersion des Nations. S'étant adressé aux plus hautes autorités compétentes en la matière pour décider si, d'après la Bible, il était notamment possible de déterminer la date du Déluge, il reçut la réponse officielle (les résultats sont consignés dans l'ouvrage Life and Work) que cette détermination était impossible. De même en serait-il de la date de l'Exode ; etc.
Dans cet état des choses, un seul parti restait à prendre : faire table rase ; c'est à dire, ignorant volontairement commentateurs et théologiens quels qu'ils fussent, voir si, en prenant le document (la Bible hébraïque) tel qu'il est, ce document, p. 17 seul consulté et uniquement par lui-même, n'établirait pas sa chronologie, par l'addition pure et simple, tels qu'ils sont donnés à travers tout son texte, des nombres d'années qui, à partir d'Adam, mesurent la chaîne non interrompue de son histoire. Or ce travail, qu'un écolier pourrait faire, a établi [4] de la manière la plus simple et la plus péremptoire, qu'à l'encontre de tous les critiques et commentateurs, il existe bien une et une seule Chronologie de la Bible.
Et à l'égard de la confrontation avec la Pyramide, quel a été ensuite le résultat ? C'est que cette Chronologie, établie, nous avons le droit de le constater, pour la première fois depuis toute l'Histoire de l'Église, c'est que cette Chronologie littérale de la Bible (ainsi que nous l'avons appelée) est rigoureusement d'accord avec celle de la Pyramide. La Pyramide commence (Entrée du Passage descendant) au Déluge — 2328 de la Bible ; le Passage ascendant commence exactement à l'Exode (Moïse ; la Loi) — 1516 de la Bible ; l'Ère chrétienne est, dans ce passage, l'origine de la Grande Galerie, qui, avec ses 7 parements parallèles, s'élève vers les temps nouveaux, c'est à dire vers les temps actuels, représentés par la p. 18 Table horizontale qui domine tout l'ensemble du diagramme [5].
La Pyramide et la Loi historique de Brück
Mais, dans cet enchaînement des faits, il y a beaucoup plus encore, et un autre trait plus impressif peut-être va maintenant indiscutablement établir le fait d'une intime connexion entre ces deux éléments, à première vue si éloignés et si disparates, la Pyramide et la Loi de Brück.
Le système des temps actuels, est dans la Pyramide, nous venons de le dire, représenté et mesuré d'une manière fort simple. Il l'est par une Table horizontale qui domine tout l'ensemble des Passages. Cette Table commence par un Grand Degré dont le centre de gravité marque, en projection p. 19 sur l'échelle chronologique, ici horizontale, la date fondamentale 1870 [6] ; et elle se termine au fond de la Chambre du Roi, — qui limite en le couronnant tout l'ensemble du diagramme —, en y marquant la date 2386. Or on a
2386 — 1870 = 516,
c'est à dire exactement la période historique de la vie des peuples de Brück [7].
Le résultat capital ainsi découvert c'était donc que, mise en évidence d'une manière ostensible, la période fondamentale de l'Histoire générale, celle qui mesure dans cette Histoire la durée de la vie de domination des Peuples Chefs, est explicitement et directement mesurée aussi dans la Pyramide de Chéops.
Si maintenant, s'arrêtant un instant, on veut bien récapituler les faits pour se faire une idée de l'indépendance des témoignages concordants p. 20 qui ici se révèlent, on peut se dire ceci : Brück n'a jamais connu ni la Chronologie de la Bible ni le système scientifique de la Pyramide (bien plus, les quelques mots qu'il dit à propos des Pyramides dans son livre sur l'Humanité, sont pour déprécier les peuples enfants qui s'amusaient à amonceler ainsi inutilement des pierres).
Piazzi Smyth, avant que les événements nous aient mis en relation, n'avait jamais connu ni la Loi de Brück, ni la Chronologie de la Bible.
Enfin, en ce qui me concerne, jamais je n'aurais pu découvrir la véritable signification (qui vient d'être exposée) du système chronologique de la Pyramide, si, en outre de la Chronologie littérale que j'ai été amené à établir pour la première fois, il ne m'avait été donné, antérieurement à tout ceci, et dès 1870 comme on l'a vu, de connaître et de graver dès lors dans ma pensée comme une chose capitale et ne plus jamais oublier, la période historique des 516 ans de Brück.
Ces résultats, c'est à dire l'existence de la Chronologie Littérale de la Bible, son accord exact avec la Chronologie de la Pyramide, le sens des passages, révélé par la Loi de Brück, furent alors communiqués, dans leur ensemble systématique, à Piazzi Smyth, et reçurent son entière approbation. Ils nous faisaient sortir du vague des inductions antérieures, et constituaient une vérité p. 21 scientifique proprement dite, aussi solide que simple dans sa définition ; et c'est ce premier grand acquis qui a fourni la matière de l'ouvrage Concordance entre la Loi historique de Brück, la Chronologie de la Bible, et celle de la Grande Pyramide de Chéops, 1893. (Le manuscrit a été rédigé en 1891-92 ; l'impression terminée à la fin de 1892. Une traduction anglaise du même ouvrage a ensuite, par les soins de Piazzi Smyth, paru à Londres en 1894.)
La Mathématique de l'Histoire
Voici donc un premier stade accompli. Mais la matière était loin d'être épuisée ; et c'est ici qu'un point de vue entièrement nouveau, et auquel, comme précédemment j'ai été amené d'une manière indépendante de ma volonté, est intervenu, qui va lui donner toute son ampleur.
Une après-midi de l'Automne de 1894, (qu'on excuse ces détails ; ils sont pour nous comme d'hier, et donnent aux faits toute leur réalité), comme j'étais occupé à feuilleter un livre du Professeur de Genève A. Rilliet sur les Manuscrits du Nouveau Testament, mon attention y fut attirée par une carte de l'Asie-Mineure (destinée au tracé des voyages de saint Paul), et, sur cette carte,
p. 22 par la situation des 7 villes d'Asie-Mineure auxquelles, dans l'Apocalypse, saint Jean, alors à Patmos, adresse ses 7 Épîtres. Or, Patmos figurant aussi sur la carte, il m'apparut tout d'un coup d'une manière évidente que Patmos était au centre et à la pointe d'un éventail géométrique formé par le groupe de ces 7 Villes, l'axe de l'éventail étant déterminé par Patmos et par la première des 7 Villes, savoir : Éphèse.C'était une simple remarque. Mais ce fait d'observation, simple et en apparence fortuit, s'étendait immédiatement et prenait d'incroyables proportions, si l'on se reportait à l'ouvrage sur la Concordance qui venait de paraître, et dont un des objets les plus longuement analysés et approfondis avait précisément été l'étude de l'ensemble systématique des 7 Épîtres de Saint-Jean aux 7 Villes (Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée). Ces villes d'ailleurs n'avaient, dans la Concordance, nullement été considérées au point de vue géographique, mais simplement comme constituant symboliquement, en y désignant une succession de phases, un tracé chronologique de l'Histoire de l'Église, depuis la Loi (Moïse) (− 1516), jusqu'à la Seconde Venue de Jésus-Christ (+ 2180). Pour la suite de cet exposé il est en outre à noter que, dans cette interprétation, c'était la phase désignée par « Smyrne » (celle de la Dispersion
p. 23 des Dix Tribus d'Israël) qui reliait l'Ancienne Alliance, ou « Jérusalem » à la Nouvelle Alliance ou « Londres », ce dernier point étant le centre d'action du 10e et dernier Peuple chef de la Loi historique, l'Angleterre, lequel est aussi le représentant politique actuel de la Réforme.Tout cela, disions-nous, ouvrait un horizon aussi vaste et nouveau qu'inattendu. Si en effet, abandonnant la carte du livre de Rilliet, on envisageait le Globe terrestre lui-même, on découvrait comme en un prodigieux éclair, que sur la terre même, lieu physique de l'Histoire, les points géographiques, centres d'action des hommes et des peuples, les villes, les Capitales, bien loin d'être dans leur détermination le simple résultat de ce que, dans notre ignorance des causes, nous appelons le hasard, devaient au contraire faire partie d'un ensemble mathématique prédéterminé, défini par un diagramme géodésique régulateur de l'Histoire générale ; et que celle-ci se trouvait ainsi, dans son caractère externe, réduite à un phénomène de points et de lignes mobiles qu'un Observateur céleste extérieur à la Terre verrait évoluer lentement, à sa surface, au cours des siècles, d'après des formules algébriques données.
Si de cette vue générale, on revenait maintenant à l'éventail géographique de Patmos et des 7 villes, la première vérification à effectuer (mais
p. 24 quelle vérification ! et de quelle force si elle réussissait, puisque le livre imprimé de la Concordance existait et qu'on n'y pouvait plus rien changer), c'était que sur la Terre, une relation ou lien géographique existât entre Jérusalem, le Groupe apocalyptique des Villes, et Londres, centre d'action du Peuple chef actuel de la Loi de l'Histoire. Or cette vérification fut aussi décisive qu'elle fut immédiate. Sur la Terre en effet, l'arc Jérusalem-Londres coupe le système apocalyptique des 7 Villes ; bien plus, il est perpendiculaire à l'Axe de l'Éventail ; bien plus encore, et avec une entière précision, il passe justement par le point prévu, Smyrne, que la Concordance avait indiqué comme celui d'un lien direct entre Jérusalem et Londres. Sur la Terre, Londres, Smyrne et Jérusalem sont sur un même grand cercle de la Sphère.Mis ainsi en possession d'une des mailles du réseau, suffisante déjà pour rendre certaine son existence, on pouvait maintenant, en marchant de proche en proche, tenter de le reconstituer tout entier. Et c'est ainsi que par une suite ordonnée de conséquences induites et de vérifications toujours justificatrices, en procédant du général au particulier, et du simple au composé, s'est finalement construit et édifié un vaste système géométrique et cinématique, enserrant non seulement le foyer de l'Histoire mais le Globe terrestre tout
p. 25 entier, et qui, régulateur même de ses périodes géologiques, et en relation par les mouvements de l'axe du Monde avec les Astérismes de la Voûte étoilée, écrit l'Histoire à la fois sur la Terre et dans le Ciel. Par cela même aussi ce système, d'accord avec les déclarations de la Révélation Chrétienne, confirme positivement le fait de la place d'ordre primordial occupée par la Terre et l'Homme dans l'ensemble de l'Univers.Telle fut l'origine de l'ouvrage qui, sous le titre Mathématique de l'Histoire, parut en 1900, à 30 années de distance de la mort de Brück, et l'année même de la mort de Piazzi Smyth. Celui-ci n'en reçut et n'en vit que les deux premières bonnes feuilles. D'ailleurs, dans cette Mathématique, introductrice comme on vient de le voir d'un élément spécifique distinct et entièrement nouveau par sa nature, chacun des autres éléments qui, avant elle, progressivement s'étaient révélés, intervient intimement et joue un rôle concret. Le mouvement des points conducteurs qui à travers le diagramme géodésique déplace lentement le centre de la civilisation, de la Chaldée, au temps du Déluge (Noachides), jusqu'à la Grande-Bretagne, limite du continent européen et peuple aujourd'hui Conducteur, résulte mathématiquement des retours au même méridien de la période historique de Brück. De même, dans ce diagramme visible, la
p. 26 Pyramide, monument historique à la pointe du Delta du Nil, occupe une situation centrale prééminente ; et enfin tout l'ensemble, c'est à dire le phénomène physique que pour un observateur externe l'Histoire ici constitue, est réglé, comme fonction du temps, sur la Chronologie littérale du texte hébreu de la Bible.Je ne sais, Mesdames, Messieurs, si j'ai réussi, contraint à la mention seulement de traits très généraux, à rendre suffisamment compréhensible, tout au moins dans son ensemble, un sujet d'un cadre aussi étendu. Mais aussi, comme je le disais au début de cette causerie, mon objet était, et reste jusqu'ici beaucoup moins l'exposé didactique de ce sujet total lui-même, que la manière en quelque sorte indépendante de ma volonté, dont les éléments, à travers un espace de près d'un demi-siècle m'en ont été successivement dispensés. L'étude de ces éléments a été produite à mesure, au cours de ce temps, dans des publications imprimées successives auxquelles il était ainsi désormais interdit de rien changer ; et ces éléments ont finalement, en se révélant par cette voie indépendante tous concordants, constitué une synthèse d'une parfaite unité. De cette synthèse progressive la matière ne se réfugie d'ailleurs pas dans le vague ou le vide d'une conception philosophique
p. 27 ou théosophique ; c'est comme on le voit assez, celle même des faits les plus tangibles et à la portée de tous. La genèse des résultats maintenant acquis était donc bien, en elle-même, un fait capital à proposer.Conséquences — Science, Politique, Religion
Essayons maintenant de définir d'une manière générale les conséquences de cette vérité acquise. Ainsi que le tracé qui vient d'en être fait peut vous le faire pressentir, il s'agit en tout ceci d'une matière qui intéresse les problèmes les plus capitaux dont s'inquiète l'Humanité. Il en faut examiner la mission et la portée utile au point de vue du milieu intellectuel et social de notre temps ; et c'est, je pense, ce qu'on peut faire rapidement par la mention de quelques traits qui concerneront successivement la Science, la Politique, la Religion. Nous ne nous écarterons d'ailleurs pas à cet égard, et autant qu'il est possible, d'un terrain concret et pratique.
Au point de vue de la Science officielle, science que, sous la froideur de son analyse, tourmente plus qu'on ne croit le mystère de l'insondable, ou, plus précisément encore, au point de vue des préoccupations de l'esprit public soumis à l'influence de la Science, c'est presque une banalité de remarquer qu'une semblable démonstration positive vient aujourd'hui tout à fait à son heure. N'est-ce point en effet un lieu commun qu'aujour-
p. 28d'hui ce qu'on demande en tout ordre de connaissance c'est, non des affirmations philosophiques ou sentimentales, mais des preuves de fait ; par où l'on entend des preuves externes et vérifiables pour tous et par tous. On dirait que les esprits qui, intellectuellement et socialement s'entendent aujourd'hui moins que jamais, cherchent instinctivement dans de telles preuves un conducteur, si l'on veut, un Dictateur, indépendant d'eux-mêmes. Or, ici, comme vous avez pu le constater, c'est bien, non de considérations philosophiques ou religieuses, quelles qu'elles soient et où le sentiment de quelque façon toujours intervient, c'est bien de telles preuves positives externes qu'il s'agit, — de celles, pour les bien définir, qu'on peut exposer au tableau noir et à la craie, au sein d'une Université, devant un Auditoire d'élèves. A cet égard même, nous nous demanderons en passant pourquoi, dans nos Universités, où on enseigne la Sociologie, où se donnent même, au simple point de vue scientifique, des cours d'Histoire des Religions, — c'est à dire où en réalité on analyse les diverses religions dans leur caractère systématique et dogmatique, — l'ensemble des faits que nous leur signalons ici, faits vraiment positifs et dégagés de l'empreinte des idées personnelles du Professeur, ne pourraient pas, (à notre sens ils le devraient, et fût-ce à simple titre documentaire), p. 29 trouver accès ? On parle de Sociologie ; mais la loi de Brück par exemple, n'est-elle pas le plus grand, comme le plus clair et mathématique, de tous les faits sociologiques ? Sans pousser plus avant, contentons-nous de poser la question, mais en la proposant à tous les Recteurs de nos diverses Universités belges, — que l'atmosphère y soit négatrice, indifférente, ou conservatrice. Il ne s'agit que d'une pure question de science externe.En second lieu, et si l'on envisage maintenant l'ordre politique, l'intérêt de tous ne se trouve pas moins engagé par notre nouveau point de vue, qu'il l'était déjà dans l'ordre purement intellectuel. Il est évident en effet que s'il existe un plan défini de l'Histoire, le premier souci des conducteurs d'hommes doit être de connaître ce plan ; ce qui revient à dire qu'ils doivent être beaucoup plus préoccupés de connaître l'Histoire que de la faire. Leur rôle serait assez exactement figuré par celui de navigateurs qui, dans l'impuissance où ils sont de rien changer ni aux mouvements de l'Air ni aux courants de l'Océan, pour arriver d'un point à un autre en sont réduits à incliner au mieux le compas ou la voile.
Or, nous l'avons vu, la Mathématique de l'Histoire démontre comme question de fait, que l'Histoire s'est accomplie, et continuera de s'accomplir, suivant un plan géographique et chronologique défini
p. 30 entièrement prédéterminé. Aucune époque, mieux que la nôtre [8], n'est d'ailleurs de nature à illustrer par un exemple cet enseignement.C'est un fait prodigieux en effet, dans le cours de l'Histoire générale, et après tant de siècles écoulés, d'assister comme nous le faisons aujourd'hui, au reflux de la Civilisation chrétienne vers les lieux d'origine de l'Orient prophétique ; et la véritable signification de ce grand fait, — de laquelle le monde en général est fort loin de se douter, et qu'il aurait cependant le plus grand intérêt à connaître pour la saine direction de ses agissements politiques, — se trouve définie, de la manière la plus certaine, par la science nouvelle que nous apportons. Elle réside en ce que les Anglo-Saxons, — dont la marche à travers l'Europe, partie de l'Arménie, contournant le Pont Euxin, est ensuite tracée par la configuration des vallées du Danube et de l'Elbe, — ne sont autres que les descendants des Dix Tribus d'Israël, emmenées captives en Assyrie par Salmanasar en − 738 avant J.-C. et qui depuis lors avaient disparu de la scène du monde ; en ce que l'établis-
p. 31sement actuel des Anglais, c'est à dire d'après cela, d'Israël, du Nil à l'Euphrate, n'est en réalité sous nos yeux, après quatre mille ans, que l'accomplissement de la promesse expresse qui, à l'égard de sa postérité, avait été faite à Abraham [9].Or ce grand mouvement, puisqu'il est l'expression d'une Loi, s'accomplira dans son intégrité ; et par conséquent toute politique, asservie aux intérêts particuliers des hommes et des nations, ou mue par les vues erronées qu'engendre la méconnaissance de la Loi, qui chercherait à contrecarrer cette mission du Peuple chef actuel, ne peut conduire finalement qu'au désordre certain et à leur propre ruine ceux qu'ainsi elle décevrait.
On dira qu'en présence de ces intérêts particuliers, des sentiments nationalistes des peuples, ou de leur compétition animale des biens matériels immédiats, ce serait une utopie d'espérer aujourd'hui de l'Humanité une puissance consciente suffisante pour se contraindre à l'acceptation intelligente de ce qu'elle ne peut empêcher. C'est néanmoins dans la seule mesure où elle compren-
p. 32dra la véritable Nature du milieu imposé où elle se meut, que pourront aussi s'atténuer les coefficients des crises funestes dont la Loi qu'elle méconnaît lui annonce, en la prévenant utilement, l'inéluctable échéance.Ces dernières réflexions, en signalant les obstacles qu'une vérité, fût-elle même purement positive et scientifique, peut rencontrer quand elle vient heurter des vues ou des intérêts humains, ne servent que trop naturellement de préface à ce qu'il reste à dire, si l'on aborde enfin le troisième et dernier point de notre analyse, celui de la Religion.
Ici plus encore peut-être que dans ce qui précède il est utile de rappeler que notre point de vue est purement et uniquement celui d'un Observateur qui, d'une manière impersonnelle se borne à présenter des faits, et se garde de s'engager de stériles discussions de sentiment. Et une seconde remarque préalable est également nécessaire : Qu'on ne s'étonne pas, demanderons-nous au sujet de ce que nous allons dire, de voir des vérités spirituelles d'un ordre qui nous dépasse, vouloir prouver leur Autorité en s'appuyant sur une démonstration de l'ordre fini, c'est à dire la science positive prétendre à décider de ce qu'on appelle le « surnaturel ». Buffon disait déjà de l'Histoire Naturelle qu'elle n'est pas si naturelle. Nous au-
p. 33jourd'hui, par contre, nous réprouvons plutôt l'idée que sous l'ordre concret des choses se cache une direction providentielle ; et l'emploi plus ou moins équivoque que nous faisons du mot surnaturel, procède de notre tendance à n'accepter de la Vérité que ce que nous parvenons à caser dans l'horizon borné de notre ignorance.En ce qui nous concerne, et regardant tranquillement les choses, voici ce que nous dirons. Il y a de faux miracles ; mais il en est de vrais. Ici, par exemple, la Bible, la Pyramide, le Réseau géodésique de l'Histoire, tout en s'offrant uniquement comme des éléments positifs de nombre, sont de véritables signes ou Miracles, et leur Autorité scientifique propre et sans appel se transporte tout entière aux enseignements d'une Parole à laquelle ils ont servi de moyens. Il est donc parfaitement légitime qu'une science externe et proprement positive, réclame le droit d'éclairer la voie de l'Homme, dans sa marche vers l'Au-delà.
Cette position du sujet étant accordée, voyons donc quels sont, dans l'ordre religieux proprement dit qui va nous occuper, les faits dominateurs établis par notre ensemble d'idées.
Un premier, régulateur du tout, c'est que la Bible est un livre inspiré jusque dans ses plus infimes détails, et qui ne s'explique (c'est la seule
p. 34 hypothèse admissible) que si Elle est l'œuvre personnelle du Créateur de l'Univers.Un second, étroitement connexe de celui-là, c'est ensuite que le Christianisme orthodoxe est vrai ; c'est à dire que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, Dieu Lui-même, et Sauveur du monde plongé dans les ténèbres du Péché [10].
Et un troisième fait qui, fondé sur l'autorité du Christ, découle de ces deux premiers, c'est que l'Autorité sans appel et unique donnée aux hommes pour les éclairer sur les desseins et la volonté du Créateur, est ce Livre inspiré de la Bible, ou Parole de Dieu.
Cette conséquence est tellement forte et indubitable qu'elle est reconnue et proclamée depuis tous les temps par le monde chrétien tout entier, c'est à dire par toutes les confessions chrétiennes
p. 35 quelles quelles soient. Les divergences entre ces confessions ne commencent qu'avec leurs différences de compréhension du Livre unique que toutes admettent d'abord pour autorité, et qu'ensuite comme tel elles étudient [11].Ceci observé, dans quelle mesure les faits positifs externes que nous apportons sont-ils de nature à départager à cet égard les responsabilités, c'est à dire à faire la critique des courants religieux que les différences d'interprétation de la Bible constituent ?
Pour le monde moderne, toute l'Histoire, en l'espèce du débat, se résume dans le conflit et la lutte persistante du Protestantisme et du Catholicisme romain papal. Ceux-ci apparaissent de plus en plus, par l'opposition connexe et correspondante des Peuples du Nord et du Monde latin,
p. 36 comme les deux facteurs fondamentaux de l'avenir du monde.Des esprits non prévenus, dès qu'on leur met la Bible entre les mains raisonnent ainsi : le Protestantisme, dont le principe directeur est la conformité rigoureuse et absolue à l'Église des Apôtres, telle qu'elle nous est décrite dans le Nouveau Testament, et dont la trace — notamment par les Vaudois — remonte même historiquement jusqu'aux Apôtres, possède en cela même l'Unité et la Perpétuité de la Foi ; le Catholicisme papal qui, devenu puissance politique, d'après l'aveu de Bossuet lui-même, trois siècles plus tard, introduit progressivement et défend des doctrines qui sont condamnées par les Apôtres (tels saint Paul et saint Pierre), n'a, par l'hiatus flagrant qu'il établit entre sa propre église et celle des Apôtres, ni l'unité, ni la perpétuité [12] ; bien plus, il démontre lui-même imprudemment à tous la fausseté de sa position par les efforts qu'il fait pour cacher au peuple, que sur ce point il trompe, les véri-
p. 37tables enseignements des Apôtres et de Jésus-Christ. Mais dans le point de vue scientifique tout nouveau qui se présente aujourd'hui, il est un argument d'une autre espèce et qui rendrait parfaitement inutile ces discussions analytiques. Il consiste simplement à identifier sur la Terre les facteurs religieux, à la manière dont ferait un ingénieur ou un physicien, par les traits d'ordre chronologique et géographique que l'Écriture, après qu'elle a décrit ces facteurs dans leurs caractères moraux et spirituels, assigne à leurs centres d'action sur la carte du Globe ; et l'on va reconnaître que si, dans le domaine politique, ces indications de science positive étaient déjà souveraines pour imposer une direction aux conducteurs de Peuples, elles interviennent ici, c'est à dire dans le domaine religieux, d'une manière non moins impressive pour éclairer, et décider de la direction à prendre, les âmes individuelles elles-mêmes.Ce que la Bible enseigne quant à son plan le plus général, et qui va définir d'un trait toute notre situation, c'est, entre les Deux Venues de Jésus-Christ, — l'une que tout le monde connaît et qui a eu lieu aux temps de l'Ère chrétienne, l'autre qui doit se manifester au cours du XXIIe siècle, — le développement historique d'un pouvoir à la fois politique et religieux, qui se donnera comme le mandataire du Christ et son
p. 38 représentant sur la Terre, en se revêtant de toutes les apparences trompeuses et séduisantes de la Religion ; et à ce pouvoir, qu'elle qualifie du titre de Faux Prophète, elle assigne, par des éléments de mesure, deux traits principaux de reconnaissance et d'identification. Le premier, d'ordre historique et chronologique, consiste en ce que ce Pouvoir sera le 8e dans la suite des pouvoirs historiques qui définissent l'Histoire générale [13]. Le second, d'ordre purement mathématique, est que, d'une manière indélébile et indiscutable, ce Pouvoir sera marqué sur la Terre du Nombre qui exprime la confusion de l'humain et du divin, savoir le Nombre 666 (Apoc. XVII, 11 ; XIII, 18).Or ces deux conditions se trouvent en effet remplies par le Pouvoir politique-spirituel que la Bible annonçait, et qui (c'est d'ailleurs la prétention avouée de ce Pouvoir) non seulement occupe toute l'Histoire depuis J.-C. mais doit l'occuper toute jusqu'à la fin des temps ; savoir par le Pouvoir politique et spirituel du Catholicisme papal romain.
D'une part en effet la Rome historique papale est bien le 8e Peuple chef de la Loi de l'Histoire, laquelle Loi est un fait indépendant de toute tendance religieuse ; et d'autre part, la Rome géographique, et en particulier, dans Rome, le Vatican, sont marqués sur la Terre du Nombre 666 par
p. 39 un signe qu'il est hors de tout pouvoir humain d'effacer. En unités décimales du rayon de la Terre (en millièmes), Rome est distante du plan équatorial, plan fondamental du Globe terrestre, du Nombre 666.Il est donc bien certain, à moins qu'on ne ferme la Bible et qu'on empêche de la lire (et c'est aussi, pratiquement parlant, ce que fait le Faux Prophète) que ce Faux Prophète annoncé par la Révélation de Dieu est le Catholicisme romain. Sans doute, par la vertu qui malgré tout émane du Christianisme, même dans ce qu'il peut avoir de controuvé et de perverti, des masses inconscientes peuvent recevoir quelque bien relatif de leur sujétion à un pareil système. Mais les peuples et les individus qui, d'une manière consciente, veulent vivre sainement, et obéir, comme les Apôtres de J.-C. nous en ont donné sans appel l'exemple, à Dieu plutôt qu'aux hommes, doivent rompre ouvertement avec ce pouvoir et le bannir de leur foyer national et familial [14]. L'expérience confirme d'ailleurs que c'est ainsi que les choses se passent
p. 40 dans tous les milieux où pénètre l'Évangile. Je ne fais en tout ceci que rapporter fidèlement, comme je le dois, ce qui résulte des enseignements de la Bible, et ce qu'elle ordonne.Ce qu'ainsi il en faut dire ne s'adresse d'ailleurs pas directement aux âmes simples, que cela pourrait peiner, et qui subjuguées par le prestige soigneusement entretenu de manifestations extérieures, cherchent dans un culte, erroné et tel quel, les consolations de la Religion. Mais — et puisque, comme disait Pascal en une occasion, il faut ici mettre cartes sur table — je m'adresse certes directement ici aux hommes conducteurs de ces âmes, lesquels par leur culture savent parfaitement au fond à quoi s'en tenir.
Il leur est bien facile, tant qu'ils n'ont affaire qu'aux médiocrités de la Libre pensée ou aux pauvretés, par exemple, du Protestantisme libéral, de s'abriter sous le manteau auguste de la Religion, et d'escompter ainsi sûrement, par leur résistance à ces facteurs dissolvants, l'approbation, au moins tacite, d'un monde instinctivement religieux, mais auquel ils ont réussi à ne faire voir la Religion qu'à travers les erreurs de leur système.
En présence, au contraire, d'une thèse, qui bien loin d'attaquer le surnaturel chrétien et le Gouvernement de Dieu, défend ouvertement ceux-ci, et n'a d'autre objet que de sauvegarder jalou-
p. 41sement les droits imprescriptibles de Dieu et l'Intégrité de Sa parole, leur situation peut se trouver singulièrement différente.Maintenant, que réserve l'Avenir ? Le monde chrétien, pris dans son ensemble, obéira-t-il à ces injonctions nettes et scientifiques de l'Écriture ? Nullement ; et il est éminemment utile, même essentiel pour les individus de savoir que le conseil ne sera suivi, et l'ordre de la Bible obéi, que par une masse infime du milieu social. Le Pouvoir dont nous avons parlé, — et qui, annoncé donc par la Bible, est, comme tel, une des plus éclatantes vérifications de l'accomplissement des prophéties de la Bible, — mais non dans le sens qu'il croit et voudrait, — progressera et deviendra de plus en plus dominateur jusqu'à la fin, c'est à dire jusqu'à la Seconde Venue de J.-C., époque où il sera enfin vaincu et détruit ; bien plus, en outre et dans l'entretemps, il aura (cela commence déjà), par son alliance avec le Peuple élu (l'Angleterre, les Anglo-Saxons), lequel, une seconde fois aura ainsi trahi son Maître, entraîné ce Peuple dans une effroyable compromission politique et spirituelle qui constituera la Grande Babylone, ou la Grande Cité de Confusion des Derniers temps.
Voilà, pour ceux qui désirent se rendre compte de la situation où se trouve l'Humanité et de la
p. 42 fin vers laquelle elle tend, qui veulent savoir où nous sommes et où nous allons, la vue historique et scientifique vraie de l'Avenir.Si l'on supporte avec peine la contrainte de ces faits, et qu'on veuille au moins connaître une raison d'être de la situation qui nous est ainsi imposée, il en est une, très haute, et qui nous est aussi bien dispensée par l'ordre d'idées que nous analysons. Elle consiste en ce que l'état actuel de l'Humanité, celui que définit le trouble et l'épreuve de son Histoire, n'est que l'enfantement à un état meilleur et supérieur vers lequel elle tend, mais qui ne sera réalisé que par l'établissement du Règne de Dieu, lors de la Seconde Venue de Jésus-Christ. Dans l'économie actuelle, celle où nous sommes aujourd'hui même, la destinée des âmes individuelles, — et ce doit être leur préoccupation vitale et constante en présence de la Mort qui nous attend tous, — procède d'une sélection ayant pour but de rassembler ceux qui doivent servir la Justice dans ce Règne à venir. En d'autres termes, l'objet de cette sélection, c'est la formation progressive et ordonnée de l'Assemblée ou Église de Jésus-Christ. Et d'ailleurs, dans cette formation, la dignité de Dieu comme celle de l'Homme sont respectées : comme aux premiers temps où le Salut fut annoncé à l'Humanité, l'appel et ses conséquences libératrices, proposés
p. 43 à tous, ne seront compris et acceptés que par les hommes de bonne volonté [15].Conclusion
Je viens de signaler par quelques points très généraux la portée que peut avoir dans les divers ordres de direction, scientifique, politique, religieux, un ensemble d'idées où je n'ai été, après d'autres, qu'un ouvrier. Si d'ailleurs j'ai cru pouvoir dès l'abord mentionner la manière progressive, et, je tiens à le dire, providentielle, dont les éléments m'en ont été personnellement présentés, c'est parce que ce fait directeur, en excluant l'idée du Hasard, sera sans doute en lui-même de nature à attirer sur le fond du sujet l'attention réfléchie de quelques-uns.
Quant à la fortune qui, dans le monde actuel,
p. 44 attend la matière propre d'un tel sujet, il est évident que celui-ci rencontre et heurte par ses conséquences trop de points de vue ou d'intérêts adverses de tout ordre, pour pouvoir espérer cette fortune favorable ; à tel point que plusieurs sans nul doute estimeront médiocrement enviable la situation de ses défenseurs. Tout ce que ceux-ci peuvent dire à cet égard, c'est que si ce sujet contrarie, attriste, ou froisse peut-être des sentiments intimes étroitement esclaves de conceptions intellectuelles opposées, il serait non conforme à l'équité d'en attribuer la responsabilité aux simples mandataires d'une vérité de fait.Personnellement, et au point de vue religieux, qu'il me soit permis de dire — une fois de plus, car sans cesse je l'ai fait — et en dépit des divergences intellectuelles les plus irréductibles dans la conception du plan de l'Histoire, et de la Révélation Chrétienne à travers l'Histoire, — mon respect profond pour les âmes simples, et évidemment sincères, qui, dans des milieux hostiles à tout ceci, et qui malgré tout le resteront, donnent au monde l'admirable exemple de la Charité dans le renoncement.
Je redirais même volontiers qu'en ces matières des esprits élevés devraient pouvoir trouver un lien de sympathie dans le seul sentiment de la misère commune qui crée leurs désaccords ; — et p. 45 ici même il va de soi que c'est par le mot de sympathie, et non par celui de désaccord, que je vous propose de terminer.
Ch. Lagrange.
Note — sur l'époque de la Seconde Venue
Note concernant l'époque de la Seconde Venue mentionnée aux pages 22 et 37.
Sur la détermination du jour, de l'heure, de l'instant de l'Événement historique du Retour du Seigneur. [Résurrection des Morts en Christ, ou Première bienheureuse Résurrection (Apoc. XX, 5, 6).]
« Ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez. Car quant au jour et à l'heure, nul ne le sait que le Père seul ». [C'est l'instant de notre mort.]
« Que personne ne vous séduise comme si le Jour de Christ était proche [16] ». [C'est l'Événement historique du Retour de Christ, qui ne doit avoir lieu qu'à la fin des temps.]
On a pu voir par notre travail Sur la Seconde Venue du Seigneur et le Sommeil des Morts, que l'étude scientifique et ordonnée de la Parole de Dieu nous renseigne avec une parfaite certitude à l'égard de l'objet, vital pour notre avenir p. 46 personnel et l'avenir de l'Humanité, de la connaissance chronologique du Retour du Seigneur.
De ce Retour : la Phase I est, en + 2180, celle de la Résurrection des Morts en Christ (la Première bienheureuse Résurrection de Apoc. XX, 5, 6), et de l'Enlèvement de l'Église ; la Phase II, en + 2285, celle de la Venue du Seigneur en gloire, accompagné de ses Saints.
La présente Note, sans pouvoir disposer d'un espace suffisant pour un exposé explicite, a néanmoins en elle-même une portée capitale qui en justifie, sans plus de délai, la présentation. Elle signale en effet un objet de premier ordre, savoir :
Que non seulement l'Année + 2180 de la Phase I, (Résurrection des Morts) nous est donnée par la Bible avec une certitude mathématique absolue ;
mais aussi :
Que, dans cette Année + 2180, nous sont également précisés par elle, avec la même certitude,
le jour, l'heure, et jusqu'à l'instant
du Retour de Christ et de la Résurrection.
Ce jour, cette heure, cet instant solennel, espérance suprême de l'Église, est (Jérusalem, t. moy. civil) :
Minuit de la nuit 31 Octobre-1er Novembre 2180.
On sera sans doute profondément frappé du fait que la Bible assigne ainsi à ce grand Événement historique, dans l'Année qu'elle avait d'abord fait connaître, précisément l'époque mémorable, et universellement connue [17], de la Toussaint et du Jour des Morts.
Ch. L.
Les 10 Peuples chefs de la Loi historique quinquaséculaire
Tableau récapitulatif (p. 47 ; renvois pp. 9 et 58). Les apogées entre parenthèses sont des dates interpolées.
| # | Peuple chef | Apogée |
|---|---|---|
| 1 | Noachides. Chaldéens | − 2528 (Déluge) |
| 2 | Assyriens | (− 2000) |
| 3 | Égyptiens | (− 1470) |
| 4 | Juifs-Phéniciens | (− 960) |
| 5 | Grecs | (− 450) |
| 6 | Romains | (+ 80) |
| 7 | Franks | (+ 600) |
| 8 | Papauté | (+ 1150) |
| 9 | France | (+ 1660) |
| 10 | Angleterre (Anglo-Saxons) | [+ 2150] |
| Second Avènement — Phase I | + 2180 | |
| Second Avènement — Phase II | + 2285 |
Notes de l'auteur
- Pendant mon séjour à l'École Militaire (1869-1874). ↩
- Station du Texas : Houzeau, Lancaster, Stuyvaert. Station du Chili : L. Niesten, Ch. Lagrange, J. Niesten. ↩
- Au retour du Chili, commencement de 1883, à bord du « Sénégal », Bateau des Messageries Maritimes ; le Commandant avait obligeamment mis à ma disposition les quelques livres qui composaient sa bibliothèque, et parmi ceux-ci figurait l'ouvrage de l'Abbé Moigno. ↩
- 1890. ↩
- Il se trouvait même, concernant ici l'ordre de notre recherche (c'est un fait qui naturellement nous a frappé, et qu'on se borne ici à constater), que les deux dates qui, sur cette échelle chronologique de la Pyramide, repèrent géométriquement et matériellement à son origine ce système des temps actuels, sont précisément les deux dates 1870 et 1882, mentionnées dans ce qui précède, auxquelles respectivement, pour la première fois, s'étaient fait connaître à nous d'une part l'œuvre de Brück et sa Loi de l'Histoire, d'autre part l'existence de la Grande Pyramide comme monument scientifique. ↩
- La date 1882 marque la fin du sol incliné de la Grande Galerie. ↩
- Le nombre 516 est d'ailleurs mis aussi immédiatement en évidence de plusieurs autres manières dans la Pyramide (c'est notamment la diagonale cubique de la Chambre du Roi). De même en est-il dans la Bible, par le nombre 1290 de Daniel (Dan. XII, 11) qui y mesure 2 ½ temps. D'où il résulte que le temps de Daniel n'est autre chose que la période 516 de la vie des Peuples, de Brück. ↩
- C'est, dans la Loi, la phase de préorganisation de la période de l'Angleterre comme Peuple chef, correspondante, à cinq siècles de distance, à la crise de la Guerre de Cent Ans, pour la France dans la période précédente. ↩
- Si un tel énoncé, en les faisant sortir de leur cercle habituel, heurte ici les idées courantes, nous demandons qu'on fasse crédit, en attendant d'en prendre connaissance, aux preuves positives et établies, par nous et par d'autres avant nous, qui le justifient. ↩
- Une observation personnelle peut d'ailleurs auprès de beaucoup d'esprits préparer et aplanir la voie dans l'acceptation de faits d'un tel ordre. S'ils doutaient du caractère unique et extraordinaire propre au Christianisme entre toutes les doctrines, qu'à la manière des statisticiens, dressant la carte du Monde ils y marquent au moyen de teintes sombres ou claires les zones où se manifestent : d'une part avec la barbarie, la basse superstition, l'ignorance, l'abjection ou l'infériorité manifeste de l'état social ; d'autre part, la possession croissante de l'Homme par lui-même, la dignité personnelle, l'élévation des esprits dans tous les ordres, la science dominatrice et avec la science les bienfaits de sa conquête progressive du monde extérieur, — il verra tous les clairs se concentrer en les recouvrant sur les régions où le Christianisme (je parle de l'Évangile et de la parole de Jésus-Christ) est dominant parce qu'il a été reconnu personnellement et individuellement par des âmes d'hommes. Si on demande des miracles, des signes préparateurs, je dis qu'en voilà un, et qui, comme le Signe du Fils de l'Homme, éclaire toute la Terre. ↩
- Le Catholicisme romain lui-même, qui prétend instituer une autorité ayant le droit d'amplifier, ou de modifier, ou de compléter l'enseignement du Livre, se trouve aussi bien obligé de fonder cette prétention, pour la justifier, sur des paroles prises dans le Livre lui-même. ↩
- Le grand Conservateur dont nous venons de mentionner le nom, qui s'amuse longuement aux Variations des Églises protestantes, ne voit pas, ou ne veut pas voir cet effroyable hiatus qui sépare, non par variation, mais par saut, sa propre église de l'église apostolique. C'est le cas du Renard de la Fable. Tant qu'il parle, parle… tout va bien. Mais il ne faut pas qu'on lui demande de laisser envisager ses origines. ↩
- Voir le tableau « Les 10 Peuples chefs » (p. 47). ↩
- Aveugles sont ceux qui n'aperçoivent pas que c'est l'esprit du Catholicisme romain qui, en détruisant dans les âmes l'individualisme chrétien, ouvre de lui-même la porte à la tyrannie de la démagogie socialiste, — laquelle, sous d'autres chefs, dirigeants d'un autre troupeau aveuglé et inconscient, n'est en elle-même qu'un autre Catholicisme antagoniste. ↩
- On ne saurait donner le nom de religion à une aspiration vague vers l'idéal, où le plus souvent nous nous payons de mots dans l'atmosphère anesthésiante de sentiments propres qui nous plaisent. La Religion consciente repose sur la connaissance d'une situation positive dans laquelle nous sommes engagés devant Dieu, situation qu'aujourd'hui la Science peut très bien définir, et dont nous ne pouvons pas plus enfreindre les conditions et les lois que, dans l'ordre physique, nous ne pouvons sans un péril certain enfreindre, par exemple, les lois de la Pesanteur. ↩
- Avis donné par l'Écriture aux milieux évangéliques mal instruits par leurs conducteurs qui, s'écartant du sens explicite et sans équivoque de l'Écriture, attendent aujourd'hui ce Retour historique d'instant en instant. Et que penser de ces Conducteurs eux-mêmes, quand, volontairement et coupablement, pour défendre la thèse où ils se sont engagés, ils dérobent à leur troupeau, en les passant sous silence, les passages nets de l'Écriture qui personnellement les condamneraient. S'il s'agissait d'Or matériel, quel nom, dans la Justice des hommes, conviendrait-il de donner à ce genre de critique opératoire ? ↩
- Jusque dans des traditions fort éloignées du foyer chrétien proprement dit. ↩